Édition internationale

CINÉMA – Entre tradition et ambitions, le cœur du Torino Film Festival balance

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Alors que vient de se terminer l'édition 2011 du TFF, des questions se posent encore quant à l'avenir de cette manifestation, qui fêtera en 2012 son trentenaire. Sur quelle voie mener le festival, en constante évolution ?


Le jury, présidé par Jerry Schatzberg, a décerné le prix du meilleur film à Either Way (Photo TFF)

Either Way, premier long métrage de l'Islandais Hafstein Gunnar Sigurdsson, remporte le prix du meilleur film du Torino Film Festival 2011, qui s'est clos samedi. L'?uvre, tournée avec un petit budget de 150.000 euros, conte la naissance d'une amitié entre deux travailleurs précaires esseulés. Cette récompense souligne la volonté affichée par le festival de promouvoir un cinéma émergent. Même constat pour le prix du meilleur documentaire, remis au français Sylvain George pour Les Éclats (ma gueule, ma révolte, mon nom), qui éclipse ainsi George Harrison: Living in the Material World d'un certain Martin Scorsese et Into the Abyss de Werner Herzog.

Gianni Amelio dirige le festival de Turin depuis trois éditions (Photo TFF)

Côté chiffres, le TFF continue son ascension. L'augmentation de la recette atteint les 6%, tandis que celle du nombre d'accrédités presse avoisine les 25%. Si depuis le départ de Nanni Moretti le budget du festival est passé de 3 à 2 millions d'euros, le nouveau directeur Gianni Amelio a réussi à garder la tête haute pour les trois éditions qu'il a déjà prises en charge. Il se tourne maintenant vers le trentième TFF, fin novembre 2012, qui sera également son dernier. Aucun nom n'a encore filtré pour sa succession. Deux options se présentent : confier la direction à un jeune réalisateur italien ou à un cinéaste de renommée internationale. Le festival est en effet toujours plus déchiré entre son envie de rester fidèle à ce qu'il est, et l'ambition de concurrencer les plus grands. Un paradoxe qui n'est pas sans créer de nombreuses confusions, ainsi qu'un désordre général.

Polémique autour de la venue de Penélope Cruz
La soirée inaugurale, le 25 novembre dernier, en est un exemple marquant. Gianni Amelio y avait convié Laura Morante en tant que marraine de l'événement, contre l'avis de l'adjoint à la Culture de la Région, Michele Coppola, qui préférait mettre en avant Penélope Cruz (actuellement en tournage à Turin). Après moult discussions, la star espagnole s'est vue finalement remettre le rôle d'"invitée d'honneur". Mais le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki, lauréat du Grand Prix, n'a pas voulu recevoir sa récompense des mains de celle-ci. Tandis que Penélope Cruz l'attendait sur la scène du Teatro Regio, il traînait dans les rues. Et déclara ensuite aux journalistes, pour justifier son refus : "On peut être une bonne actrice ou un bon mannequin, mais pas les deux."
Un événement embarrassant pour les organisateurs et révélateur du malaise quant à la direction à prendre. Tapis rouge ou artistes méconnus ? Programmation populaire ou exploration des nouveautés créatives ? Ambition nationale ou internationale ? Tiraillé, à bientôt 30 ans, le festival se cherche encore.
Clémentine Delignières (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 6 décembre 2011

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Publié le 6 décembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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