Édition internationale

CINEMA – Checco Zalone et Antonio Albanese : deux comiques à l'affiche

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Pas de doute, en Italie, les films comiques ont la cote? Le film du moment, Che bella giornata, avec Checco Zalone, franchement drôle, est en tête du box-office italien. Mais la concurrence sera dure avec la sortie demain en salle du dernier film d'Antonio Albanese, "Qualunquamente", où la satire devient politique

Personne ne s'y attendait vraiment, mais le dernier film de Checco Zalone, Che bella giornata, a pulvérisé  en peu de temps tous les records : à un peu plus de 15 jours de sa sortie dans les salles, c'est déjà le plus grand succès commercial de l'histoire du cinéma italien avec 31.479.526 euros encaissés, détrônant ainsi La vita è bella (1997) du célèbre Roberto Benigni, jusque-là numéro 1 du classement avec 31.231.984 euros (toutes proportions gardées, en fonction de l'évolution du prix du billet du cinéma). En peu de temps, il compte déjà 4,8 millions d'entrées, (contre 5,7 millions d'entrées pour La vita è bella).

A l'origine du phénomène, l'acteur Luca Medici, né à Bari (dans les Pouilles) en 1977. Son nom de scène, Checco Zalone, est tout un programme : dans le dialecte de sa ville natale, "Che cozzalone !" pourrait se traduire par l'expression "Quel plouc !". Véritable phénomène médiatique, il s'est tout d'abord fait connaître à la télévision en participant à l'émission Zelig avant de se lancer dans le cinéma avec le film Cado dalle nubi. Dans ses sketches et dans ses chansons, il écorche volontiers la langue italienne et ponctue ses interventions d'expressions dialectales. La force du film, réellement cocasse et jamais vulgaire, réside dans le regard amusé porté sur les défauts d'un "Italien moyen" qui gagne malgré tout toutes les sympathies.

Qualunquamente, satire politique ou caricature ?

C'est un personnage très différent qui est au centre du dernier film d'Antonio Albanese. Cetto La Qualunque n'est pas un inconnu, il apparaît depuis 2003 dans de nombreux sketches télévisés. Cetto est un homme politique calabrais corrompu, méprisant les femmes, qui promet la lune à ses électeurs. Peu cultivé, vulgaire, son intérêt personnel passe toujours au premier plan. Il écorche lui aussi la langue italienne et se montre particulièrement insensible à des notions telles que l'écologie et l'intérêt général. Ses slogans électoraux se résument à des conseils très simples : "Vote d'abord, réfléchis ensuite". Bref : le personnage est odieux mais il déchaîne l'enthousiasme des foules. Un personnage "tristement réaliste", pour reprendre la définition donnée par Antonio Albanese, qui s'oppose au parallèle fréquemment établi entre Cetto La Qualunque et Silvio Berlusconi. Pour lui, il s'agit plutôt de fustiger les dérives et les travers de la classe politique en général. Une chose est sure, cependant : déjà très attendu, le film sort à l'issue d'une semaine au cours de laquelle Silvio Berlusconi a défrayé une fois de plus la chronique. Il bénéficiera certainement de l'effet Rubygate?

Un autre slogan de Cetto La Qualunque :  "Contre le chômage ! Contre la vie chère ! Contre la justice !"


Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) jeudi 20 janvier 2011

Che bella giornata
Checco a trente ans et vit à Milan. D'origine méridionale, il est videur dans une boîte de nuit mais ses aspirations sont tout autres : il veut devenir carabinier ou s'occuper de sécurité nationale. Son rêve se réalise et le voilà catapulté sur fond de menaces terroristes à la cathédrale de Milan où il s'illustre par son ignorance. Jusqu'au jour où il rencontre une belle jeune fille d'origine arabe, en réalité une terroriste en herbe qui projette un attentat? Gags, situations désopilantes, idées reçues sur l'Islam et les rapports avec la communauté musulmane au rendez-vous?

Qualunquamente
Après une période de "repos" (ou de fuite) passée à l'étranger, Cetto La Qualunque, un entrepreneur dont la fortune a des origines douteuses, retourne dans sa Calabre natale et découvre que ses propriétés sont menacées par le désir de retour à la légalité qui s'est emparé de ses concitoyens. Qu'à cela ne tienne, il décide donc de s'engager en politique à l'occasion des municipales pour empêcher l'élection de son adversaire, Giovanni De Santis, champion de la légalité...

Publié le 20 janvier 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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