Le festival de Cannes est assurément la grande messe du cinéma, celle qui rassemble toutes les nationalités autour d'un art. L'occasion pour un pays de briller à travers les images de ses cinéastes et d'étendre aux yeux de tous une culture singulière immortalisée par la caméra. 2017 offre ainsi aux ambassadeurs de talent, que sont les cinéastes japonais sélectionnés, une chance de décrocher une belle récompense et mettre le Japon au devant de la scène.
Trois compétitions, trois films, trois cinéastes japonais. Le programme de ce millésime 2017 est très palpitant pour les amoureux du cinéma nippon. Qu'ils soient l'œuvre de cinéastes habitués de la croisette ou néophytes de ce festival, les trois films présentés lors de cette quinzaine ont le potentiel pour décrocher un des nombreux prix qui composent la décision finale du jury.
Hikari
Pièce maitresse du festival, la sélection officielle présente cette année le nouveau film de la cinéaste Naomi Kawase, Hikari (Vers la Lumière), coproduit avec la France. Déjà deux fois primée à Cannes (1997 et 2007), la réalisatrice propose aujourd'hui une histoire d'amour à travers le spectre de l'image et de la vue.
"Misako aime décrire les objets, les sentiments et le monde qui l'entoure. Son métier d'audiodescriptrice de films, c'est toute sa vie. Lors d'une projection, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit."
Sanpo suru shinryakusha
La section Un certain regard aura l'honneur de proposer pour la quatrième fois le nouveau film du cinéaste Kiyoshi Kurosawa, après Kairo en 2001, Tokyo Sonata en 2008 (Prix du jury) et Vers l'Autre Rive en 2015 (Prix de la mise en scène). Après avoir débuté dans un monde cinématographique teinté d'horreur, de fantastique et de policier avec des films forts et inoubliables (Cure, Séance, Loft ou encore Rétribution), Kiyoshi Kurosawa a effectué un virage radical pour mener son art vers des contrées plus lumineuses et poétiques. Mais cette année avec Avant que nous disparaissions (Sanpo suru shinryakusha), le cinéaste semble revenir à des touches subtiles de l'art de ses débuts.
"Alors que Narumi et son mari Shinji traversent une mauvaise passe, Shinji disparaît soudainement et revient quelques jours plus tard, complètement transformé. Il semble être devenu un homme différent, tendre et attentionné. Au même moment, une famille est brutalement assassinée et de curieux phénomènes se produisent en ville. Le journaliste Sakurai va mener l'enquête sur cette mystérieuse affaire."
Bienvenue à Atsuko Hirayanagi, réalisatrice japonaise, qui fait ses premiers pas cette année au festival de Cannes. Son premier long métrage Oh Lucy ! est présenté à la semaine de la critique. Son synopsis déconcerte et attise la curiosité.
"Setsuko est en train de laisser filer sa vie jusqu'à ce que des cours d'anglais (et une perruque peroxydée) la transforment en son double, Lucy. Setsuko tombe rapidement amoureuse de son professeur, John, et quand celui-ci disparaît soudainement, elle embarque sa soeur dans une quête qui les mène de Tokyo jusqu'au sud californien. Dans un environnement étranger, de salons de tatouages aux motels miteux, liens de familles comme vies antérieures sont mis à rude épreuve tandis que Setsuko s'accroche à sa chimère, Lucy."
Enfin, surfant sur la mode des rétrospectives, Cannes Classics offrira également, lors de cette belle quinzaine, l'opportunité de (re)découvrir dans des conditions optimales seize films de 1946 à 1992 ayant marqué l'histoire du festival. Le Japon y est encore une fois joliment représenté. Deux films exceptionnels du cinéma nippon seront projetés dans le cadre du programme Cannes Classics : L'Empire des Sens de Nagisa Oshima, et la Ballade de Narayama de Shohei Imamura, Palme d'or en 1983.
Julien Loock (www.lepetitjournal.com/tokyo) le lundi 22 mai 2017









