CULTURE - Kyoto, histoire et trésors de la ville aux mille temples

Par Lepetitjournal Tokyo | Publié le 04/12/2014 à 20:00 | Mis à jour le 30/01/2015 à 07:16

Kyoto, la ville aux mille temples. Kyoto, vitrine du Japon ancien, élégant, esthétique, historique, religieux et impérial. L'ancienne capitale fascine, en occident comme en orient, depuis plusieurs siècles déjà. À tel point que certains considèrent qu'elle est un voyage qui se suffit à lui-même, qu'elle serait à elle seule une raison suffisante pour venir au Japon, tant le nombre de trésors qu'elle recèle est important

Le kinkaku-ji, temple le plus visité de Kyoto fondé en 1397 pendant l'ère Muromachi (photo : Damien Corneloup)

Temples de bois, d'or et d'argent, jardins zen, geishas, petites échoppes et rues pavées pittoresques, sans oublier les spécialités culinaires typiques du Kansai, telles que le sukiyaki, le shabu-shabu (fondues de b?uf et légumes) ou encore l'okonomiyaki (crêpe salée). Voilà les images qui viennent à l'esprit à l'évocation de Kyoto, c?ur du Japon culturel. Ces images typiques de l'actuelle Kyoto font parfois oublier l'histoire riche et mouvementée de la ville. Histoire qui a fait de l'ancienne capitale impériale ce qu'elle est aujourd'hui.

Kyoto, fondée pour devenir capitale impériale
Bien que les premiers hommes foulèrent le sol de l'archipel il y a environ 12.000 ans, la région de Kyoto ne fût peuplée qu'au VIIe siècle après Jésus-Christ par un clan venu de Corée, les Hata. Ce n'est qu'au VIIIe siècle que la ville actuelle fut fondée, quand l'empereur Kanmu (737 ? 806) décida de déplacer la capitale de Nara vers une autre région pour se soustraire à l'influence grandissante du clergé bouddhiste. Il fonda Heiankyo ("capitale de la paix") en 794, où il transféra immédiatement sa cour. Cette date marque le début de l'ère Heian, considérée comme l'apogée l'ancienne capitale impériale. La ville sera rapidement rebaptisée Miyako puis Kyoto ("la ville capitale"). Elle restera la capitale du pays pendant toute l'ère Heian, période durant laquelle des temples parmi les plus magnifiques seront érigés, dont les fameux Kiyomizu-dera et To-ji.  Une ère d'or pour les arts, la poésie et la littérature qui prit brutalement fin en 1185, à la suite des guerres que se livrent deux clans influents, les Heike et les Genji, qui détruisirent et incendièrent Kyoto à plusieurs reprises, forçant l'empereur à partir. S'ensuit la période Kamakura (1185 ? 1333) durant laquelle la capitale est déplacée dans la ville éponyme.

Nouvel âge d'or et chute au profit d'Edo
En 1333, le nouveau shogun Takauji Ashikaga ouvre l'ère Muromachi et décide de retourner à Kyoto. Une nouvelle période dorée débute pour la capitale "incontestée", comme aimait l'appeler Ashikaga. Cette époque verra la fondation du Kinkaku-ji (pavillon d'or) et du Ginkaku-ji (pavillon d'argent), ainsi que l'apparition du concept du jardin zen et du théâtre Nô. L'ère Muromachi prend fin avec la guerre d'Onin, qui verra Oda Nobunaga chasser en 1573 le dernier shogun de la lignée Ashikaga d'un Kyoto ravagé par des décennies d'affrontements. S'ouvre alors l'ère de Momoyama, qualifiée de "renaissance" durant laquelle Toyotomi Hideyoshi, neveu et successeur de Nobunaga, rendra son éclat à Kyoto. L'avènement de Ieyasu Tokugawa, célèbre unificateur du Japon, qui débute l'ère Edo en 1603, relègue Kyoto au second plan au profit de la future Tokyo. Edo devient à cette époque la résidence des shoguns, ainsi que le centre politique et économique du Japon. Kyoto abrite néanmoins toujours les empereurs et reste capitale jusqu'à la fin du XIXe siècle. En 1868, année qui marque le début de l'ère Meiji, l'empereur est transféré à Tokyo, qui devient officiellement capitale du pays.

Le musée du manga, un passage incontournable pour les amoureux de bande-dessinée japonaise (Photo DR)

Capitale politique devenue capitale touristique
Capitale pendant près de 1.000 ans, Kyoto se trouve alors reléguée à un statut de ville de province de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. La ville historique reste quelque peu à l'écart de l'industrialisation massive du Japon à cette période. Durant la Seconde Guerre mondiale, Kyoto sera épargnée par les bombardements, mais passera à deux doigts de la destruction atomique. En effet, les Américains avaient désigné plusieurs cibles potentielles pour lâcher la bombe ? A "Little Boy" - et tenter de mettre fin à la guerre. Kyoto, ancienne capitale impériale d'une richesse inégalée, était en tête de cette liste funeste. La ville fût finalement épargnée grâce à l'intervention de Lewis Stimson, secrétaire de la guerre américain, et de son conseiller, le Français Serge Elisseeff. Ce dernier, ayant fait plusieurs voyages à Kyoto et connaissant la richesse culturelle de la ville, a pu convaincre les Américains que détruire la ville serait un grave obstacle à une réconciliation future avec le Japon. Une once d'humanité dans l'inhumanité, puisque c'est la deuxième ville de la liste, Hiroshima, qui a subi le feu nucléaire le 6 août 1945. Depuis, Kyoto prospère et sa richesse historique et culturelle en ont fait, à défaut de capitale politique, la capitale touristique de l'archipel. Elle reçoit environ 1 million de visiteurs par an, un chiffre qui augmente chaque année. À titre comparatif, Kyoto, capitale de la préfecture du même nom, possède 1,5 million d'habitants. En 1994, c'est la consécration : ses temples ont été inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. D'une magnificence reconnue par beaucoup, Kyoto reste aujourd'hui le principal attrait de la région du Kansai, voire d'un voyage au Japon.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo) vendredi 5 décembre 2014

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