Trois stations-service incendiées, une bombe routière, une fusillade : cinq incidents distincts en moins de seize heures ont relancé l'insurrection séparatiste à la frontière malaisienne.


Vers 23 heures dimanche 28 juin 2026, six hommes armés et vêtus de noir arrivent à moto devant une station-service PT de Mueang, dans la province de Yala. Ils tirent en l'air pour vider les lieux, déposent un engin explosif et repartent. La bombe explose quelques secondes plus tard, l'incendie ravage une partie du site. Selon le Commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC), deux autres stations PT sont visées la même nuit dans les districts de Sai Buri et Yaring, en Pattani voisine. Un homme est blessé et transporté à l'hôpital princier de Sai Buri.
Une bombe routière et une fusillade le lendemain
Puis, vers 11h41 lundi 29 juin, une bombe dissimulée dans un caniveau explose près du carrefour de Sapom, sur la route menant au district de Tak Bai, dans la province de Narathiwat. Le véhicule touché transportait deux ressortissants malaisiens, identifiés comme Abdullah Syarapi Bin Abd Rahman, 45 ans, et Muhammad Yusri Bin Udin, 38 ans. Le premier souffre de blessures graves au front et à la main, le second de fractures au bras. Les enquêteurs des forces de sécurité affirment que la cible réelle était un pick-up de volontaires de défense civile qui dépassait leur voiture au moment de l'explosion. Le même jour, un cinquième incident survient à Narathiwat : un soldat et une fillette de sept ans sont blessés par balle alors que le militaire rendait visite à sa famille après son service à Pattani.
La réponse du gouvernement organisée depuis Paris
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul accompagne depuis le dimanche 28 juin 2026 le roi Maha Vajiralongkorn et la reine Suthida pour une visite d'État en France, à l'invitation du président Emmanuel Macron, prévue jusqu'au 2 juillet. C'est depuis Paris qu'il a ordonné l'envoi dans le Sud du secrétaire permanent du ministère de l'Intérieur Arsit Sampanrat, qui a inspecté le site de l'explosion à Narathiwat, avant de se rendre au chevet des deux touristes malaisiens. Selon Arsit Sampanrat, les premières analyses indiquent que l'engin combinait deux bouteilles de gaz importées, non fabriquées en Thaïlande.
Le Centre administratif des provinces frontalières du sud a débloqué 50.000 bahts pour les blessés graves et 10.000 bahts pour les blessés légers. Aucun groupe n'a revendiqué les attaques à ce stade.
Une insurrection vieille de plus de vingt ans
Le sud de la Thaïlande, à majorité malaise et musulmane, est le théâtre depuis 2004 d'une insurrection séparatiste menée notamment par le Barisan Revolusi Nasional (BRN), qui réclame l'autonomie ou l'indépendance d'un ancien sultanat annexé par le Siam en 1909. Les racines de ce conflit, marqué par une politique d'assimilation linguistique et religieuse imposée par Bangkok au XXe siècle, ont été détaillées par lepetitjournal.com en mai 2026. lepetitjournal.com avait également rapporté en janvier 2026 une vague comparable, avec onze stations-service visées par des attentats coordonnés dans les mêmes trois provinces, en marge d'élections locales.












