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RENCONTRE - Philippe Courjault, nouveau proviseur du Lycée Français

Par Lepetitjournal Sydney | Publié le 11/09/2013 à 20:00 | Mis à jour le 11/09/2013 à 10:21

Philippe Courjault est originaire de Touraine. Si Chinon est son point d'ancrage familial, il a parcouru le monde depuis tout petit d'abord avec ses parents expatriés, puis en tant qu'enseignant quand il est allé vivre au Maroc, en Côte d'Ivoire ou encore à Mayotte. Le voilà à Sydney pour quelques années comme nouveau proviseur du Lycée Français

Philippe Courjault au milieu de son équipe pédagogique pour la rentrée 2013/2014 - Photo lepetitjournal.com

Lepetitjournal.com - Bienvenue à Sydney. Quelles sont vos premières impressions d'Australie ?

Philippe Courjault - J'ai beaucoup apprécié l'accueil des Australiens au quotidien, la bienveillance que les gens ont les uns par rapport aux autres. J'attache de l'importance aux relations humaines, on ne peut rien construire sans cela. Et puis cette mixité importante c'est la preuve que les relations sont bonnes. Et ici à l'école, le dialogue s'est établi de manière très simple, l'équipe est attachée à l'établissement et à sa pérennité. C'est une école jeune, familiale, qui a grandi vite. Il faut garder autant que faire se peut cette ambiance tout en restant professionnel. C'est le premier établissement que je vois où une réunion de rentrée entre le personnel et les parents est organisée, cela démontre ce caractère familial.

Vous connaissez bien les écoles françaises à l'étranger?

Oui, je peux dire que je suis tombé dedans lorsque j'étais petit. J'ai eu la chance de grandir à l'étranger où j'ai fait toute ma scolarité. Tout petit d'abord à Singapour puis à Londres ou j'ai fréquenté le lycée Charles de Gaulle durant tout le primaire et secondaire. Je suis un enfant du réseau AEFE auquel je dois beaucoup puisque je l'ai vécu en tant qu'élève et ensuite en tant que parent d'élève pour mes enfants. Je connais donc bien la qualité de ce réseau d'écoles à l'étranger. Cela m'a donné une base solide qui m'a permis de m'adapter partout. Par la suite, les études supérieures m'ont permis de comprendre l'importance culturelle de la France et j'ai pu repartir sans arrière pensée en acceptant que les autres ne fonctionnent pas de la même façon.

Comment s'est passée la rentrée à Condorcet ?

Très bien. Notre grand projet ici à Condorcet cette année c'est la mise en place du bilinguisme. Nous commençons par la petite section maternelle. Cela se fait déjà dans d'autres établissements et cela a été mis en place ici par mon prédécesseur. Je poursuis le projet. Les perspectives sont importantes et encore pour certaines insoupçonnées. Nous sommes dans une modification radicale du rapport aux langues. La langue première de l'enfant est utilisée comme fondation pour l'apprentissage d'une autre langue. Ensuite à 6 ans à l'entrée en CP, il faut évidemment garder la maitrise et renforcer la langue première pour pouvoir s'assurer que l'enfant sache lire et écrire dans sa langue première. Il faut aussi accepter qu'un enfant soit plus avancé dans sa langue maternelle, il ne faut pas forcément chercher à amener les deux langues au même niveau immédiatement, mais à partir du moment ou l'élève aura consolidé sa langue première, il apprendra rapidement dans une autre langue. Ce sont sur ces déséquilibres à un moment donné entre les deux langues que les enseignants vont s'appuyer pour pousser la seconde langue. Le déséquilibre n'est pas grave et il va dépendre de l'enfant aussi. C'est un projet très structurant.

Comment cela se passe concrètement dans les classes ?

Il y a un gros travail de fait dans les classes de maternelle. Par exemple jusqu'à Noël en petite section, nous sommes à 70% sur la langue maternelle (anglais ou français selon l'enfant). Il y a deux enseignants dans la classe, un dans chaque langue qui travaillent ensemble bien sur et il y a des objectifs d'apprentissage qui sont précis. Nous sommes à l'école, ce n'est pas du gardiennage. C'est fondamental et très spécifique à l'école francaise, peu de pays ont un réelle école maternelle structurée.

Le programme se déroule sur trois ans de maternelle pour arriver à une seconde langue "maternelle" acquise à l'issue du cycle de maternelle. Il a été mis en place en petite section cette année et sera poursuivi pour les mêmes élèves donc en moyenne section l'année prochaine et ainsi de suite. Se posera bien sur le problème de l'accueil des nouveaux élèves en cours de cycle mais il y aura un dispositif spécifique pour eux. 

Quel est l'accueil du projet par les familles ?

Il y a un engouement sur le projet, il plait aux familles, d'ailleurs nous avons une liste d'attente que l'on aimerait bien satisfaire.

Et que ce passe-t-il à l'arrivée en CP ?

La question de la poursuite du programme en élémentaire est d'ores et déjà posée, cela fait partie des options possibles.Il faut absolument que l'on développe la maitrise des langues dans l'établissement, c'est le projet à long terme de ce lycée. En plus nous avons l'avantage de pouvoir bâtir un cursus complet puisque nous accueillons les enfants de la petite section à la terminale. On peut très bien imaginer les élèves sortant de Condorcet en parlant plusieurs langues parfaitement et avec une mention au bac.

D'autres projets ?

Nous allons commencer à en discuter avec les équipes, avec les parents du conseil d'établissement; car il faut que tout le monde s'implique, que nous entendions les avis de tous, on ne décide pas tout seul dans son bureau. Je serais heureux de vous en parler lorsque les projets seront en cours. Nous devons absolument développer les occasions de pouvoir parler français, d'autant que nous avons un lycée français qui est un lieu de rayonnement de la langue francaise. Cela passer aussi par la collaboration avec les autres pôles qui soutiennent la langue francaise comme l'Alliance française, peut être en ré-ouvrant une antenne de l'Alliance au sein de l'école pour permettre aux gens qui connaissent un peu le français de le pratiquer. Beaucoup de gens comprennent le français ici et il faut pousser cette interaction entre les deux cultures. 

Propos recueillis par Flore Gregorini (www.le petitjournal.com/sydney), jeudi 12 septembre 2013

 

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