Mieux comprendre la politique en Suède : les partis politiques

Par Hugo Messina | Publié le 09/01/2022 à 06:00 | Mis à jour le 12/01/2022 à 21:45
Photo : Le parlement suédois, qui devrait bientôt voir des changements avec les prochaines élections législatives - Crédits : Wikimedia Commons / Suyash Dwivedi
Parlement suédois

Découvrir un pays c’est aussi chercher à comprendre comment il s’articule. Des partis politiques au fonctionnement du système, voici une présentation du modèle politique suédois.

 

Partis politiques en Suède : les forces majeures

Comme toute démocratie parlementaire, la Suède affiche pléthore de partis. De la droite à la gauche, en passant par les écologistes et les extrêmes, voici un panorama du paysage politique du royaume scandinave.

Le parti social-démocrate suédois des travailleurs

Stefan Löfven
Stefan Löfven, ancien leader du S/SAP - Crédits : Victor Svedberg

Le parti social-démocrate suédois des travailleurs est actuellement majoritaire au Parlement. Grossièrement, il s’agit de la gauche suédoise, du moins l’aile plutôt sociale du pays. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que ce parti se retrouve à la tête du gouvernement assez souvent depuis plus de 80 ans ! La dernière période qui a vu le parti se placer dans l’opposition remonte entre 2006 et 2014, mais depuis une coalition avec les écologistes, les sociaux-démocrates sont de retour au gouvernement, emmenés jusqu'en août par Stefan Löfven, Premier ministre jusqu'alors.

Magdalena Andersson est actuellement à la tête du pays, devenant la première femme première ministre en Novembre 2021.

Les sociaux-démocrates prônent une idéologie tournée vers l’ouverture de la société dans plusieurs domaines : féminisme, égalité, politique migratoire, etc.

Pour le reconnaître, il faut se fier à sa couleur rouge et l’abréviation S/SAP pour Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti.

Au Parlement, le S/SAP a 113 députés, et détient 31 % des votes pour le moment.

 

Le parti modéré de rassemblement

Derrière le parti social-démocrate, on retrouve le parti modéré de rassemblement, Moderata samlingspartiet. C’est la première force politique de droite du pays, avec des idées tendant vers le libéralisme économique et le conservatisme sur certains points. Néanmoins, ce conservatisme est contrebalancé par leur idéologie pro-européenne et égalitaire, développée ces dernières décennies. Par exemple, ils sont ouverts à l’introduction de l’euro en Suède et au mariage pour tous.

Leur dernière accession au pouvoir remonte entre 2006 et 2014, durant laquelle ils s’étaient substitués à la gauche suédoise.

Les Modérés affichent le bleu comme couleur, et un M comme abréviation.

Au Riksdag, ils disposent de 84 sièges, leur accordant un peu plus de 23 % de votes.

 

Les démocrates de Suède

En 2021, la troisième force politique du Parlement s’incarne dans les démocrates de Suède. C’est le parti de Suède considéré comme d’extrême-droite.

Leurs convictions sont régulièrement qualifiées de nationaliste, voire anti-immigration. Ils s’inscrivent également dans la mouvance euro-sceptique, ramenant parfois le sujet de la sortie de l’Union Européenne au cœur du débat.

C’est un parti assez jeune, fondé en 1988. À l’époque, sa création est assez controversée, car certains membres appartenaient à des mouvances néo-nazies.

On le reconnaît à ses couleurs jaune et bleue, mais surtout à son logo, une petite fleur. Son abréviation est SD.

D’années en années, c’est le parti qui semble obtenir la marche de progression la plus importante, alors que les autres partis tendent à stagner. Entré dans l’opposition parlementaire depuis 2010, le parti affichait alors 20 sièges à cette période. Aujourd’hui, il compte 49 députés, lui offrant presque 13 % des votes.

Jimmie Åkesson, le chef de file actuel, ambitionne d’ailleurs de créer une coalition de droite, afin de renverser la tendance actuelle en 2022, prochaines élections législatives de Suède.

 

Partis politiques en Suède : une riche opposition

Le Parti de l’environnement-Les Verts

Force importante du pays, les écologistes séduisent un bon nombre d’électeurs. Le Parti de l’environnement-Les Verts, en suédois Miljöpartiet de Gröna, est bien représenté au niveau national, avec 25 sièges au Parlement.

Forcément, l’écologie est leur cheval de bataille, mais ils défendent plus globalement une logique basée sur la solidarité. Leur ligne directrice les amène inévitablement à défendre des idées considérées comme modernes, avec une politique tournée vers la durabilité et la participation citoyenne, par exemple en mettant en avant l’économie circulaire ou de la démocratie participative.

En règle générale, ces derniers s’affilient aux S/SAP, mais récemment, on a pu les voir voter la défiance envers le gouvernement de Löfven, ce qui chasse l’idée d’une quelconque alliance. En effet, les écologistes insistent de plus en plus sur leur indépendance, ils ne veulent en aucun cas être classés à droite ou à gauche.

Le vert est leur couleur et on retrouve parfois l’abréviation MP pour les désigner.

 

L’Alliance, une coalition de droite

L’Alliance est composée de plusieurs partis s’affichant comme soutien aux Modérés. C’est une sorte de coalition de droite, permettant de contrebalancer plus efficacement contre le gouvernement actuel.

Avec 22 sièges et 6 % des votes, le parti du centre, Centerpartiet, est le soutien le plus important pour le moment. Son logo, un trèfle, permet d’identifier ce parti centriste. Ils avancent des convictions libérales et pro-européennes. Rajoutons à cela une politique pro-migratoire, notamment sur la question de la délivrance de cartes vertes.

La coalition regroupe aussi dans ses rangs les libéraux, en suédois Liberalerna. Reconnaissable à sa couleur bleue et à son abréviation L, il dispose de 19 sièges au Parlement. Ce parti est tourné vers le socio-libéralisme. L’idéologie avancée est similaire aux autres partis de l’alliance, à la différence que les partisans de Liberalerna souhaitent mettre en avant une protection sociale parallèlement à l’économie de marché. De plus en plus, ce parti veut afficher une image moderne, par exemple avec la nomination en 2019 de Nyamko Sabuni en tant que première secrétaire. Il s’agit de la première femme noire née à l’étranger, au Burundi, à occuper un tel poste.

Enfin, l’Alliance peut compter sur le soutien des chrétiens-démocrates, connu en suédois sous le nom Kristdemokraterna. Abrégé par l’acronyme KD, il représente une droite plutôt conservatrice. Bien qu’ouverts à l’Union Européenne et à la libéralisation des échanges, ils demeurent plutôt frileux sur des sujets nationaux et sociétaux, comme le mariage pour tous ou l’immigration. C’est une aide supplémentaire indéniable à la droite, disposant tout de même de plus de 4 % des votes au Parlement avec 16 députés.

 

Le parti de gauche, Vänsterpartiet

L’équivalent de l’extrême gauche en Suède est incarné par le parti de gauche, le Vänsterpartiet.

On le reconnaît aisément avec son logo affublé d’un grand V, ainsi qu’à sa couleur rouge.

Il se distingue des sociaux-démocrates par une certaine radicalité, incarnée notamment par un euro-scepticisme et une idéologie anti-libérale. Pour autant, ils suivent une doctrine qualifiée de progressiste, notamment avec un féminisme et un écologisme clairement affichés. Par exemple, le parti de gauche soutient l’idée de l'auto-défense féministe, un enseignement qu’ils aimeraient mettre en place dans les lycées.

Leur poids politique est conséquent dans l’opposition ; avec 21 sièges, ils ont plus de 5,5 % des votes.

 

Partis politiques en Suède : les « petits » partis idéologiques

Certains députés choisissent de siéger sous l’égide « indépendant » ou « sans étiquette ». En réalité, cela signifie qu’ils ne s’affilient à aucun des partis majoritaires cités ci-dessus, mais plutôt à d’autres groupements politiques, défendant des convictions bien particulières. La plupart d’entre eux ne sont pas représentés au Parlement, mais existent pourtant bel et bien à l’échelle locale.

 

L'extrême gauche suédoise

L’extrême gauche trouve une base de votants à l’échelle communale principalement. Elle est incarnée par trois partis, allant du trotskisme, avec le Socialistiska Partiet et le Rättvisepartiet Socialisterna, au marxisme défendu par le parti communiste suédois.

 

Le parti féministe 

Un courant défend aussi spécifiquement le droit des femmes. Le F! du Feministiskt initiativ s’oriente à 100 % vers le féminisme, en réussissant à obtenir des résultats lors d’élections aux conseils municipaux depuis 2005, avec une vingtaine d’élus.

 

 

D'autres partis, minoritaires ou... originaux

Des courants plus originaux ont le mérite d’exister pour faire entendre leurs revendications. C’est le cas du parti pirate, créé en 2006, et visant à défendre un Internet libre, sans aucune licence, dans une société ouverte. Certains y voient d’ailleurs un ultra-capitalisme, mais force est de constater que sa ligne directrice trouve son électorat ; en 2009 il s’agissait du troisième parti du pays en terme de membres.

Signalons aussi le parti satirique Kalle Anka-partiet, littéralement le parti de Donald Duck. Ses principales prétentions sont la gratuité de l’alcool et avoir des trottoirs plus larges.

La liste de juin, Junilistan, est un parti à part entière, puisqu’il ne se présente qu’aux élections européennes, dans le but de défendre une vision euro-sceptique.

Enfin le SPI, Sveriges pensionärers intresseparti, vise en particulier les retraités du pays. Son objectif est tout simplement de défendre leurs intérêts, en plus de quoi s’est récemment ajouté la défense des personnes en situation de handicap.

Hugo Messina

Hugo Messina

Poursuivant un cursus de journalisme et communication au Magistère DJC en parallèle d’un Master en droit du numérique à Aix-Marseille Université, Hugo est passionné par le domaine de la culture, la musique et le sport.
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