


Vous l'avez constaté, le Suédois est quelqu'un de sérieux, bien plus sérieux qu'un Français. Prenez un Français et parlez-lui de « vachette ». Cela évoquera pour lui une bête à cornes qui fait « meuh », ou – pour les moins jeunes - un jeu pas sérieux comme « Intervilles », où la vachette jouait de la corne dans un grand éclat de rire. Pour ceux qui suivent cette rubrique assidûment, ils savent que le Suédois ne rit pas à l'évocation de « Vachette ». Il y voit une clé qui ouvre une porte, une porte qui se ferme et qui fait … le moins de bruit possible. Vous vous souvenez : Assa Abloy, spécialiste des systèmes de sécurité pour les portes et sa filiale Vachette.
Un précurseur de la ceinture de sécurité
Le Suédois ferme donc correctement sa porte, et quand elle est bien fermée, il attache sa ceinture de sécurité. Sa porte de voiture, faut-il le préciser. C'est que le Suédois, Nils Bohlin en l'occurrence, est à l'origine de ce système de sécurité longtemps honni par bon nombre de Français. Mais si Nils Bohlin semble être à l'origine de cet accessoire désormais incontournable quand on veut circuler dans une automobile, la société Autoliv, suédoise également, en serait la première conceptrice.
Un leader de l'airbag
Autoliv s'est attaché à développer d'autres formes de système de sécurité. La plus connue : l'airbag. Cette espèce de bouée de sauvetage qui se gonfle à la vitesse de l'éclair quand votre véhicule percute un obstacle imprévu est majoritairement suédoise. Précisons que les Suédois n'ont rien inventé dans ce domaine, ils n'ont fait qu'absorber une société américaine, Morton (en 1997). De fait, Autoliv est devenu un géant du secteur des pièces détachées, spécialisé dans la sécurité et son nombre d'employés est supérieur à 60 000 à travers le monde.

À la croisée des chemins
Quelles perspectives pour Autoliv ? Comme bien des secteurs traditionnels, la société semble à la croisée des chemins. L'automobile de demain ressemblera-t-elle au cercueil à roulettes qui filait à tombeau ouvert il y a encore peu sur nos routes ? Y aura-t-il même un conducteur au volant et quels seront les nouveaux systèmes de sécurité qui équiperont ces modèles futuristes ? Pour l’heure, les bénéfices d’Autoliv surprennent agréablement et croissent régulièrement, tout en perdant un peu (beaucoup) de leur tonus. Les cours de bourse (voir graphique) semblent se heurter à un plafond de 1100 couronnes et ne pas parvenir à le franchir. En résumé, et même si beaucoup de feux sont au vert, on attendra que la route de la reprise soit dégagée pour monter à bord.
Retrouvez les analyses de notre spécialiste dans sa rubrique lepetitjournal.com/stockholm et sur son blog Objectif Bourse.
Daniel PERTUY lepetitjournal.com/stockholm Jeudi 18 mai 2016










