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À Singapour, la forêt de Maju est menacée et déclenche une fronde inédite

Présentée comme une « ville dans la nature », Singapour fait face à un dilemme difficile à résoudre : où construire les logements sans grignoter les derniers espaces sauvages de l’île ? Le projet de développement de la forêt de Maju - dans l’ouest du pays - a déclenché une mobilisation citoyenne rare et relancé le débat sur l’équilibre entre urbanisation, biodiversité et qualité de vie. On vous raconte.

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Écrit par Capucine Canonne
Publié le 26 août 2026

 

À Singapour, les controverses environnementales de grande ampleur restent relativement rares. Mais en juillet 2026, le projet gouvernemental visant à défricher une partie de la forêt de Maju pour y construire de nouveaux logements sociaux a suscité une réaction inhabituelle dans la cité-État. 

Le plan prévoit de développer une partie de cette forêt secondaire de 23 hectares située dans l’ouest de l’île. Selon les premières propositions en juillet, environ deux tiers du site pourraient être affectés à la construction de logements publics afin de répondre à une demande toujours forte dans un pays où près de 80 % des habitants vivent dans des appartements construits par l’État.

 

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Une mobilisation citoyenne d’ampleur

Cette annonce a rapidement provoqué une vague de contestation. Deux pétitions demandent au gouvernement d’explorer d’autres solutions foncières avant de toucher à la forêt. Les signataires suggèrent notamment la reconversion de friches industrielles, d’anciens terrains de golf ou encore le redéveloppement de quartiers existants avec une densité plus élevée.

 

Face à cette pression croissante, le gouvernement a annoncé qu’il modifierait son projet

 

Parallèlement, plus de 700 habitants ont adressé une lettre à leur député pour demander la préservation du site. Le 16 août 2026, environ 2 000 personnes (selon les organisateurs) ont participé à un rassemblement en faveur de la nature et de la biodiversité. 

Face à cette pression croissante, le gouvernement a annoncé, après la clôture de la consultation publique, qu’il modifierait son projet afin de préserver davantage de végétation que prévu initialement. Aucun détail précis n’a encore été communiqué selon reuters.  Dans une vidéo publiée le 14 août, le ministre d’État du développement national Alvin Tan a reconnu que conserver davantage d’espaces verts aurait une conséquence directe sur le nombre de logements construits. 

 

petition pour la forêt de maju

 

 

La forêt de Maju, un refuge pour la biodiversité

La forêt de Maju est devenue un symbole des espaces naturels encore préservés à Singapour. Le site n’a pourtant rien d’une forêt primaire. Il occupait autrefois une plantation de caoutchouc et des vergers, avant d’accueillir une ligne ferroviaire destinée au transport de marchandises vers un chantier naval voisin. Depuis l’arrêt du trafic en 1992, la végétation a progressivement repris ses droits.

Aujourd’hui, les anciens rails et un tunnel abandonné traversent une jungle dense devenue populaire auprès des promeneurs. Selon une étude environnementale, la forêt abrite 113 espèces animales. Le bulbul à tête jaune, une espèce classée en danger critique d’extinction ou encore le pangolin de Malaisie en font partie.

 

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forêt de maju à Singapour

 

 

les projections officielles anticipent entre 6,5 et 6,9 millions de résidents à l’horizon 2030.

 

 

Singapour, ou le paradoxe de la « ville-jardin » 

L’affaire remet également en lumière une contradiction souvent dénoncée par les associations environnementales. Depuis les années 1960, Singapour construit son image internationale autour du concept de « ville-jardin », lancé sous l’impulsion de son premier Premier ministre Lee Kuan Yew. Le gouvernement met régulièrement en avant ses programmes de végétalisation urbaine, dont l’objectif de planter un million d’arbres d’ici 2030.

 

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Pour autant, le gouvernement fait face à une contrainte bien réelle : le manque d’espace. Avec seulement 744 km² de superficie, Singapour ne dispose d’aucun arrière-pays où étendre son urbanisation. Comme Hong Kong ou certaines grandes métropoles mondiales, la cité-État doit continuellement arbitrer entre développement urbain et préservation des espaces naturels. La pression démographique continue par ailleurs d’augmenter. La population a atteint un record de 6,11 millions d’habitants en juin 2025 et les projections officielles anticipent entre 6,5 et 6,9 millions de résidents à l’horizon 2030.

 

Le gouvernement devrait dévoiler dans les prochains mois les ajustements apportés au projet.

 

Jusqu’où Singapour peut-elle continuer à se développer sans compromettre les espaces naturels qui contribuent précisément à son attractivité et à sa résilience face au changement climatique ? Le gouvernement devrait dévoiler dans les prochains mois les ajustements apportés au projet. Une décision attendue par les défenseurs de l’environnement comme par les candidats au logement… 

 

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