Après plus de 19 ans passés illégalement à Singapour, une ressortissante chinoise de 68 ans a décidé de se rendre aux autorités avec son mari. Condamnée le 21 octobre 2026, elle espère désormais pouvoir être expulsée en même temps que son époux, poursuivi pour des faits similaires.


Dix-neuf ans, deux mois et 23 jours. C’est le temps passé illégalement à Singapour par Ding Hui Yun, une ressortissante chinoise de 68 ans, avant de se présenter spontanément aux autorités le 6 octobre. Son histoire s’est achevée provisoirement devant la justice singapourienne. Le mercredi 21 octobre, elle a été condamnée à six mois de prison et à une amende de 2 000 dollars singapouriens.
Un titre de séjour temporaire, puis 19 ans dans l’illégalité
L’histoire de Ding Hui Yun remonte à mai 2007. À cette époque, elle est condamnée pour infraction à la législation singapourienne sur l’immigration, après être entrée ou avoir séjourné illégalement dans le pays. Sa peine est de quatre semaines de prison et une amende de 1 500 dollars singapouriens, en remplacement de la peine de bastonnade.
À sa sortie de prison, elle doit rester temporairement à Singapour afin de témoigner pour le compte de l’Immigration and Checkpoints Authority (ICA), l’autorité chargée notamment du contrôle de l’immigration. Un permis spécial lui est délivré en juin 2007, puis prolongé jusqu’à la mi-juillet.
Mais lorsque vient le moment de rentrer en Chine, Ding Hui Yun ne se présente pas au service chargé de son rapatriement. Selon les éléments présentés au tribunal, elle souhaite rester à Singapour, sa famille étant endettée en Chine et elle-même cherchant à éviter ses créanciers. Elle demeure alors dans la cité-État sans statut légal pendant plus de 19 ans, en enchaînant des petits emplois pour subvenir à ses besoins.
« Je n’ai plus les moyens de subvenir à mes besoins »
Le 6 octobre 2026, la sexagénaire finit par se rendre au service de rapatriement de l’ICA, accompagnée de son mari. Elle n’a alors plus les moyens de subvenir à ses besoins à Singapour. « Je souffre de diabète et, compte tenu du fait que je me suis rendue moi-même aux autorités, je vous supplie, Votre Honneur, de prononcer une peine plus légère », déclare-t-elle au tribunal, selon CNA.
Ding Hui Yun a plaidé coupable d’être restée à Singapour après l’expiration de son permis spécial. La condamnation est donc fixée à six mois de prison et 2 000 dollars singapouriens d’amende. En cas d’impossibilité de payer, 12 jours de prison supplémentaires sont prévus.
Son mari aussi illégal sur le territoire singapourien
L’histoire du couple n’est pas encore terminée. Le mari de Ding Hui Yun devait lui aussi plaider coupable le 21 octobre pour une infraction similaire, mais il était malade. Selon les médias locaux, il est accusé d’être resté illégalement à Singapour pendant plus de 18 ans et 10 mois. Il doit comparaître la semaine suivante.
À Singapour, le maintien sur le territoire après l’expiration d’un permis spécial est passible de six mois de prison au maximum et d’au moins trois coups de canne. Une amende pouvant atteindre 6 000 dollars singapouriens peut être imposée à la place.
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