Vendredi 18 septembre 2020

LA PTITE LU MADE IN CHINA – Derrière la mascotte de Shanghai, Lucie Guyard se dévoile…

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 18/09/2016 à 19:30 | Mis à jour le 02/04/2017 à 05:24

 

Par Delphine Gourgues

Nombreux d'entre vous connaissent maintenant bien La Ptite Lu, cette jeune Française de Shanghai, dont les aventures nous sont croquées chaque semaine, en illustrations sur son compte Wechat, et qui font le régal de ses fans, français mais aussi de plus en plus chinois.  Derrière ce personnage à la fois drôle, nature et touchant, se cache Lucie Guyard, illustratrice et shanghaienne d'adoption depuis six ans. A l'occasion de la sortie du volume 2 des aventures de La Ptite Lu Made in China, nous sommes allés à la rencontre de son auteur, pour mieux connaître celle qui décrypte à travers les petites choses de la vie quotidienne, ce qui la lie si profondément à Shanghai et à la Chine. 

 

La passion du dessin depuis toujours

Lucie Guyard est née il y a 32 ans en Martinique, où son père, professeur de français, avait été muté. Avec sa jeune s?ur, elle y a passé toute son enfance, avec bonheur et insouciance, sans connaître un seul Noël sous la neige ! Et déjà, Lucie dessine, en toutes occasions. Après son baccalauréat, elle fait une école d'arts visuels, toujours en Martinique, et c'est sur les bancs de cette école que naît La Ptite Lu, en noir et blanc tout d'abord, comme passe-temps et porte-parole de ses humeurs. Déjà Lucie est une grande admiratrice de Sempé et Claire Bretécher. Plus tard elle s'intéressera à deux illustratrices à succès, Margaux Motin et Pénélope Bagieux.  En 2005, elle part, avec sa s?ur, à l'assaut de la métropole et de Paris pour y trouver du travail. Le premier contact fut rude, un vrai choc culturel : l'hiver est rigoureux, pas d'amis, ni de travail? Mais très vite, l'énergie reprend le dessus ! Un premier job chez PIXmania, en alternance avec une formation, lui fait découvrir le monde du web, "des débuts assez ingrats mais tellement formateurs !". Puis en 2007, elle est recrutée par venteprivee.com, le site de vente en ligne qui explose. Là, le travail est beaucoup plus créatif, "l'ambiance était hyper cool, on prenait le temps de produire de la qualité, j'ai beaucoup appris en shooting photo, traitement de l'image etc". C'est à cette période que Lucie commence à voyager, en Europe, au Canada, mais pas d'Asie à l'horizon? Et La Ptite Lu grandit puisque Lucie crée son blog, pour rester en contact avec ses parents et ses proches, et en fait le terrain d'expression de son personnage désormais fétiche.


Shanghai, une opportunité et un vrai coup de c?ur !

Quand un ami, parti travailler à Shanghai, lui glisse qu'il y a de belles opportunités dans sa société pour de jeunes graphistes français, elle part découvrir la Chine, en roadtrip, pendant trois semaines. Shanghai, Pékin, Xi'An, le Yunnan, mais aussi d'autres régions, voyageant en train, au contact de la population, tentant de prendre le pouls de cet immense pays si méconnu. Et là, c'est le coup de foudre, la Chine, les Chinois, Shanghai? C'est décidé, elle veut y vivre ! Six mois plus tard, en 2010, elle débarque donc à Shanghai, avec un contrat en poche pour my fab (société de création de mobilier et design). Depuis, elle a changé deux fois d'employeur, il faut dire que son secteur d'activité est en pleine ébullition, testant ainsi l'ambiance start-up (chez Moodbyme), mais aussi celle des grosses sociétés de e-commerce (chez Glamoursales). Elle apprend beaucoup, rencontre des tas de gens, dirige une équipe entièrement chinoise, travaille énormément et vite, trop vite à son goût d'ailleurs? Côté c?ur, la Perle de l'Orient porte chance à Lucie puisqu'elle y rencontre son compagnon, malaisien d'origine chinoise et s'installe avec lui. Sa vie à Shanghai lui convient à merveille! "Même si je ne parle pas bien le mandarin, ce qui est très frustrant, une vraie barrière, j'adore ma vie à Shanghai, je m'y sens bien !"


Quand La Ptite Lu prend le dessus?

Pendant toutes ces années, Lucie travaille le jour et dessine la nuit. Après une pause accordée à son arrivée à Shanghai, La Ptite Lu se fait de plus en plus présente. Lucie publie ses aventures sur son blog, reçoit de plus en plus de messages encourageants, "et pas seulement ceux de mes parents, fans avant l'heure, mais peu objectifs, il faut le reconnaître !". Un ami, Jérémy, lui aussi fan, lui suggère alors de créer le compte Wechat de La Ptite Lu, ce qu'elle fait en 2014. Au début en anglais uniquement, puis anglais/français. Peu à peu, le nombre d'abonnés augmente. Le 14 juillet 2015, après sa publication du jour, un Chinois, professeur de français, la contacte pour lui proposer de traduire ses textes en mandarin, en échange de pouvoir publier ces histoires sur son propre compte. Banco, La Ptite Lu est maintenant trilingue ! Avec en relecteur attitré de la version française, le papa de Lucie?

Lucie s'est, à présent, mise à son compte et travaille en free-lance comme graphiste et illustratrice. Elle réalise des identités visuelles, c'est-à-dire du branding, des logos, du webdesign, des affiches et tout autre support visuel. Malgré le manque de sécurité de ce nouveau statut, elle apprécie de pouvoir se donner le temps de faire de la qualité. Et aujourd'hui, elle consacre ses journées à ses clients et ses soirées (nuits) à La Ptite Lu ! Mais attention, son meilleur argument commercial pour trouver de nouveaux clients, c'est sa mascotte ! Elle lui apporte de la visibilité et de fréquents contacts via son compte Wechat. Quelques exemples de clients récents : LE BORDELAIS (restaurant et marchand de vins bien connu des Shanghaiens), PARIS-SEINE (agence de voyages parisienne pour les touristes chinois), ou encore LONGCHAMP.

 


Le Top 3 de La Ptite Lu !


Parmi les publications récentes qui ont eu le plus de succès :

Les touristes chinois (paru le 22/08/2016) 

# Bonne Fête Nationale ! (paru le 14/07/2016) sur l'histoire du drapeau français

# Les 10 pires Français qu'on trouve à Shanghai ou à Pékin (paru le 16/11/2015). Un post rédigé en partenariat avec Francelysee.com et qui a rencontré un succès retentissant : 1.000 followers gagnés et 13.000 vues !

De quelques mots griffonnés
aux livres à succès !

Inspirées quotidiennement par l'observation de la vie des rues shanghaiennes, les histoires de La Ptite Lu passent d'abord par des mots, couchés sur un petit carnet au fond du sac de Lucie ! Vient ensuite un sérieux travail sur le scénario, pour en faire une séquence drôle, souvent ironique, au second degré (le fameux humour français !), mais qui se veut toujours bienveillante. Lucie publie une fois par semaine minimum, en général le lundi, et si jamais elle est en retard, elle reçoit de nombreuses réclamations de ses followers !

Cela représente un sacré travail maintenant : une histoire lui prend entre deux heures et? trois jours à réaliser ! Par exemple, le récent post sur Les touristes chinois lui a pris trois jours, elle a réécrit trois fois le texte, voulant être sûre de ne pas choquer, de ne pas sembler agressive. Les réactions des lecteurs furent d'ailleurs nombreuses côté chinois : certains tentaient d'expliquer et d'excuser les comportements de leurs compatriotes, alors que d'autres les critiquaient avec encore plus de virulence ! En revanche en France, sur topito.com (site web spécialisé dans les classements humoristiques type top 10), elle s'est faite accuser de racisme. Question de point de vue?

Où trouver
La Ptite Lu Made in China
volume 2 ?


- A la librairie française L'Arbre du Voyageur

- A partir du 10 octobre prochain sur son Wechat shop, avec livraison à domicile

- Et bien sûr, La Ptite Lu sera présente sur de nombreux marchés d'ici Noël ! (Infos à suivre sur son compte Wechat)

Le volume 1 de La Ptite Lu Made in China, édité d'abord via une plate-forme d'autoédition, puis avec Pixalib, était en quelque sorte un coup d'essai : 130 exemplaires imprimés en 2014 puis 200 en 2015, tout est parti en quelques mois ! Aujourd'hui encore, on le lui réclame. Une réimpression est d'ailleurs prévue cet automne. Le volume 2, sorti le 7 septembre dernier, semble promis à un succès encore plus large. Son compte Wechat compte tout de même 10.000 followers à présent (contre 2.000 en 2015) !

 
Et demain, La Ptite Lu hors de Chine ?

Même si elle n'est pas née en Chine, la mascotte de Lucie est intrinsèquement liée à ce pays, à ses habitants, aux communautés francophone et chinoise qui l'apprécient beaucoup. "J'ai pas mal voyagé en Asie, j'ai beaucoup aimé le Japon, le Vietnam, Bali, mais je ne suis pas sûre de pouvoir y vivre", nous confie Lucie. "J'aime Shanghai car la vie y est facile et simple" poursuit-elle, "j'aime les Chinois car ils sont ouverts, attachants, curieux, j'aime la Chine car je suis dépaysée et surprise chaque jour encore ! Je me sens chez moi car c'est ici chez moi?"

A la fois légères et profondes, Lucie et (est) La Ptite Lu se plaisent donc à Shanghai et ne semblent pas prêtes d'en partir?pour le plus grand bonheur de tous leurs fans !

La Ptite Lu sur les réseaux sociaux :

- Wechat : LaPtiteLu
- Facebook : https://www.facebook.com/laptitelu
- Son blog : pour les gens qui ne vivent pas en Chine (et tout particulièrement la maman de Lucie !) http://www.lucie-guyard.com/blog/en/
- Instagram : https://www.instagram.com/la_ptite_lu/
- Et pour voir ce que Lucie sait faire, en dehors de La Ptite Lu, son site professionnel :
http://cargocollective.com/lucie-guyard


Crédits photos et illustrations : Lucie Guyard

Delphine Gourgues lepetitjournal.com/shanghai Lundi 19 septembre 2016

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