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ECONOMIE - Le train chinois peine en côte

Par Le Vent de la Chine | Publié le 21/01/2019 à 09:24 | Mis à jour le 21/01/2019 à 18:25
Photo : Crédit Richard Barton
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L’économie se met à tousser. La ville de Canton manque son objectif de 7,5% de croissance de son PIB en 2018, 1 point de moins qu’attendu. Et pour 2019, les perspectives sont moroses : sur 12 municipalités ou provinces ayant publié leurs prévisions de croissance, 8 réduisent leurs objectifs. Le Xinjiang en tête, 5,5% contre 7% en 2018. En tant que capitale, ne pouvant se permettre un repli si calamiteux, Pékin retranche 0,5%  à l’objectif, à 6%. Mais le maire Chen Jining se demande comment mener l’intégration de la grande région 京津冀 « Jing-jin-ji » (Pékin-Tianjin-Hebei), le transfert de la mairie à Tongzhou, le chantier des JO de 2022, les festivités du 70ème anniversaire de la R.P. de Chine, avec un budget tronqué de 5%.

Le commerce extérieur s’est mieux comporté (+12,9% d’import, +7,1% d’export), grâce à un bon début 2018 et aux commandes anticipant la guerre commerciale. Mais l’embellie n’a pas duré : en décembre, l’export a reculé de 4,4% et l’import, de 7,6%… Les ventes automobiles ont aussi accusé le coup, avec –6% en 2018 — le premier déclin depuis 28 ans.

Et encore, la crise aurait mordu davantage, si l’Etat n’avait permis aux banques de mitiger l’effet des rétorsions américaines, en injectant pour 2400 milliards de $ de prêts, +13,5% par rapport en 2017. Ce mois-ci, obéissant au Premier ministre Li Keqiang, la Banque Centrale abaissait les réserves des banques (5ème coupe depuis janvier 2018), débloquant pour 220 milliards de $ de prêts aux PME. Mais l’Etat veut éviter de dépanner l’économie et les conglomérats par l’octroi d’un méga-stimulus, comme il l’avait fait en 2008.

L’idée est d’agir par coupes fiscales, estimées par J.P.Morgan à 300 milliards de $, soit 1,2% du PIB, un volume amélioré par 29 milliards de $ d’allègement au bénéfice des PME.

En même temps pourtant, stabilité sociale oblige, Pékin maintient les chantiers d’infrastructures : 125 milliards de $ iront en 2019 à 6.800 km de nouvelles lignes ferroviaires (3.200 km en TGV), 9 lignes de métro ou lignes péri-urbaines à Shanghai, et 8 à Wuhan. Suivront trois aéroports en Mongolie Intérieure, Shaanxi, Jiangsu et Hubei, pour 15 milliards de $, et un barrage à 4,6 milliards de $ sur la rivière Jinsha (Sichuan).

Pékin se soucie aussi de relancer la consommation, qui chutait en 2018 de 95 milliards de $ par mois à 17 milliards en novembre. Sont annoncées des subventions à l’achat d’électroménager, de voitures (dans les campagnes), et de véhicules électriques (NEV). Au Hebei, les édiles envisagent de booster la consommation, en offrant aux fonctionnaires leur vendredi après-midi. Le plan ne fait pas l’unanimité, dénoncé comme un énième privilège aux ronds-de-cuir, au préjudice des simples citoyens !

 

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