Dimanche 23 septembre 2018
Santiago
Santiago
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

PSYCHOLOGIE- +55 ans, les femmes sur tous les fronts

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 02/08/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 13:14

Notre psychologue franco-chilienne Eliana Rahal qui exerce à Santiago après avoir longtemps travaillé en France, se penche aujourd'hui sur un cas souvent rencontré dans son cabinet : le stress des femmes de plus de 55 ans, à la fois "mères de", "filles  de" et souvent "mamie" ;  elles s'occupent de tout le monde !

 

(photo Terrafemina)

"Je ne veux pas parler de ce que l'on lit si souvent, à savoir qu' "à présent les femmes de plus de 55 ans sont jeunes"  "l'âge doré après 55" ou "comment rester attrayante après 55 ?", nous prévient Eliana Rahal. "Je voudrais dire quelques mots sur le poids qui pèse souvent sur  les femmes après cet âge, car j'entends souvent leurs plaintes dans mon cabinet.
On vit plus longtemps et dans de meilleures conditions à présent que dans le passé. C'est une bonne nouvelle. Mais quelle corvée pour les filles de ces personnes très âgées et dépendantes !  S'occuper de leur santé, de leur bien-être quotidien,  les soigner quand elles sont malades, les accompagner pour qu'elles ne soient pas seules? cela fait partie du travail "normal" attendu, par la société, surtout au Chili, de la part des filles, surtout elles,  qui ont des parents qui vivent vieux. Or, quoique l'on fasse, ils seront difficilement contents, car c'est l'âge qui les rend malheureux. Double frustration
!"
"Mais ce n'est pas tout , ajoute t-elle, les femmes de plus de 55 ans  ont des enfants qui ont besoin d'elles, matériellement ou/et affectivement. Elles les écoutent dans leurs malheurs, (un peu moins dans leur bonheur), elles sont  toujours disponibles pour eux et si elles ne le sont pas, elles sont condamnées à recevoir les "tu n'as jamais le temps pour m'aider", "tu ne m'écoutes pas " avec le sentiment de culpabilité inévitable qui accompagne ces reproches.
Dans l'ombre des enfants, se profile celle des petits-enfants :  "maladies, vacances scolaires, devoirs, week-end en amoureux des parents?les mamies sont supposées toujours prêtes !. Ce besoin est vécu par la grand-mère ? et aussi par les parents des petits enfants - comme un devoir, souvent agréable mais pas toujours. Alors, pointe la culpabilité quand la grand-mère ne peut pas répondre à ces demandes ou inégalement par rapport à tous ses petits-enfants !Résultat un stress qui se traduit parfois par une sensation d'angoisse, de fatigue, des insomnies? "

Que faire ?

Impliquer les conjoints. Une première mesure à prendre serait celle d'impliquer un peu les conjoints. Peut-être ont-ils ont besoin de se sentir utiles, de sentir qu'on ne laisse pas de côté leurs  besoins affectifs. Et même s'ils ne ressentent pas le besoin, il faudrait les aider à développer leur affectivité et les faire comprendre qu'ils ont aussi des devoirs envers les leurs.

Apprendre aux enfants à respecter l'intimité de leur mère et son droit à avoir une vie à soi
. Leur faire comprendre, à travers des conversations sereines et dans des moments propices, que la vie d'une femme ne se limite pas à la maternité, que l'amour maternel est présent, même si la mère s'intéresse aussi à d'autres choses qu'à ses enfants.

Travailler son propre sentiment de culpabilité, sentiments qui probablement ont toujours étés présents. C'est un travail difficile, long et qui demande une grande force de volonté, mais à la fin elles peuvent gagner tellement en sérénité, en joie de vivre et ? chose fondamentale ? dans la  relation avec leurs enfants.

Eliana Rahal (elianarahal@gmail.com) Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. avec Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com Santiago) mardi 2 août 2011

logofbsantiago

Lepetitjournal Santiago

L'édition de Santiago de Lepetitjournal.com, le média des Français, des francophones et des francophiles à l'étranger
0 Commentaire (s)Réagir
Sur le même sujet