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FEMME EXPAT #1: “L’expatriation, c’est une question d’état d’esprit”

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 04/06/2018 à 01:04 | Mis à jour le 25/09/2018 à 00:56
Photo : Photo by rawpixel on Unsplash
femme-expat Chili

Nouveau rendez-vous du PetitJournal Santiago, “Femmes Expat” dresse le portrait de ces Françaises et francophones venues vivre au Chili, qu'elles soient initiatrices de ce changement de vie radicale ou comme dans 9 cas sur 10, "conjoint suiveur". Le premier portrait est consacré à Emilie Coupry, qui en prenant en charge la création du Club VIE de Santiago, a su mettre sa première expatriation au service de sa carrière professionnelle.

 

C’est dans sa maison à l’architecture traditionnelle, située dans le quartier paisible de Vitacura qu’Emilie nous reçoit, un après-midi de semaine. “L'aînée est encore à l’école, j’ai mis mon fils devant un dessin-animé. On peut discuter tranquilles !” plaisante-elle à notre arrivée. Madeleines home-made et tasse de thé, cette originaire du Nord de la France au sourire chaleureux nous reçoit avec complicité et bienveillance. “C’est mon côté “Maman” !” dit-elle. 

Mère de deux jeunes enfants, Emilie est arrivée à Santiago comme beaucoup de Françaises l’ont été : par son mari. Salarié d’une multinationale, ce franco-espagnol se voit offrir en 2015 un poste de responsable marketing au Chili. Après concertation, le couple décide de se lancer et de s’expatrier en Amérique Latine. Coup de chance : Emilie se voit octroyer de son côté un congé sabbatique, permettant de sauter le pas sans avoir à démissionner. Car c’est un fait : cette Parisienne d’adoption aime passionnément son travail. Responsable des partenariats au sein du département VIE chez Business France, Emilie nous le confie sans détour “Je suis une passionnée du VIE, ça contribue au développement des jeunes, au rayonnement de la France à l’international. Je trouve ça passionnant !”.

Arrivée au Chili, les cartons déballés et les enfants scolarisés, certaines questions commencent toutefois à se poser. “Je me suis retrouvée dans cette grande maison, à Vitacura, sans métro à proximité, avec un espagnol pas très bon et des enfants qui n’ont pas école l’après-midi. Je me suis dit “Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?” se souvient-elle. Un point d’interrogation qu’elle transforme rapidement en plan d’action. “J’avais initié déjà quelques contacts à Paris et en accord avec ma hiérarchie, j’ai lancé le Club VIE de Santiago. On a créé une page Chili sur le site Internet du Club VIE, retrouvé les membres, organisé des afterworks...etc. Aujourd’hui, nous sommes 50 membres et j’en suis très fière.”

Car au-delà du projet en lui-même, cette activité, engagée bénévolement, permet à Emilie de continuer à exercer le métier qu’elle aime et surtout, de s’épanouir personnellement dans sa nouvelle vie d’expatriée. “Je suis quelqu’un qui a besoin de mouvement et de dynamisme. Je suis restée très active sur les réseaux sociaux, j’ai développé des contacts...etc. Mon travail, c’est vraiment quelque chose qui m’anime.” explique t-elle, avant d’approfondir son analyse. “C’est aussi, inconsciemment, une forme de reconnaissance, car quand on est mère au foyer, notre travail domestique n’est malheureusement pas suffisamment reconnu.” déplore-t-elle. 

Et quand on lui demande quel conseil donnerait-elle à une femme qui craint de devoir sacrifier sa carrière pour son conjoint, Emilie recommande avant tout la concertation. “Il ne faut pas se forcer, sinon on part pour les mauvaises raisons.” Mais pour cette expat’ résolument active, c’est la force de caractère et la motivation qui se révèlent les véritables clés d’une expatriation réussie. “Après, c’est sûr que c’est un changement de vie, qu’il faut s’y préparer. Mais si on est dynamique, on fera toujours des choses, même si ce n’est pas dans son domaine d’activité. Cela peut-être du bénévolat, de l’associatif. Le tempérament ne change pas.” Avant de conclure, non sans une certaine sagesse : “ L’expatriation, c’est vraiment une question d’état d’esprit.”

 

Auteur : Alexandra Pizzuto

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