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Entreprendre au Chili : le guide complet

Avec une économie stable et ouverte aux investissements étrangers, le Chili est l’une des destinations les plus attractives d’Amérique latine pour entreprendre. Mais créer une entreprise à l’étranger implique de naviguer entre les démarches administratives, la fiscalité et le choix du bon statut juridique. Lepetitjournal.com vous livre le guide complet pour vous lancer dans l’aventure entrepreneuriale au cœur de l’un des marchés les plus dynamiques de la région.

Photo du Drapeau du chiliPhoto du Drapeau du chili
Écrit par Jean Bodéré
Publié le 24 mars 2025

 

Le contexte économique au Chili

Avec une population de plus de 19 millions d’habitants, le Chili est l’une des économies les plus stables et ouvertes d’Amérique latine. Sa croissance moyenne de 2,5 % ces dernières années repose, entre autres, sur une forte attractivité pour les investissements étrangers. Son cadre juridique, ses accords de libre-échange avec de nombreuses puissances économiques et sa fiscalité compétitive en font une destination privilégiée pour les entrepreneurs souhaitant s’implanter en Amérique latine.

L’économie chilienne s’appuie sur trois piliers majeurs. Le secteur minier, moteur de l’exportation qui fait du Chili le premier producteur mondial de cuivre, un atout stratégique pour l’industrie technologique et énergétique. L’agro-industrie joue également un rôle clé, avec un climat diversifié permettant l’exportation de fruits, de vins et de produits de la mer vers l’Amérique du Nord et l’Europe. Enfin, les services financiers et technologiques connaissent un essor important grâce à Santiago qui devient un centre régional pour les fintechs et les startups.

 

 

photo d'une ville au Chili

 

 

Les visas pour entreprendre et travailler au Chili

Le Chili propose plusieurs types de visas permettant aux entrepreneurs et professionnels étrangers de s’installer et de développer une activité dans le pays. Le visa "sujeto a contrato" est destiné aux travailleurs étrangers recrutés par une entreprise chilienne. Il est valide aussi longtemps que le contrat de travail est en vigueur. Pour les entrepreneurs souhaitant investir, le visa temporaire d’investisseur permet de s’installer au Chili à condition que l’investissement soit approuvé par l’agence de promotion des investissements, garantissant ainsi une contribution au développement économique du pays. Enfin, pour ceux qui souhaitent explorer le marché avant de s’engager pleinement, le permis à entrées multiples pour affaires constitue une alternative flexible. Valable jusqu’à six mois par an, il permet aux entrepreneurs et investisseurs d’effectuer des études de marché, des négociations commerciales et des réunions sans nécessiter de permis de travail, facilitant ainsi les premières démarches d’implantation.

 

Les différents statuts juridiques pour créer son entreprise

Société à responsabilité limitée (SRL - Sociedad de Responsabilidad Limitada) : Ce type de structure est particulièrement adaptée aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux entreprises familiales. Il permet à un nombre limité d'associés (entre 2 et 50) de partager la gestion de l’entreprise, tout en limitant leur responsabilité aux apports effectués. Ainsi, les dettes de l’entreprise ne peuvent pas être réclamées sur le patrimoine personnel des associés. Mais la SRL est une structure relativement rigide, car toute modification des statuts ou cession de parts sociales nécessite l’accord unanime des associés, pouvant compliquer l’entrée de nouveaux partenaires.

Société par actions (SpA - Sociedad por Acciones) : Souvent prisée par les startups et les entreprises en phase de croissance, elle permet la création de l’entreprise par un seul associé, ce qui en fait une alternative attractive pour les entrepreneurs individuels cherchant à développer une structure évolutive. De plus, les actions peuvent être facilement transférées, facilitant ainsi l’entrée et la sortie des investisseurs. Contrairement à la SRL, où l’unanimité est requise pour les changements majeurs, la SpA autorise des décisions prises à la majorité, ce qui simplifie sa gestion et son expansion.

Société anonyme (SA - Sociedad Anónima) : Destiné aux grandes entreprises, ce type de structure permet une levée de fonds via la bourse mais elle exige que 10 % du prix d'émission des actions souscrites soient libérés en numéraire lors de la constitution de la société ainsi qu’une gouvernance stricte. Certaines activités spécifiques, comme l'import-export, peuvent aussi nécessiter un capital minimum.

Entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL - Empresa Individual de Responsabilidad Limitada) : Conçue pour les entrepreneurs individuels souhaitant protéger leur patrimoine personnel, elle permet, contrairement à l’auto-entreprise, de séparer les biens personnels de ceux de l’entreprise, réduisant ainsi le risque en cas de difficultés financières. Elle offre également des avantages fiscaux et administratifs, bien qu’elle soit plus simple à gérer qu’une SRL ou une SA. Toutefois, elle est moins adaptée aux projets nécessitant plusieurs investisseurs, car elle ne permet pas d’accueillir des associés.

 

 

Photo d'une montagne au Chili

 

 

Comment enregistrer son entreprise au Chili ?

 

1. Réservation du nom

Avant de créer une entreprise, il est indispensable de choisir un nom commercial unique. Cette dénomination doit être vérifiée et réservée via le Registro de Empresas y Sociedades (RES), qui permet d'assurer qu'aucune autre société n'utilise déjà ce nom. 

 

2. Rédaction des statuts

La rédaction des statuts définit le cadre juridique et organisationnel de l’entreprise. Le document doit inclure la raison sociale de l’entreprise, ainsi que la structure juridique choisie. Il est également essentiel d’y préciser le montant du capital social et sa répartition entre les associés ou actionnaires. Les règles de gouvernance, incluant les modalités de prise de décision et les pouvoirs de gestion, doivent être clairement établies afin d’assurer une bonne administration de l’entreprise. De plus, les statuts déterminent les droits et obligations des associés ou actionnaires, encadrant ainsi leur participation et leur engagement dans l’entreprise. Il est aussi recommandé d’indiquer la durée de vie de la société, qu’elle soit limitée ou illimitée. Une fois rédigés, les statuts doivent être notariés avant d’être déposés officiellement.

 

3. Enregistrement auprès du Registre du Commerce

L’entreprise doit être enregistrée pour obtenir un RUT (Rol Único Tributario), l’équivalent du numéro SIRET en France, indispensable pour toute activité commerciale. Il s’agit d’un identifiant unique nécessaire pour toutes les transactions légales et fiscales de l'entreprise, notamment la facturation et la déclaration des impôts.

 

 4. Inscription au fisc chilien

L’enregistrement auprès du Servicio de Impuestos Internos (SII) est obligatoire pour déclarer ses revenus et respecter les obligations fiscales locales.

 

5. Ouverture d’un compte bancaire professionnel

Un compte bancaire professionnel est nécessaire pour gérer les finances de l’entreprise. Pour ouvrir un compte, les banques chiliennes exigent notamment le RUT de l’entreprise, les statuts enregistrés, une preuve d’adresse commerciale et l’identité du représentant légal.

 

 

Photo des statues de l'île de Pâques

 

 

Le système fiscal chilien

Le Chili dispose d’un système fiscal compétitif et structuré, favorisant à la fois l’investissement national et international. L’impôt sur les sociétés est fixé à 27 % pour les grandes entreprises, bien que certaines PME puissent bénéficier de taux réduits selon leur chiffre d’affaires et leur régime fiscal. La TVA (IVA), appliquée à la majorité des biens et services, est fixée à 19 %, constituant une source importante de revenus pour l’État. Toutefois, pour encourager le commerce extérieur, le pays applique une politique d’exonération fiscale sur la plupart des produits destinés à l’exportation, réduisant ainsi les charges pour les entreprises tournées vers les marchés internationaux. Ce cadre fiscal, combiné aux nombreux accords de libre-échange signés par le Chili, en fait un environnement attractif pour les investisseurs étrangers.

 

Les ressources pour les entrepreneurs au Chili

Pour les entrepreneurs français souhaitant s’implanter au Chili, plusieurs organismes et institutions offrent un soutien précieux à travers des conseils, des incitations fiscales et des services de mise en réseau.

 

CORFO (Corporación de Fomento de la Producción)

CORFO est l’agence gouvernementale chilienne dédiée au développement économique et à l’innovation. Elle joue un rôle clé dans le soutien aux startups et PME grâce à un large éventail de subventions, financements et aides à l’innovation. Parmi ses dispositifs les plus attractifs, on trouve des programmes de cofinancement pour les jeunes entreprises technologiques, des crédits à taux préférentiel pour les PME et des incitations fiscales pour les entreprises investissant dans la recherche et le développement.

 

InvestChile

InvestChile est l’agence publique chargée de l’attraction et de la facilitation des investissements étrangers au Chili. Elle propose un accompagnement sur mesure aux entreprises internationales, allant de la mise en relation avec des partenaires locaux jusqu’à l’identification des opportunités d’affaires dans des secteurs stratégiques, leur permettant d’accéder à des programmes d’incitation gouvernementale et de bénéficier d’un soutien dans leurs négociations avec les autorités locales.

 

 

Photo d'une plaine au Chili

 

 

Chambre de Commerce France-Chili (CCIFC)

La Chambre de Commerce et d’Industrie France-Chili (CCIFC) facilite l’intégration des entrepreneurs tricolores grâce à un réseau d’affaires solide, en mettant en relation les acteurs économiques français et chiliens. La CCIFC propose également des conseils juridiques et fiscaux, des services de domiciliation d’entreprise, ainsi que l’organisation de conférences et d’événements de networking pour favoriser les échanges entre les différents acteurs économiques.

 

Le Service Économique de l’Ambassade de France au Chili

Le Service Économique de l’Ambassade de France au Chili joue un rôle clé dans la coopération économique bilatérale entre la France et le Chili. Il assure une veille économique et réglementaire et accompagne les entreprises françaises en leur fournissant des informations stratégiques sur les secteurs porteurs et les opportunités d’investissement. Ce service est également un relais institutionnel pour les entreprises en cas de besoin d’interaction avec les autorités locales et gouvernementales.

 

Business France Chili

Business France est l’agence nationale dédiée au développement international des entreprises françaises. Son antenne chilienne accompagne les entrepreneurs et investisseurs français dans leurs démarches d’implantation, d’exportation et de développement sur le marché local. L’agence propose un service de mise en relation avec des partenaires et clients potentiels, des études de marché, ainsi qu’un soutien logistique et administratif pour faciliter l’installation des entreprises françaises au Chili.

 

Start-Up Chile

Start-Up Chile est un programme pionnier destiné à attirer les entrepreneurs internationaux et à faire du Chili un hub régional de l’innovation. Ce programme offre un financement non dilutif, du mentorat et un accès à un écosystème entrepreneurial dynamique pour les startups sélectionnées. Il a permis de faire émerger un réseau solide de jeunes entreprises innovantes, notamment dans le domaine des technologies, du digital et des énergies renouvelables.

  

Le réseau des Conseillers du Commerce Extérieur (CCE)

Les CCE sont des chefs d’entreprise et experts de l’international qui accompagnent les entreprises françaises dans leur expansion au Brésil. Grâce à leur expertise du marché, leurs contacts et leur connaissance approfondie du cadre réglementaire, ils aident les entrepreneurs à surmonter les obstacles liés à l’implantation et à optimiser leurs chances de succès.

 

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