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Condamné au Chili, réfugié à Paris : qui est Ricardo Palma Salamanca ?

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 05/11/2018 à 19:15 | Mis à jour le 05/11/2018 à 19:26
ricardo

Les relations diplomatiques franco-chiliennes prendraient-elles un (mauvais) tournant ? Vendredi 2 novembre dernier, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a accordé le statut de réfugié politique à Ricardo Palma Salamanca. Problème ? Cet ancien membre du FPMR*, branche armée du parti communiste chilien, a été reconnu coupable par la justice chilienne du meurtre de Jaime Guzman, sénateur et fondateur de l’UDI, parti ultra-conservateur créé au début des années 1980.


Arrêté en 1992, Ricardo Palma Salamanca s’échappe de prison 4 années plus tard, au terme d’une évasion spectaculaire en hélicoptère. S’en suivent 21 années de cavale, qui s’achèvent en juin 2017 à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, à Paris, où le fugitif, son épouse et leurs deux enfants tentent de rentrer sur le territoire français en demandant le statut de réfugié politique. Interpellé en février 2018, puis assigné à résidence par la justice française, sur demande du Chili, Ricardo Palma Salamanca fait dès lors l’objet d’une demande d’extradition, réitérée par la Président Piñera lors de sa visite à Paris début octobre. “Ce que le Chili veut est très simple : qu’il puisse revenir au Chili où il a été jugé et condamné pour un acte terroriste.” avait alors commenté le Président chilien. Le verdict devait être rendu le 10 octobre dernier, il a finalement été reporté.

Vendredi dernier, l’OFPRA publie sa décision et accepte la demande d’asile, octroyant à tous les membres de la famille Salamanca une carte de résident sur le territoire français, valable 10 ans. Les motifs avancés ? Principalement ceux de la défense de l'ancien opposant, aujourd’hui âgé de 49 ans, qui avance des aveux réalisés sous la torture lors de son arrestation, ajoutant que "Pinochet était toujours le commandant en chef de l’armée chilienne” à l'époque. 

De quoi provoquer un certain agacement du côté du gouvernement chilien qui a tout simplement demander à la France “d’annuler cette décision”. De son côté, l’Ambassade de France au Chili a publié un communiqué de presse soulignant que l’OFPRA « est un organisme public qui statue en toute indépendance, dans le cadre de la loi française, concernant les demandes d’asile qui lui sont soumises ». Quant à la cour d’appel de Paris, elle examinera la demande d’extradition le 12 décembre prochain.



*Front Patriotique Manuel Rodriguez

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