

Au premier comme au second tour, à Santiago, Osorno et Concepción, les trois bureaux de vote mis cette année à leur disposition, les Français ont largement accordé leur confiance à Nicolas Sarkozy. En dehors d'affinités idéologiques avec son programme, Hubert Porte, bien connu des milieux d'affaires franco-chiliens, nous rappelle l'intérêt historique du RPR -dont est largement issu l'UMP pour les Français de l'étranger, qui dès 1976 nommait des représentants dans les principaux pays.
Vendredi dernier, alors que "rien n'était encore joué"selon l'expression chère à l'entourage de Nicolas Sarkozy, Hubert Porte, jeune papa de l'APFE (Assurance prospection des Français de l'étranger), pour laquelle il s'est battu à Bercy, du temps où un certain Nicolas Sarkozy était aux commandes du ministère des Finances, nous exposait les attentes, et les priorités de cette large majorité de Français du Chili
L'exemple fiscal chilien
En tête des urgences, selon lui, la réduction de la dette publique : "Les Français ne se rendent pas vraiment compte, mais nous sommes assis sur une vraie bombe à retardement", commente Hubert Porte, se félicitant de la promesse faite par son candidat de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, afin de revenir au nombre de fonctionnaires de 1992. Il cite en cela les comptes publics, bien mieux gérés par le ministère des Finances chilien. L'Etat n'y a purement et simplement pas droit à un déficit car l'excédent fiscal est une obligation constitutionnelle chiilienne.
Travailler plus pour gagner plus
En seconde position, il se félicite de la libéralisation du travail, promise par Nicolas Sarkozy. Lui aussi est partisan du "travailler plus pour gagner plus", selon le cercle vertueux d'une augmentation du pouvoir d'achat qui agit sur la consommation donc sur la croissance et donc sur l'emploi. Il cite au passage le chiffre de 500.000 emplois non pourvus en France, justifiant, selon lui, un contrôle plus ferme des vrais/faux chômeurs. "Si en France, les salariés sont trop protégés, ils ne le sont pas assez au Chili", tempère cependant Hubert Porte.
Respect et mérite à l'école
Concernant les retraites, il souligne la différence entre le système chilien, par capitalisation et le système français par répartition. Ce dernier doit être aménagé : il est tout à fait d'avis de supprimer l'avantage consenti à certains fonctionnaires ( régimes spéciaux) de partir au bout de 37 ans et demi de cotisation seulement, ce qui devrait permettre d'augmenter les petites retraites de 25%. Par ailleurs, il déplore le peu d'engouement des Français, faute d'informations, pour l'épargne volontaire en vue de mieux préparer leur retraite.
Enfin, il conclut par un sujet qui lui tient personnellement à c?ur : l'éducation, avec le souhait partagé là aussi avec Nicolas Sarkozy, de "voir revenir à l'école des notions perdues, comme le respect ou le mérite".
Beaucoup d'heures supplémentaires donc à prévoir pour le nouveau Président qui aime "la France qui se lève tôt. Il va lui falloir de la patience et du courage dans un pays difficile à réformer", conclut Hubert Porte.
Propos recueillis par Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 7 mai 2007
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