

Marion et Rémi on choisi un voyage de noces atypique en s'engageant dans une action sociale d'accueil des immigrés au Chili, guidés par leur foi et leur soif d'aventure
(photo H.G. LPJ)
Rémi et Marion Thiollier, 27 et 24 ans, sont au Chili depuis le 1er septembre 2007. Un drôle de voyage de noce pour ce couple catholique, infirmiers de formation tous les deux. Ils travaillent à plein temps pour l'Institut catholique de l'immigration (INCAMI) dans l'accueil des immigrés : lui dans l'administration comme comptable, elle comme assistante sociale à la maison d'accueil des femmes.
Le foyer octroie gîte (une trentaine de lits) et couvert pendant une semaine aux immigrés et les familiarise avec la culture chilienne. La paroisse latino-américaine et italienne, créée initialement pour les italiens en 1955 par la congrégation du prêtre italien Giovanni Battista Scalabrini, s'est donnée pour mission d'aider les nouveaux arrivants au Chili (aujourd'hui majoritairement péruviens, boliviens, colombiens et haïtiens) à s'intégrer professionnellement et à se retrouver dans la foi.
Parcours partagé
Ces fervents participants des Journées Mondiales de la Jeunesse - partagées avec émotion - souhaitaient partir à l'étranger pour leur lune de miel. Guidés par leur foi, c'est naturellement qu'ils se sont engagés avec l'ONG Fidesco où ils ont été formés pendant 1 an : "C'est une ONG sérieuse et, à part le fait que nous partageons la même spiritualité, ce qui nous a le plus décidé, c'est le type de projets que réalise cette association : concret, local, durable et une organisation rigoureuse". Fides-co (en latin "foi et coopération") est une ONG française de solidarité internationale qui travaille prioritairement avec les Églises des pays du Sud, sans distinction de religion, d'éthnie ou de culture. D'ailleurs Rémi et Marion nous confient qu'ici "la plupart des personnes que nous recevons sont évangélistes, du moins souvent de cultes différents de celui de la paroisse, mais ça ne pose pas de problèmes car il y a une grande tolérance et ce n'est même pas un sujet de discussion" et ajoute gaiement qu'ici c'est "ensemble pour le social".
Le travail fait par l'association n'est pas celui d'une agence pour l'emploi quelconque : les employeurs sont informés sur leurs devoirs envers leurs futurs employés et vice-versa, l'éthique tient une place centrale dans les valeurs abordées. L'idée est de les orienter, de promouvoir leurs droits et de les aider dans leur insertion, avec des cours de cuisine par exemple et surtout les mettre "en contact avec des employeurs potentiels". Le jeune couple qui met toute son énergie dans un emploi du temps chargé, nous révèle que c'est "vraiment épuisant parfois , psychologiquement parlant car il arrive toujours plus d'immigrés, souvent dans des situations dramatiques. Mais il y a aussi de très beaux moments...Lorsque je vois une femme retrouver le sourire et sa dignité". Rémi, qui déplore "en travaillant ici, nous connaissons plus d'étrangers que de chiliens !" , s'est engagé auprès la 4ème compagnie des pompiers (qui sont tous bénévoles au Chili) la "Pompe France"de Santiago pour "respirer un peu" !
Héloïse Grasset (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 16 février 2009.{mxc}





