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RENCONTRE - Le "Théâtre du soleil", rien à voir avec le "Cirque du soleil"

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Liliana Andreone, chargée des relations publiques du Théâtre du Soleil, mythique troupe parisienne, est venue présenter la semaine dernière à Santiago, cette compagnie si particulière, en préparation d'une pièce qui devrait être l' évènement  du festival de théâtre "Santiago a mil" en 2012. L'occasion pour Lepetitjournal.com de rencontrer Andrea Marchant, comédienne chilienne de 33 ans, récemment incorporée à la troupe


Les éphémères , création 2006 du théâtre du Soleil (Photo DR)

Dans les années 1960, dix jeunes passionnés, dont Ariane Mnouchkine, décidaient de proposer un "autre théâtre". Ils créent alors la troupe du Théâtre du Soleil, installée depuis à La Cartoucherie, usine désaffectée en plein c?ur du bois de Vincennes, tout près de Paris. Encore aujourd'hui, la compagnie est un OVNI, reconnu mondialement, dans le monde du théâtre. De l'écriture de la pièce à l'accueil des spectateurs par la troupe, les méthodes de travail sont inédites. Ariane Mnouchkine, exigeante metteuse en scène, se base sur les propositions des acteurs. Pour Les Naufragés du Fol Espoir, leur dernière création, quelques scènes ont été écrites à partir d'un mystérieux roman posthume de Jules Verne, puis les comédiens laissent libre cours à leur imagination et à leur interprétation pour créer le reste du spectacle. Chaque pièce est en fait le résultat d'un travail collectif et les 80 personnes de la compagnie touchent le même salaire. "On travaille tous ensemble et sur tous les fronts", explique Andrea. En effet, monter la pièce n'est pas la seule attribution des comédiens. Ménage, décors, maquillage : les acteurs sont polyvalents et passent par tous les postes. Par exemple, Andrea a commencé par prendre les réservations avant de faire partie du spectacle et chaque soir de représentation, les comédiens jouent les serveurs pour accueillir les spectateurs venus dîner à La Cartoucherie avant d'assister à la pièce. Cette proximité avec le public résume tout l'esprit du Théâtre du Soleil.

La jeune chilienne Andrea Marchant fait partie du Théâtre du soleil, depuis 2009 (Photo A.M.F.)

Détermination


Un esprit qui a littéralement envoûté Andrea à son arrivée en France, en 1999, lorsqu'elle a assisté à la pièce Tambours sur la digue de la troupe. Par la suite, la comédienne a joué avec plusieurs petites compagnies en gardant toujours la même envie pour le Théâtre du Soleil. En 2002 et 2008, elle a participé à deux stages à La Cartoucherie avec les membres de la compagnie : "Après mon dernier stage, je ne pouvais pas quitter ce lieu et ces gens, alors j'ai aidé à ranger le matériel utilisé pendant le stage", raconte la comédienne. Une semaine plus tard, un autre stage commence. Elle va tout faire pour y participer, même convaincre en personne l'imposante Ariane Mnouchkine. "J'étais tellement impressionnée ! Mais je n'avais rien à perdre", se souvient Andrea.  La directrice refusera d'abord mais devant son insistance, elle acceptera sa présence en tant qu'observatrice. Mais Andrea s'est vite rendue utile en aidant à coiffer et à maquiller. Une fois un pied à La Cartoucherie, elle observera aussi le processus de création de la pièce Les naufragés du Fol Espoir en 2009. "Au final, j'étais sept jours sur sept à La Cartoucherie", raconte-t-elle.
Sa détermination finira par payer. En décembre 2009, Ariane Mnouchkine lui propose de s'occuper de la poursuite, un éclairage qui suit les comédiens, pour Les naufragés du Fol Espoir. "C'est à partir de là que je suis vraiment rentrée dans la compagnie et que j'ai commencé à faire partie du spectacle", sourit Andrea. Comme rien ne se fait normalement au Théâtre du Soleil,  tous les soirs de représentation, c'est en costume sur une tour au milieu du public, qu' Andrea gère la "poursuite". Maintenant, il ne reste à Andrea qu'une étape à franchir : "J'aimerais vraiment être prise pour un rôle dans la pièce mais je ne sais pas si j'en serais capable de travailler comme eux dans la pratique", explique-t-elle. Avant d'ajouter "Au bout de onze ans de quête théâtrale, j'ai enfin trouvé mon chemin et un maître avec qui travailler". Une place "Au soleil" en quelque sorte !

Morgane Rous (www.lepetitjournal.com Santiago) mardi 10 août 2010

logofbsantiago
Publié le 10 août 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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