

Jérôme Reynes est arrivé il y a 12 ans au Chili, un mois de janvier. En octobre, il avait déjà ouvert sa première affaire: La fameuse boulangerie Le Fournil, 7 succursales aujourd'hui. Dans le cadre des activités de la chambre de commerce franco-chilienne, dont il est membre du conseil d'administration, il partageait récemment son expérience, avec de jeunes entrepreneurs
Le 25 novembre dernier, Jérôme Reynes a participé à la rencontre mensuelle d'entrepreneurs ? Encuentro de Emprendedores ? de la Chambre de Commerce Franco-Chilienne, dont le but est de partager les expériences de business. Le créateur de l'événement français « La Semaine du Goût », et oui !, a débarqué au Chili en 1997 avec le célèbre artisan boulanger Christian Vabret. La même année, ils ouvrent le restaurant et boulangerie française Le Fournil. L'affaire a très vite bien démarré, avec des hauts et des bas toutefois. Jérôme Reynes fait remarquer notamment le problème du « robo hormiga », expression chilienne ("vol fourmi") qui désigne les petits larcins quotidiens qui se transforment en tonnes de marchandises en fin de mois. Aujourd'hui Le Fournil compte 7 succursales et 80 employés triés sur le volet.
Son parcours
A peine diplômé de l'ESSEC, il part faire son service militaire dans la marine. En sortant, il crée avec quelques amis le 1er Championnat de Boomerang, avec des battles sur les grandes plages françaises, la finale à Paris et une batterie de sponsors. Sans rien gagner financièrement mais profitant de la couverture médiatique, Jérôme récolte ses premiers grands clients pour ouvrir son agence de pub. La boite grandit, elle reçoit le prix de « 1ère agence de France » et il est temps de réaliser son premier « buy out », revente de l'entreprise. Passionné de gastronomie, il décide de se lancer dans l'ouverture d'un restaurant mais pas en France où il est déjà connu pour la publicité. Il s'envole alors pour le Chili, attiré par la forte croissance du pays « le Taiwan d'Amérique Latine », pour sa grandissante demande en produits nouveaux et pour être le 3ème consommateur mondial de? pain ! Jérôme Reynes souligne d'ailleurs qu'à cette époque le Chili était moins bureaucratique : « maintenant il faut être armé de papiers en tous genres pour parer aux nombreux contrôles ». Jérôme Reynes a également ouvert en l'an 2000 le 1er restaurant haut de gamme de parrillada du Chili ? El Cuerno de Vaca ? qui a été à ce jour sa meilleure affaire, dit-il.
Quelques conseils en tant qu'entrepreneur aguerri ?
« Tout d'abord il faut avoir un partenaire financier solide, savoir valoriser ses passifs et ses actifs, de préférence acheter un local que de le louer et TOUJOURS se méfier de son comptable ! Ensuite, il est important d'avoir sa marque et tous les documents légaux bien en ordre. Enfin, il faut faire attention à l'embauche du personnel : un test psychologique et la vérification des références évitent pas mal de mauvaises surprises. Autre chose : la qualité du service est primordiale ! » Jérôme Reynes note aussi qu'il vaut mieux parfois avoir une part minoritaire dans l'entreprise et se partager les soucis avec une bonne équipe.
La conséquence de la crise ? Pas énorme sur son commerce car, bien que la consommation soit en baisse, le pain reste un produit de base de notre panier. Selon lui, cela est peut-être l'occasion de « repenser le capitalisme », de revoir notre manière de consommer pour évoluer dans un monde plus sain.
En attendant, il explore un autre univers: la littérature. « Mayonnaise de luxe » pourrait être le titre de son thriller gastronomique fraîchement écrit . On ne peut que lui souhaiter qu' une fois de plus, la sauce prenne.
Héloïse GRASSET (www.lepetitjournal.com Santiago) le lundi 8 décembre 2008{mxc}





