Édition internationale

RENCONTRE – Coline Lyphout ou l’engagement écologique au féminin

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 novembre 2012

 

Fille d'agriculteurs du sud de la France, Coline Lyphout se passionne pour la solidarité internationale lors de ses études en gestion et protection de la Nature. Par la suite, elle construit sa réflexion au travers de nombreux voyages, avant de venir s'installer au Chili, dans la ville de Valdivia. Toujours dynamique et pleine de projets, elle s'occupe activement du fonctionnement d'un jardin agroécologique ouvert à la communauté Valdiviana. Un projet écologique original et audacieux, qui prendra toutefois fin, contre son gré, au mois de juin prochain?


Coline Lyphout a 25 ans. Curieuse de nature et de la nature, cette française originaire du sud de l'Hexagone, accompagne depuis toute petite ses parents paysans dans le quotidien de la ferme. Une fois ses études en environnement terminées, elle se consacre aux voyages, dans l'objectif de partager ses connaissances en matière de développement durable, mais aussi et surtout d'apprendre en retour. Après s'être rendue en Espagne, au Burkina Faso, en Angleterre, en Pologne, au Costa Rica et au Maroc, elle pose finalement bagages au Chili, à Valdivia, il y a 4 ans de cela. Venue travailler en tant que volontaire à l'Université de Villarica, elle y a rencontré son actuel compagnon, lequel habitait Valdivia. Finalement, et par hasard, la flèche de cupidon a donc fait virevolter la belle, au c?ur de cette ville chilienne perdue d'entre les fleuves. Aujourd'hui, elle a encore du mal à se faire à la vie citadine, elle qui a grandi entre les vaches, les ânes, les cochons et les moutons : en pleine campagne ! Ainsi, toujours en porte-à-faux entre ici et sa campagne française, la jeune femme se compare, sans complexe, à une semence créole (variété de semences venues d'ailleurs, mais se sont adaptées au sol dans lequel elles se trouvent actuellement plantées). "Tous les gens qui partent vivre loin de chez eux sont en permanence dans un étirement culturel? Telle la semence créole, nous ne sommes ni d'ici ni de là-bas, car nous nous sommes adaptées.", raconte t-elle, un brin d'émotion dans la voix. L'un de ses échappatoires n'est alors rien d'autre qu'un jardin agroécologique (le jardin San Francisco), qu'elle et son groupe associatif ont commencé à développer au c?ur de la ville, il y a 3 ans et demi.


Le jardin San Francisco menacé (photo L. T)

Le jardin San Francisco, "Comme un arbre dans la ville, entre béton et bitume... "
Coline nous explique que le jardin San Francisco est un projet associatif, visant à créer un centre communautaire autour de différents thèmes, comme l'agriculture biologique, l'alimentation, la culture, l'éducation, et bien sûr l'environnement. L'idée de départ était donc de développer un lieu multidisciplinaire, où les gens puissent se rencontrer, discuter, apprendre, venir jardiner un moment pour évacuer les soucis du quotidien, ou encore suivre, au sein d'une maisonnette construite à base d'argile, des ateliers de percussions, de théâtre ou de yoga. En fait, précise t-elle, l'agroécologie ce n'est pas juste un mouvement qui vise à associer le développement agricole à la protection de l'environnement. C'est aussi un état d'esprit, une idéologie et une philosophie à transmettre. Elle poursuit en expliquant que la situation du jardin, au milieu du centre-ville, donne un autre sens au projet. Ce ne serait pas la même chose si le jardin était en pleine campagne. En pleine campagne, ce serait un lieu plus productif en terme agricole, mais beaucoup moins en terme de rencontres. A l'heure actuelle, il existe bien une certaine production agricole, mais le sens du jardin reste principalement pédagogique. Le projet accueille par exemple des écoles, bien qu'il soit en fait (comme l'annonce le panneau d'entrée) ouvert à tous les curieux et amoureux de la nature en général !

Pourtant, en juin prochain, Coline, son compagnon, et les 8 volontaires qui travaillent maintenant avec eux, vont être contraints d'abandonner ce projet associatif, lieu de rencontre et d'espoir des écolos de la ville. En effet, il y a une semaine, le propriétaire du lieu leur a annoncé qu'il ne souhaitait pas renouveler le prêt du terrain, pour que le projet puisse continuer. Un coup dur pour Coline Lyphout et l'association du jardin San Francisco, qui travaillent dur depuis 3 ans et demi afin de développer ce cocon de verdure valdiviano. Espérons simplement qu'à cet audacieux projet ne se substitueront pas des idées de constructions urbaines en tout genre... où le béton l'emporterait, encore une fois, sur la nature.


Laure Tézier (www.lepetitjournal.com Santiago) Mercredi 22 février 2012


Coline Lyphout a récemment créé une micro entreprise de cuisine à base d'aliments locaux, de savons et cosmétiques naturels, et d'autres projets tous aussi intéressants et respectueux de l'environnement. Voir son site

logofbsantiago
Publié le 22 février 2012, mis à jour le 15 novembre 2012
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