Édition internationale

PORTRAIT - Patricia Morales, chileno-européenne

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 23 septembre 2013

Rencontre avec une jeune économiste de la FAO, Patricia Morales, 29 ans, tout juste revenue au Chili après un master européen d'économie, à Paris

Patricia Morales a d'abord effleuré la France, vivant en Suisse puis en Belgique, avant d'effectuer son master, puis entamer son doctorat d'économie à Paris.
A 6 ans, fraîchement débarquée du Chili, Patricia a commencé son "mouvement pendulaire"à saute frontière entre la Suisse où vivait la famille - son père était avocat diplomate - et la France, où ses parents l'ont scolarisée par commodité. "En arrivant, je ne parlais pas un mot de français, je me suis donc très vite fait copine avec une petite Espagnole", raconte Patricia dans un français parfaitement lissé. 
Lorsque quelque 9 ans plus tard, la famille retourne à Santiago, c'est naturellement au lycée français qu'elle est inscrite, attrapant en juin une année de troisième commencée depuis mars. Bref retour au pays, avant un nouveau départ en Belgique cette fois. Là elle s'acclimate si bien qu'elle y reste après le déménagement de ses parents, pour faire ses études supérieures à Louvain : quatre ans d'économie et un sentiment de plus en plus francophile, sans encore avoir vécu en France.
De retour au Chili, elle entre comme consultante à la FAO, organisme des Nations-Unis dont le siège pour l'Amérique latine et les Caraïbes est à Santiago, et donne même des cours à la fac. C'est en 2002 qu'elle postule pour un Master européen d'économie (Analyse et Politiques Economiques -APE) à Paris. Elle se souvient : "Au Chili, en matière d'économie, on est plutôt tourné vers les USA, mais pour moi qui m'intéresse à l'économie publique, je n'ai pas fait ce choix. Cela dit, malgré d'excellents professeurs, je déplore un peu le côté franco-français de cette école, avec des étudiants presque tous Français, presque tous futurs énarques, et pas très ouverts sur le monde".
Dans son aventure parisienne, elle embarque son ami mexicain, qui découvre l'Europe et la galère des immigrants : "ma bourse, même élevée comparée à celle des autres étudiants, était loin d'être suffisante pour nous deux, d'autant plus que mon ami ne pouvait pas travailler légalement. Après les problèmes pour louer un appartement sont venus ceux liés à la subsistance. Étant correspondant de presse, il faisait quelques piges. Finalement il est devenu barman dans le Marais".

Thèse en co-tutelle
"Cela a été une expérience incroyable même si j'ai vu beaucoup d'étudiants s'endetter à Paris en raison des loyers exorbitants et des prix", se souvient-elle.
Finalement, le jour où son ami s'est vu proposer un poste d'attaché de presse, à Santiago, ils n'ont pas trop hésité. Réalisant une thèse sur l'économie institutionnelle du Chili, Patricia envisage alors de la continuer en co-tutelle, depuis Santiago, quitte à renoncer à sa bourse.
Par chance, la FAO lui a proposé de réaliser à Santiago des études liées à son sujet de thèse - relation pauvreté et institutions.
Reste qu'elle a transmis sa francophilie à son ami, laquelle se transforme en "franco folie"s'agissant de gastronomie. On se doute que leur histoire avec la France est loin d'être terminée.
S.R. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mardi 18 décembre 2007

logofbsantiago
Publié le 22 août 2007, mis à jour le 23 septembre 2013
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