

De la Charente au Chili il n'y a qu'un pas. Certes un grand pas, mais Pierre Delamare, 26 ans, l'a franchi il y a deux ans. Venu faire un stage dans la coopérative de vin «Capel», le Français s'est fait embaucher en tant qu'assistant d'exportation. Installé dans le quartier de Bellavista à Santiago, le jeune homme n'entend pas rentrer en France de sitôt.
Pierre Delamare travaille chez Capel depuis deux ans (photo AL.G)
C'est dans un petit bureau décoré de bouteilles de Pisco et de tableaux de raisins que Pierre Delamare reçoit ses clients. A seulement 26 ans, le Français originaire de Chartres (Région centre) travaille chez «Capel», la Coopérative agricole Pisquera de l'Elqui, en tant qu'assistant d'exportation. Vous savez, «Capel», cette bouteille transparente avec des écritures rouges renfermant ce célèbre distillat de vin blanc, alcool national chilien : le Pisco ! Et «Capel» n'est autre que le Pisco le plus vendu au monde... Bien joué le Frenchy !
Des études à l'Institut d'administration des entreprises de Poitiers et un Master de marketing des vins et spiritueux à l'université des eaux-de-vie de Cognac ont mis Pierre sur la voie de la vigne. Après avoir appris l'anglais et testé la vodka en Pologne lors d'une année en Erasmus, le Français s'initie à la dégustation du vin et suit des cours d'?nologie à Cognac.
Puis un jour c'est la révélation. «Je regardais une émission de télévision sur l'Amérique latine et j'ai vu un reportage sur le Pisco chilien. Je me suis dit pourquoi pas ?J'ai cherché un stage au Chili», raconte le jeune homme. Désireux d'améliorer son espagnol et de découvrir la culture latine, Pierre décroche alors un stage chez «Capel».
Le seul blond de Vicuña
En avril 2009, il pose ses valises à Vicuña, principal bourg de la "valle de Elqui" où se trouvent les vignes «Capel». Bénéficiant de 360 jours de soleil par an, d'un ciel dégagé et d'un air pur, Vicuña est la ville idéale pour un étranger qui arrive au Chili. Pierre restera six mois dans la capitale du Pisco. « J'étais le seul blond de Vicuña, j'ai été très vite repéré par les habitants ! », s'amuse le Français. « J'ai découvert le vin chilien et pendant mon temps libre j'allais pêcher et je montais à cheval sans selle, un vrai dépaysement ! ».
La fin du stage arrivant, une proposition d'embauche est faite à Pierre. Il accepte. Le Chili c'est pour de bon, il ne repartira pas. Aujourd'hui, Pierre est assistant d'exportation chez «Capel», à Santiago. Il a laissé l'air pur de Vicuña pour retrouver la pollution de la capitale. Peu importe, le jeu en vaut la chandelle. «Capel réalise 90% de ses ventes sur le marché national, moi je m'occupe des 10% d'exportations. C'est en plein développement, nous exportons dans plus de 40 pays», explique le professionnel. Chaque jour, Pierre se rend en Vespa, depuis son appartement de Bellavista, dans le quartier du cerro Blanco où se situe le siège «Capel». Bénéficiant d'un niveau de vie confortable, le jeune homme profite de son expérience chilienne au maximum. Le soir en rentrant du travail, il troque son ordinateur contre sa raquette de tennis pour échanger quelques balles sur le cours situé au pied de son immeuble. Le rêve chilien !
Anne-Laure Guérin (www.lepetitjournal.com Santiago) Mardi 19 Juillet 2011
Capel en chiffres :
1934 : création de la Coopérative agricole Pisquera de l'Elqui (Capel).
1964 : naissance de la marque « Capel »
1500 coopérateurs dédient leurs 5000 hectares à la production du Pisco
220 000 tonnes de raisin par an
2ème vignoble chilien et 10ème mondial
Vendu dans plus de 40 pays





