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PARCOURS DE VIE - Charlotte Esquerre cultive ses racines chiliennes

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 mai 2013

En remontant l'histoire de sa famille paternelle, la Lyonnaise, Charlotte Esquerre, a atterri au Chili où elle vit depuis quatre ans. Elle est aujourd'hui responsable nationale de la communication du Centre de Formation de l'Industrie Franco-Chilien (CFI). Encore un miracle Google !

Charlotte Esquerre, 27 ans, oscille entre ses origines françaises et chiliennes

Charlotte Esquerre a 20 ans en 2006 quand elle décide d'enquêter sur la famille de son père qu'elle n'a plus revu depuis qu'elle a six ans. Un seul indice : il est né au Chili. « Je ne recherchais pas mon père car je savais qu'il vivait en France et avait coupé tous les liens avec moi mais j'avais besoin de savoir d'où je venais », raconte Charlotte. Grâce à Google, elle repère deux entreprises chiliennes basées à Concepción, « Turismo Esquerre » et « Fabrica Esquerre ». L'un de leur site mentionne une famille française installée auChili depuis plus d'un siècle, et qui a activement participé au développement économique et politique de la ville. « J'étais convaincue que cette histoire pouvait aussi être la mienne, du coup, j'ai décidé de leur envoyer un email en leur expliquant mon histoire », se souvient-elle avec émotion. Les jours qui suivent passent entre angoisse et excitation jusqu'à ce que la réponse tombe en français : « Effectivement Charlotte, nous sommes bien de la même famille et nous serions ravis de te rencontrer. Gérald Esquerre.» S'ensuit alors pendant deux ans, des échanges d'emails, de coups de téléphones et de photos avec ce cousin germain de son père. « Bizarrement, le lien s'est créé très rapidement, très naturellement. J'ai appris que ma grand-mère paternelle travaillait à l'Alliance Française de Concepción et que, à la mort de son mari elle était revenue en France. Mon père avait alors 10 ans et n'était plus jamais retourné au Chili depuis », explique-t-elle.

Le grand départ

A 22 ans, Charlotte se sent enfin prête à sauter le pas et décide de se rendre au Chili pendant les vacances pour rencontrer ceux qu'elles considèrent déjà comme sa nouvelle famille. A la fin de son master en marketing, elle part alors seule pour trois semaines à la découverte de ses racines latino-américaines. Une fois sur place, elle est accueillie à bras ouverts par sa famille de Concepción. La diversité des paysages et la gentillesse des Chiliens finissent de la décider. « A ce moment, je suis totalement sous le charme du pays et je réalise que c'est ici que je veux poursuivre mes études, construire ma vie », déclare-t-elle. Six mois plus tard, c'est chose faite : Charlotte débarque avec toutes ses affaires et se lance dans un « magister » en communication internationale à l'université Diego Portales à Santiago. « Les débuts étaient un peu difficiles car je ne comprenais rien du tout à la langue mais malgré tout je me sentais bien comme si ce pays était déjà le mien. » Après neuf mois, Charlotte maitrise parfaitement la langue et commence à travailler pour diverses agences de publicité. Déçue par ces expériences liées à la consommation massive, elle redéfinit son objectif professionnel : utiliser la communication comme un outil de développement social.

Le job de sa vie

En 2011, elle est engagée au Centre de Formation de l'Industrie Franco-Chilien en tant que responsable nationale de la communication et des relations institutionnelles. « Je sentais que ce travail était pour moi. Il remplissait toutes mes attentes professionnelles tout en me renvoyant à mes origines franco-chiliennes. Ce poste m'a permis de m'épanouir et de trouver ma place. Je n'aurais jamais eu une telle opportunité en France à mon âge. C'est bien plus que mon job, c'est ma passion », s'exclame-t-elle avec enthousiasme. Le rôle du CFI est de former gratuitement des personnes, de 18 à 65 ans, issues de milieux défavorisés et sans aucune opportunité professionnelle, a des métiers de l'industrie et du service. Au fur et à mesure, Charlotte a mis en ?uvre des projets de collaborations franco-chiliennes, en mobilisant les acteurs publics et privés français présents au Chili, pour valoriser ce programme de formation.  « J'ai, par exemple, élaboré en 2012 un partenariat entre le CFI et les chefs français présents à Santiago, afin de donner la chance à nos élèves du cursus gastronomique de pouvoir réaliser leur stage dans les meilleurs restaurants de la capitale chilienne. »

Le 21 mars dernier, Charlotte a célébré ses quatre années de vie au Chili et vient même d'obtenir la nationalité chilienne, faisant valoir ses origines paternelles. « Avec le recul, je me rends compte de tout le chemin parcouru pour en arriver là. Je n'ai plus rien de l'adolescente française d'il y a sept ans. Plus seulement Française mais pas uniquement Chilienne, l'avenir reste un grand point d'interrogation. » Entre la France et le Chili, le c?ur de Charlotte balance toujours.

La rédaction (www.lepetitjournal.com Santiago) le jeudi 28 mars 2013

logofbsantiago
Publié le 28 mars 2013, mis à jour le 7 mai 2013
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