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KARPATT AU CHILI - "Un hommage à la langue française"

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 29/03/2017 à 08:24 | Mis à jour le 30/03/2017 à 01:30

Invité par l'Institut français et les Alliances françaises pour célébrer la Semaine de la Francophonie, le groupe Karpatt est en tournée de Santiago à l'île de Pâques du 21 mars au 6 avril. À l'occasion de son premier concert au Teatro Nescafé, le groupe de jazz manouche s'est illustré par sa poésie, son humour et sa générosité sur scène. Fred Rollat (texte, voix, guitare et accordéon), Hervé Jégousso (basse, contrebasse et mégaphone) et Gaëtan Herat (guitare, banjo et percussion) ont accepté de répondre aux questions de Lepetitjournal.com/Santiago avec la complicité de leur agent, Aurélien Lenglen.

Lepetitjournal.com/Santiago : Vous avez déjà visité le Salvador, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama, le Honduras, le Guatemala. Pourquoi vous retrouve-t-on au Chili aujourd'hui ?
Fred Rollat/Karpatt : Le Chili c'est une histoire particulière, tortueuse donc intéressante. Parce que nous ne sommes jamais venus en Amérique du Sud. Parce que c'est l'hiver en France en ce moment. Et parce que Viva Chile ! Plus sérieusement, parce que la Francophonie nous tient à c?ur. Les mots français qui résonnent dans nos chansons, nous voulons les partager et permettre à cette poésie de voyager.

Vous avez évoqué pendant le concert votre envie de transformer ce tour en album. Que vous inspire Santiago au premier abord ?
Santiago nous est apparu comme une énorme pieuvre avec tous ces « barrios » aux différentes couleurs et atmosphères. Un univers sonore chantant avec des noms et des langues animés, inspirants et musicaux. Les signaux que l'on peut capter ici pour en faire une chanson, un texte, sont très forts. Je sens qu'il faut apprendre un peu cette histoire pour mieux appréhender les gens.

Vous avez composé une chanson sur le métro de Santiago avec les élèves de CM1 du Lycée Antoine de Saint-Exupéry et leur professeur Dominique Cheyre. Comment reste-t-on aussi ouvert et réactif après 20 ans de métier ?
En restant libre de se tromper, de tout oser et de ne jamais avoir peur de se tromper, de faire fausse route. Nous improvisons toujours autant et c'est ce risque qui nous attire et nous donne la sensation de tout recommencer chaque fois.

Parmi les chansons jouées le 21 mars, « Un jeu », issue de votre dernier album Angora, aborde le thème de l'immigration. Comment est-née cette chanson qui parle avec simplicité et élégance d'un sujet délicat et douloureux ?
J'ai vu un film racontant l'histoire d'une mère migrant des pays de l'est de l'Europe vers Paris. Devant la dureté de son histoire avec son enfant j'ai trouvé beaucoup de souffrance, de dignité et de poésie dans sa façon de protéger sa fille. J'ai ensuite avec mes mots essayé de raconter cette histoire.

Quelles sont vos sources d'inspiration ? Avez-vous des règles d'écriture ?
Mes sources d'inspiration : engagement et légèreté. Vie quotidienne et abstraction. Romantisme et trivialité. Tout m'inspire mais je conserve, quel que soit le thème, une obligation de l'aborder de façon imagée, poétique pour rester toujours souriant et positif. Je tiens à générer un message positif !

Quelle est votre opinion sur la prochaine élection présidentielle française ?
C'est triste de véhiculer à l'étranger cette image d'un pays qui n'a plus de politique réelle. Ces personnes dans l'idée ne véhiculent que le pouvoir et ne conservent ce pouvoir qu'en s'acoquinant avec les financiers sans scrupules. Tellement peu de gens votent en France, l'abstention n'étant pas reconnue comme un choix de refus global de cette politique. Notre futur président ne sera, quoi qu'il n'arrive, pas du tout représentatif de la France actuelle qui s'indigne devant ce spectacle affligeant !

Vous dédiez une partie de votre spectacle à Violetta Parra, célèbre artiste chilienne qui a popularisé la musique traditionnelle du Chili à l'étranger. D'où est-venue l'idée de cet hommage ?
Violetta Parra véhicule un tel message humaniste ! Je l'ai découverte dans un film qui a été fait sur elle. Sa poésie limpide, populaire est extrêmement puissante. Ses vers sont des chansons alors pour moi qui suis chansonnier, je ne pouvais que succomber devant tant de force d'engagement.

Voici les prochaines dates de concerts de la tournée chilienne de cette bande de copains, qui fait partie de la grande famille de la chanson française, aux côtés des Têtes Raides, Mano Solo ou La Grande Sophie avec qui ils ont collaboré. Pour les retrouver ou les découvrir :

31 mars, 20 heures, Vai te Mihi, Isla de Pascua (entrée : $5000)

4 avril, 20 heures, Gymnase du Collège Claude Gay d'Osorno

6 avril, 20 heures, Théâtre municipal de Valdivia (entrée gratuite)

Claire Lansac (lepetitjournal.com/santiago) - Mercredi 29 mars 2017

Photo de @Heber Argumedo

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