Édition internationale

TERRITOIRE – 3 pays, 3 architectes, 3 ans : « Au bout du tunnel, la mer »

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Trois architectes chiliens ont imaginé un projet technique audacieux pour rendre à la Bolivie un accès à la mer : un tunnel. Long de 150 kilomètres, celui-ci réglerait du même coup les conflits maritimes entre le Pérou et le Chili. Une information de La Tercera, reprise par Le Courrier International.

Frontière Chili/Bolivie (photo H.G)

Humberto Eliash, Carlos Martner et Fernando Castillo Velasco ont dessiné un tunnel partant de Bolivie et débouchant sur une île bolivienne artificielle au milieu d'une mer qui serait tri-nationale. Ils mûrissent ce projet depuis trois ans et vont le proposer au ministère des Affaires étrangères chilien. L'objectif est de soumettre à la Cour internationale de justice de La Haye une solution viable qui permette à chaque Etat d'y trouver son compte. La Bolivie posséderait enfin un débouché vers la mer ( perdu à l'issu de la guerre du Pacifique)l ui permettant d'exporter ses matières premières ? hydrocarbures et minerais surtout ?, le Pérou gagnerait une extension de ses eaux territoriales et réglerait donc son contentieux avec le Chili rqui garderait cependant un droit sur la zone litigieuse. L'idée consiste à construire un tunnel de 150 kilomètres depuis Charaña (Bolivie), en passant sous la frontière entre le Chili et le Pérou. La galerie souterraine traverserait le désert et aboutirait sur une île, à quelques encablures de la côte chilienne, construite avec le déblai du tunnel: ?comme les îles de Naos, Perico et Flamenco, faites avec le déblai du canal de Panamá. Sinon, on peut aussi utiliser la technique employée pour les îles flottantes du lac Titicaca (réalisées grâce à la totora, une sorte de jonc flottant)?, explique Humberto Eliash.

Gestion du projet

L'île appartiendrait à la Bolivie. Autour d'elle, une nouvelle mer comprenant la zone disputée, baptisée ?mer de la concorde?, serait créée et administrée par les trois pays. ?Le but est de suspendre le procès à La Haye contre le Chili et de transformer la zone en un espace international?, conclut l'architecte. Une partie de l'ouvrage serait réservé au chemin de fer. Un gazoduc pourrait également desservir l'île afin de faciliter les exportations. Selon Eliash, les bénéfices du seul gazoduc pourraient financer une grande partie du coût de ce tunnel, l'un des plus longs du monde. Il est donc prévu que la Bolivie soit le principal investisseur du projet. En attendant les études de faisabilité technique, qui permettront de déterminer le coût exact, l'architecte cite les économistes John Luke Gallup et Jeffrey Sachs, selon qui ?un pays sans port perd chaque année entre 0,6 % et 1 % de son PIB?. ?Selon ces calculs, la Bolivie a donc perdu 4 milliards de dollars au cours des dix dernières années. Elle pourrait donc financer le tunnel en dix ans?, suppute-t-il. Le projet est titanesque, mais, pour les architectes, il n'a rien d'utopique. ?Du point de vue technique, il est parfaitement envisageable aujourd'hui de construire un tel ouvrage;il en existe déjà de similaires?, plaide Carlos Martner en faisant allusion au canal de Suez, au canal de Panamá et au tunnel sous la Manche.

H.G (www.lepetitjournal.com Santiago) Mardi 26 mai 2009. {mxc}


 

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Publié le 26 mai 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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