

Aujourd'hui et demain, le salon Edufrance déroule le tapis rouge aux étudiants chiliens pour leur donner envie de poursuivre leurs études en France. Claudio Urrea, professeur de robotique au Laboratoire de Génie Electrique de l'USACH, y sera pour raconter son expérience. En attendant, il s'est confié au Petit Journal
"J'avais aussi une bourse pour une université prestigieuse aux Etats-Unis, mais j'ai choisi la France, pour la culture et aussi l'art de vivre. Dans le domaine de la robotique, c'est avec le Japon et les USA, le pôle de formation le plus intéressant selon moi". Claudio Urrea ne se contente pas d'un CV à rallonge agrémenté de premiers prix et de mentions; il parle un français impeccable sans jamais avoir pris un cours. Jusqu'en janvier dernier, cet ingénieur en robotique, spécialiste des robots bipèdes, était encore à Marseille, vivant à deux pas de la Canebière. Et c'est vrai, maintenant qu'il le dit, qu'on croit percevoir un léger accent pêché aux abords du Vieux Port !
Claudio est parti en janvier 2001 pour faire un doctorat en "automatique"à Grenoble : "La première année, je n'ai parlé à personne, je ne voulais pas m'attacher, mon idée fixe était de rentrer au Chili", raconte-t-il. "Je trouvais que c'était au Chili qu'il fallait faire des choses. Ici on a besoin de développer des choses qui existent déjà ailleurs". Mais au fil du temps, il apprend à "profiter".
Au bout de deux ans et demi, il donne des cours tout en terminant son doctorat : "La langue n'était pas trop un problème, tout se fait en anglais dans les matières scientifiques", précise-t-il. Au bout de ses trois ans de doctorat, comme le CDI qu'il briguait à L'USACH (Université de Santiago du Chili) et pour lequel il a fait le voyage en France, n'était pas prêt : "j'étais contractuel à l'USACH avant de partir, mais pour être permanent, maintenant, il faut avoir fait un "post-grado"à l'étranger", précise-t-il, il postule pour des postes de professeur dans des facultés françaises. Accepté à Paris et à Marseille, devançant ainsi une soixantaine de candidats, il choisit "la bonne vie", selon lui.
La belle vie
Cap au Sud, donc : "Je me suis dit ici, il faut vivre comme les Français en utilisant bien son temps libre. Le soleil, la plage, j'en ai bien profité en sortant de mes cours à 16h 30 !". Cependant les calanques et les copains - "tous rencontré hors de la fac, dans des fêtes ou au sport, j'ai besoin de m'ouvrir un peu l'esprit, ça fait du bien"- ne lui font pas oublier la promesse qu'il s'est faite à lui-même, celle de rentrer. Il postule en temps utile à L'USACH et passe ses entretiens via Internet. Quand la réponse, positive tombe (une dizaine de candidat étaient sur les rangs) on lui dit : "T'es pris, tu arrives quand ?"
Les choses alors se bousculent. Il quitte la France, en janvier 2006, cinq ans exactement après être parti. "Je corresponds encore en France avec une trentaine de personnes", se réjouit-il. Il consacre aujourd'hui ses travaux au secteur médical : améliorer les prothèses de jambes, développer l'automatisation. "Je voudrais que mes recherches servent à faire une médecine peut-être moins chère, au lieu par exemple de faire des robots qui suppriment des emplois. Je serais ainsi plus en accord avec moi-même !", explique t-il.
En attendant, il sera demain au salon Edufrance de Santiago, pour motiver les étudiants chiliens attirés par des études en France : "J'ai moi-même manqué d'information avant de partir. Par exemple, la vie n'est pas si chère en France et on peut assez vite se débrouiller pour trouver un petit travail. Je voudrais vraiment encourager les gens à partir !"C'est aussi le but de ce salon, qui sûrement va éveiller des envies d'ailleurs.
Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com Santiago) 23 octobre 2006
* Traduction de la phrase d'accroche de l'affiche du salon Edufrance qui a lieu les 23 et 24 octobre. Voir notre article du jeudi 19 octobre + www.edufrance.cl





