

Le niveau de contamination de l'air a augmenté dans le centre et le sud du pays, inquiétant les autorités. Les mesures de concentration de particules fines font état d'un niveau d'alerte environnementale
A Coyhaique, dans la province de Aysén, le niveau a atteint la valeur de 85,57 microgrammes par mètre cube. Un taux extrêmement élevé qui dépasse largement la limite en vigueur, fixée à 50 mg/m3. Le gouverneur de la ville, Cristián López, a expliqué que la pollution était surtout dûe à « la combustion du bois de chauffage, qui est la principale source de chaleur utilisée dans les foyers ». Il précise que seulement 10 % de la biomasse – l'ensemble des matières organiques utilisées comme combustibles – est conforme aux nomes en vigueur, avec un faible niveau d'humidité. Un appel a donc été lancé pour que la population soit plus attentive à la qualité du combustible utilisé.
Si le niveau de contamination s'est amélioré depuis mercredi (jour où le niveau d'urgence a été atteint), la situation reste critique, à Coyhaique comme dans le reste du pays. La limite des 50 mg/m3 a également été dépassée dans les villes de Santiago, de Rancagua, de Curico, de Talca et de San Pedro. Un phénomène qu'explique Patricio Pérez, chercheur au sein du département de Physique de l'Université de Santiago : « On observe une ventilation faible et un phénomène d'inversion thermique – une couche d'air se forme et empêche la dispersion des polluants - qui entraîne une aggravation de la qualité de l'air ».
Sebastian Tolvett, qui est en charge de la qualité de l'air au sein du Ministère de l'Environnement, se veut rassurant, et rappelle que la ventilation des villes peut s'améliorer dans les prochains jours. Il annonce cependant que les données sont en cours d'analyse, et qu'une alerte sanitaire n'est pas à exclure.
Des normes peu respectées
Mais il s'agit de rappeler que si la limite fixée au Chili est de 50 microgrammes par mètre cube, elle est de 25 mg/m3 dans l'Union Européenne. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise même une valeur limite de 10 mg/m3. Une différence de taille, qu'il convient toutefois de relativiser : lors du pic de pollution qui avait amené la ville de Paris à imposer une circulation alternée en mars dernier, le taux de particules fines avait atteint le seuil de 75,1 microgrammes par mètre cube.
Une étude menée par l'Union Européenne en 2013 a par ailleurs montré la dangerosité de ces particules fines, et l'insuffisance des normes en vigueur en Europe. Il en ressort notamment que « pour chaque hausse de 5 microgrammes par mètre cube de la concentration en PM2,5 sur l'année, le risque de mourir d'une cause naturelle s'accroît de 7% ». La situation au Chili reste donc très préoccupante, d'autant que la venue de l'hiver laisse supposer une augmentation du nombre de feux de cheminée (interdits dans la région métropolitaine), synonymes d'un accroissement de la pollution de l'air.
Clément Ourgaud (www.lepetitjournal.com/Santiago) Vendredi 25 avril 2014





