SCIENCE- Les "chiffons" mettent les voiles

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 02/03/2011 à 00:01 | Mis à jour le 14/11/2012 à 11:30

Seulement 2% de la biomasse des océans est identifiée par les scientifiques. Ils en sauront peut-être un peu plus en 2012, quand après presque 3 ans d'un tour du monde, le voilier français Tara Océans, initié par la marque agnès b., rentrera à Lorient. Il fait escale depuis dimanche à Valparaiso

Tara Océans naviguera, pendant 3 ans, dans tous les océans du monde

Depuis dimanche, un voilier français se fait tout petit dans le port commercial de Valparaiso, entre fruits et vins en partance. Tara Océans, deux mats, 36 mètres, 250 tonnes, 15 hommes à bord est une goélette scientifique au destin unique : dresser une « photographie » des mers et océans du globe. Partie de Lorient le 5 septembre 2009 pour une durée de 3 ans, la goélette, construite il y a 21 ans par l'explorateur Jean-Louis Etienne, aura vu au terme de son voyage un bel échantillon de scientifiques défiler à son bord ! Deux équipages de 6 personnes (incluant la cuisinière) se relaieront pendant les trois années de navigation. Les six scientifiques (biologistes, océanographes, généticiens, physiciens de prestigieux laboratoires de recherche mondiaux) qui se relaient portent, avec le journaliste, les occupants du Tara Océans à 15 personnes. « La vie à bord, c'est déjà une aventure en soi. On est une petite équipe avec de grandes idées !» dit en riant Vincent Hilaire, journaliste du bateau relayé à Valparaiso.  Mais il n'y a pas que ceux qui ont le pied marin qui font vivre cette aventure ! En effet, à terre, c'est toute une équipe qui travaille pour coordonner les allers-venues et les contacts avec les autorités locales ainsi qu'avec les écoles.

Etudier les micro-organismes

Le but premier de l'expédition est de réaliser « une incroyable photographie d'un monde vivant microscopique ». Pour Marc Picheral, ingénieur de recherche au CNRS à Villefranche sur mer : « La mission principale de ce grand voyage est d'étudier tous les micro-organismes qui dérivent avec les courants en pompant de l'eau et en la faisant passer dans des filtres. À bord, nous sommes équipés d'appareils d'imagerie qui nous permettent de les étudier et de faire des mesures pour les remettre dans leur contexte biologique». Aujourd'hui, 98% de la biomasse des océans reste inconnue et le plancton représente 50% des sources d'oxygène que l'on respire. Avant Tara Océans, aucune étude n'avait pu dresser un panorama exhaustif des écosystèmes du monde marin. Cette expédition permettra donc d'établir une base de données sur la vie marine, de construire une carte fonctionnelle des écosystèmes marins et de sensibiliser le grand public sur l'évolution de la vie dans les océans.

L'équipe en plein travail (photo libre de droit - Fonds Tara).

« Pour le moment, nous en sommes seulement à la phase de collecte. Une fois les échantillons recueillis, ils sont envoyés et analysés dans des laboratoires du monde entier. La phase d'analyse a commencé mais il est trop tôt pour tirer des conclusions. C'est vraiment un projet extraordinaire : nous allons pouvoir analyser tous les océans avec les mêmes techniques, les étudier de la même façon » souligne Marc Picheral.

Vocation éducative

En plus de sa mission scientifique, Tara Océans a une vocation éducative. Le programme « Club Tara Junior » permet de sensibiliser les enfants du monde aux enjeux environnementaux. Sur le parcours, des classes sont invitées à visiter le bateau, comme en  témoigne le carré du Tara Océans orné de très riches dessins d'enfants d'école de favelas de Rio. Tous les écoliers repartent avec des brochures éducatives, traduites en français, anglais, espagnol et portugais, sur le rôle des scientifiques, l'état des fonds marins ou encore la vie à bord. De plus, grâce à Internet, les classes engagées dans des travaux sur Tara pourront, directement, communiquer et discuter avec les chercheurs.

L'expédition devrait prendre fin en décembre 2012?mais pour l'instant, cap vers l'Ile de Pâques, puis les Galapagos.

Laure Gouton (www.lepetitjournal.com Santiago) mercredi 2 mars

Le capitaine Hervé Bourmaud en pleine explication

Frivole la mode?

Etienne Bourgois, fils de l' éditeur du même nom et de la créatrice d'agnès b., décide en 2003 avec le mécénat de la maison de couture familiale de réaliser des expéditions en faveur de l'environnement. De 2006 à 2008, le voilier a étudié la banquise d'Arctique. Du rapprochement avec Eric Karsenti, biologiste cellulaire et moléculaire de renom est née cette seconde expédition. Hervé Bourmaud (photo) le capitaine de 36 ans, ancien marin pêcheur puis professeur dans un lycée maritime de St Malô, a enchaîné les deux aventures entrecoupées de quatre mois de travail sur le bateau. En effet, Tara, construit pour naviguer dans des zones de grands froids et de banquise, a du être réaménagé.

Pour en savoir : le site de Tara Océans

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