

Le Chili qui possède 40% des réserves mondiales en lithium ouvre l'exploitation de ce précieux minerai à des entreprises étrangères. Cette décision prise par le gouvernement Piñera inquiète et scandalise un pays qui voit sa richesse lui filer entre les mains.
La Bolivie, l'Argentine et le Chili se partage les ressources mondiales en Lithium. Mais c'est au nord du Chili, dans les sols du désert d'Atacama, que se trouve la majorité de l'"Or gris" (40% des ressources mondiales). Ce minerai, utilisé dans l'électronique et dans les batteries de voitures électriques, entre autres (voir notre article), est appelé a jouer un grand rôle dans le futur du Chili. Si la Bolivie et l'Argentine ont nationalisé leurs ressources minières, le Chili prend un autre chemin, plus proche de la privatisation. En juin dernier, le gouvernement a lancé un appel d'offres aux entreprises étrangères souhaitant exploiter le lithium. Les sociétés avaient jusqu'au 31 Juillet pour se déclarer. Plus de 40 entreprises sont en lice, elles seront départagées fin 2012. Pour la France on évoque le nom de Bolloré, le groupe serait en concurrence avec des entreprises sud-coréennes, américaines et chinoises.
Un vol de richesse ?
Cette décision, d'ouvrir l'exploitation du lithium à l'étranger a fait frémir l'opposition qui avait demandé l'annulation de l'appel d'offre, en vain. Surtout que la privatisation de ce métal est interdite par la constitution chilienne. Le gouvernement passe outre en affirmant que l'entreprise qui exploitera le lithium devra verser des royalties à l'Etat Chilien : 7% de ses revenus. Les lauréats de l'appel d'offre pourront extraire à l'endroit de leur choix 100.000 tonnes de lithium, et ce sur une durée de 20 ans.
La société civile est indignée. Argument principal contre ce projet : la richesse du lithium ne profitera pas aux Chiliens. Manuel Ahumada, vice-président de la Confédération des salariés du cuivre en est certain : "c'est juste une manière de privatiser, c'est presque nous voler nos ressources naturelles". Camila Vallejo, vice-présidente de la Fédération des étudiants de l'université du Chili explique: "pour financer notre réforme structurelle de l'éducation, nous avons besoin de moyens. Le gouvernement nous a toujours dit qu'il n'avait pas ces moyens. Or, ces ressources, elles existent. C'est juste que le gouvernement ne les utilise pas pour répondre aux besoins élémentaires du peuple chilien".
Mais le gouvernement a fait fit des protestations. Rétorquant que le Chili ne possède pas les experts nécessaires à l'exploitation de ce métal et que l'exploitation du lithium rapportera 350 millions de dollars au pays.
Le lithium, l'énergie de demain
Si la question de l'exploitation du lithium est si sensible, c'est que la demande a triplé ces dix dernières années. Selon la Comision Nacional del Cobre (cochilco) le lithium est passé de 2000 à 6000 dollars par tonnes sur les marchés internationaux entre 2001 et aujourd'hui. Si ce métal est courtisé c'est qu'il est utilisé dans les nouvelles technologies, pour les batteries des voitures électriques et en médecine.
Florine Constant (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 6 Août 2012





