

« O'Higgins, un buen destino para las locaciones fílmicas», un slogan censé attirer les cinéastes du monde entier pour tourner dans la plus grande région vinicole du Chili. A l'occasion du lancement de cette campagne le mercredi 17 avril, Yane Lahaye, responsable pour le conseil régional, des tournages dans la région Aquitaine, est venue partager l'expérience française
La bordelaise Yane Lahaye avec Patricio Parraguez, "ambassadeur" du Chili comme lieu de tournage
Le tournage -en partie- d'un James Bond en 2008, dans la région d'Atacama, avait rapporté, 8 millions de dollars localement ; de quoi donner des idées aux autres régions chiliennes. Celle d'O'Higgins (VI), au sud du Santiago, par exemple, entend elle aussi valoriser son potentiel cinématographique à l'initiative de Patricio Parraguez, spécialiste de la promotion du Chili à l'étranger qui croit très fort en ses atouts: « La proximité de Santiago, avec son aéroport international, de même que la grande diversité des paysages : plages superbes, spots de surf, les Andes, les vignes qui offre de nombreuses possibilités de décors, sont des atouts indéniables de notre région. »
Yane Lahaye, responsable de la commission du film de la région d'Aquitaine en France, l'une des cinq régions françaises qui attirent le plus de tournages (séries télé, pub, long-métrages, documentaires...) est venue partager son expertise toute la semaine dans la VIème région. Avec une moyenne de 500 jours de tournages par an, seulement pour les fictions, la région Aquitaine a déjà accueilli plusieurs gros cartons français, dont entre autres Camping I et 2 (avec Frank Dubosc), Les petits mouchoirs ou encore la série Section de recherches (TF1), pendant 8 ans. Sans parler de la ville de Bordeaux qui joue parfois les doublures de Paris, puisque les tournages dans la capitale sont de plus en plus compliqués.
Tourisme et emploi
Selon Yane Lahaye, les tournages apportent d'importantes retombées à la région, pas seulement au niveau économique et touristique mais également en termes d'emplois: « On encourage les productions à embaucher dans la région : techniciens, comédiens, figurants, prestataires de service, etc. C'est un cercle vertueux: plus nos techniciens locaux ont de travail, meilleurs ils sont. A terme nous constituons un véritables viviers d'intermittents régionaux », insiste-elle.
Décentralisation
La France dispose d'une institution nationale, Film France, dépendant du Ministère de la Culture, qui est en charge de la valorisation du territoire au niveau national. Chaque région développe ensuite une "Commission du film", puis souvent, des bureaux d'accueil départementaux. Une décentralisation qui permet de satisfaire au plus près les demandes des productions, aussi variées qu'urgentes: décors et professionnels, mais aussi logement des (grandes ) équipes, transports, autorisations de tournages, etc. « Il peut arriver qu'un cinéaste ait besoin dans l'heure d'une grande plage vide, si ce n'est pour la veille», ironise Yane Lahaye, soulignant les exigences particulières du cinéma, qui nécessite souplesse et réactivité.
Cependant, la concurrence est rude pour se partager la manne du cinéma, entre les régions françaises et les pays européens, qui proposent différentes incitations fiscales. "En France, le Ministère de la Culture offre un crédit d'impôt aux films étrangers. Et en Aquitaine, par exemple, nous avons mis sur pied un fonds de soutien à la création cinématographique et audiovisuelle », explique Yane Lahaye. Elle précise cependant que la Belgique, encore plus pro-active en la matière, rafle de nombreux tournages français. Yane Layahe incite donc à se montrer pragmatique. D'autant que, selon elle: « On estime que pour un euro investi, il y a deux à treize euros de retombées directes ou indirectes pour la région". Des arguments qui à coup sûr ont fait mouche auprès des élus et responsables locaux d'O'Higgins.
Elise Mertens (www.lepetitjournal.com Santiago) jeudi 18 avril 2013





