

Il pourrait tout aussi bien aujourd'hui être dans n'importe lequel des 70 séminaires diocésains "Redemptoris Mater"répartis dans le monde, comme certains de ses compagnons chiliens du Chemin Neocatecumenal, auquel il appartient. Mais c'est sur celui d'un petit village près d'Avignon (30) que Nelson Fabián Vega est tombé.
À 22 ans, il est depuis deux ans et demi en France, envoyé par l'équipe de la communauté chilienne, auprès de qui il a effectué une année de mission à Antofagasta. "La particularité du Chemin Neocatecumenal est d'être une initiation à la foi chrétienne. Ainsi, les destinations pour les jeunes qui veulent rentrer au séminaire sont tirées au sort. En 2004 s'est ouvert celui d'Avignon, j'ai été désigné", explique-t-il très simplement.
Ce groupe catholique de près d'un million de fidèles fondé dans les années 60, aux alentours de Madrid, est surtout présent, pour l'Europe, en Espagne et en Italie. En France, il compte seulement une soixantaine de communautés, mais cinq séminaires, contre 800 communautés au Chili, où il n'y a en revanche aucun séminaire.
Des églises vides
Nelson Fabián ne savait même pas dire bonjour quand il a débarqué à Paris. Mais il s'est bien rattrapé depuis, aidé par des cours offerts par le diocèse, à l'Alliance française de Marseille. Ses deux premières années d'Etude de philosophie ont d'ailleurs été couronnées par de très bonnes notes. Il attaque maintenant la partie théologie de ses très longues études qui se termineront sur une mission de deux ou trois années, vraisemblablement en Afrique ou en Asie. Là non plus il ne choisira pas.
Et si les cours se déroulent en français, la langue commune à l'intérieur de la communauté de quinze personnes - Espagnols, Français, Argentins, Mexicains, Italiens - est l'italien, ce qu'il y a de plus proche du latin. Cependant le séminaire se veut ouvert sur l'extérieur, notamment grâce au sport ou à des rencontres avec des jeunes. Des Français qu'il côtoie, cet enfant de la commune de Recoleta loue l'amabilité et la politesse, en comparaison avec un Chili qu'il trouve figé dans ses classes sociales.
Il déplore cependant que les églises en France, bien que splendides, soient vides. Par ailleurs, justement de passage à Santiago pour être auprès de son père hospitalisé, il vante par comparaison le système de santé public français.
Malgré son attachement à sa famille, qui approuve son choix, il se considère plus libre et plus disponible pour suivre sa voie spirituelle à 15.000 Kms de Santiago. Et il passera sa vie en France s'il le faut, à la disposition de Dieu... Là où ailleurs,selon les besoins de l'Eglise.
Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) lundi 3 décembre 2007





