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REFORME- La fin du binominal

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 26 janvier 2015

Après huit heures de débats intenses à la chambre basse du Congrès , le projet de réforme électorale porté par le gouvernement Bachelet a été accepté

C'est à 23h mercredi dernier que se sont terminées les discussions. Pour Pepe Auth, porte parole du PPD (membre de la coalition Nueva Mayoría) à la Chambre des Députés, c'est un «moment historique » : « après 25 ans nous ouvrons un nouveau cycle politique en mettant fin au scrutin binominal ». En effet, une des mesures phares du projet était de mettre fin à ce système de vote, jugé trop peu favorables aux partis minoritaires ou aux forces régionales. L'objectif selon Ximena Rincón, ministre porte-parole du gouvernement, est d'élargir l'offre politique. Fini donc l'accaparement des deux sièges d'une circonscription par une liste qui obtiendrait plus de deux fois le nombre de voix de sa principale concurrente. Le nombre de députés par circonscription, aujourd'hui bloqué à deux, augmentera ainsi en fonction de la population de la circonscription ? les plus peuplées d'entre elles se verront dotées de 7 représentants à la chambre basse. Au final, la Chambre des députés devrait passer de 120 à 155 membres, et le Sénat de 38 à 50. Autre volet de cette réforme : la parité. Selon le texte, « aucun genre ne pourra dépasser les 60% » dans les listes présentées dorénavant.

Les méandres d'un vote compliqué

Tout n'était pas joué d'avance pour le gouvernement, qui avait fait de cette réforme son cheval de bataille. En effet, pour faire bloc et éviter les dissensions, le Parti Socialiste a par exemple laissé de côté sa volonté de définir institutionnellement le fonctionnement des « subpactos », ces ententes entre groupes parlementaires. Cet abandon était une condition sine qua none de l'adhésion au projet de la Démocratie Chrétienne, membre la Nueva Mayoría. Et pour finir de rallier des voix à sa cause, Bachelet n'a pas non plus hésité à envoyer cinq de ses ministres toute la journée à Valparaíso, au siège du Congrès National. Parmi eux Ximena Rincón justement, qui déclarait : « ce fut une journée intense, avec beaucoup d'échanges. Nous avons passé les détails en revue, clarifié les doutes [?] ». D'autant que les critiques du projet sont nombreuses : l'UDI notamment, s'est opposé de tout son poids à cette réforme, arguant que l'augmentation du nombre de sénateurs et de députés ne pouvait qu'éloigner le pouvoir législatif de son assise électorale. Dans les faits, le parti d'extrême-droite pinochettiste avait gros à jouer, en ce que le système électoral actuel est un héritage direct de la Constitution de 1980, rédigée pendant la dictature. Selon l'opposition également, cette loi aurait été faite « sur mesure pour le gouvernement », pour lui permettre de conserver sa majorité.

Comme au Sénat, il y a eu plusieurs votes successifs sur les différents points que comporte la loi. La mesure nodale du projet, qui a trait à l'augmentation des effectifs du pouvoir législatif, a toutefois été soutenue par 86 des 114 députés présents. Cela n'a pas empêché certaines questions d'être plus ou moins éludées, comme celle des frais de fonctionnement du Congrès et du risque de leur augmentation : outre leurs nombreux avantages en nature, les représentants ? sénateurs comme députés- sont rémunérés à hauteur de plusieurs millions de pesos par mois. Matias Walker, membre de la Démocratie Chrétienne, reconnaît que les coûts risquent d'augmenter, mais qu'à terme, « cela ne devrait pas susciter de charge fiscale démesurée ». De son côté, le gouvernement, par la voix de Ximena Rincón, se veut plus optimiste en estimant que d'ici quatre ans, et quoique grossi de 47 membres, le Congrès fonctionnera avec les mêmes ressources qu'aujourd'hui.

Fabien Leboucq (www.lepetitjournal.com/santiago) vendredi 15 août 2014

logofbsantiago
Publié le 15 août 2014, mis à jour le 26 janvier 2015
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