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PORTRAIT - Alex Chellew, l'art de s'intégrer

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Conseiller culturel au ministère de l'aménagement du territoire (Obras publicas), Alex Chellew est d'abord peintre. Il a étudiél'art et exposéen France pendant dix ans avant de rentrer au Chili. Portrait...
 
Les tableaux sont partout présents dans son bureau du ministère, qui surplombe Santiago, en face de la Moneda. Alex Chellew prévient: il est d'abord peintre. Son mémoire de maîtrise d'art plastique de Paris VIII (St Denis) avait pour sujet "l'inter culturalitéde la peinture chilienne en France".
Arrivéen 1987 àParis pour fuir un Chili qui commence às'intéresser de trop près àses activités militantes, il bénéficie de l'élan formidable qui anime alors les associations d'aides aux réfugiés. Elles lui fournissent cours de français et petits boulots, mais surtout il y fréquente des intellectuels et des artistes, exilés comme lui.
Entre travail àla banque et coups de pinceau dans des appartements parisiens, il faut bien vivre, il s'inscrit en auditeur libre àla fac d'art plastique, puis suit un vrai cursus àParis VIII, qui le mènera àla maîtrise. "Je suis très reconnaissant àla France de m'avoir permis de faire ces études, gratuitement et avec une couverture médicale", hésite t-il, plus très àl'aise avec le français qu'il dit pratiquer rarement . À Paris, il étudie, peint, il réalise plus de 25 expositions individuelles et une centaine collectives, tombe amoureux. L'intégration est parfaite. Pourtant il n'aspire

qu'àrentrer au Chili: "Je sentais qu'il y avait des choses àfaire, ici, tant politiquement qu'artistiquement. Et puis ma femme de l'époque avait quittéle Chili en 1973, à5 ans, elle souhait retrouver ses racines".
Retour en 1997
En 1997, dix ans après son arrivée, ils rentrent donc, leur bébéde 3 mois sous le bras. Il se souvient: "Le retour a ététrès dur, c'était comme un deuxième exil, j'ai mis un an et demi àme réhabituer au Chili, aux horaires élastiques, aux promesses qui n'en sont pas?Heureusement nous avons eu l'aide de la famille pour atterrir les premiers temps".
Très vite il milite au côtéde Ricardo Lagos, ce qui, àla longue, lui vaudra sa nomination au ministère, direction de l'Architecture. Il explique: "Je m'occupe de l'application de cette loi, calquée sur celle de la France, qui veut que pour chaque édifice public construit ou rénové, une somme soit prévue pour inclure une ?uvre d'art spécialement crée pour ce lieu". Après le travail, il peint et organise des expositions avec l'Association des Peintres et Sculpteurs du Chili (APECH) dont il est vice ?président (www.apech.cl). Il rêve d'organiser une exposition avec tous les peintres chiliens passés par la France comme lui. Il en connaît au moins cinquante ! "Malheureusement , il manque de lieu d'exposition", lance t-il en forme d'appel.
Sophie Rouchon (www.lepetitjournal.com) 28 août 2006

 

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Publié le 28 août 2006, mis à jour le 13 novembre 2012
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