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MAREE ROUGE - Les clés pour comprendre le désastre écologique dans le sud du Chili

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 mai 2016

Suite à l'échouage de plusieurs milliers de fruits de mer sur les plages de l'île de Chiloé, les autorités chiliennes ont déclaré samedi 30 avril l'état de catastrophe naturelle et l'alerte sanitaire dans les zones affectées. El Niño, la marée rouge et la surpêche seraient les causes de ce désastre écologique.

Est-ce un incident isolé ?

Depuis quelques mois, les côtes chiliennes ont été l'objet de plusieurs catastrophes similaires. En décembre 2015, plus de 300 baleines avaient été retrouvées mortes dans un fjord de la Patagonie.

Début 2016, une prolifération anormale d'algues dans la région des Lacs, au sud du Chili, ont provoqué l'asphyxie de 40.000 tonnes de saumon, soit 12% de la production annuelle du pays, deuxième exportateur mondial de ce secteur.

Mi-avril, 8.000 tonnes de sardines mortes ont été découvertes à la surface du fleuve Queule, dans la région Araucanie.

La marée rouge en cause ?

Selon les scientifiques, ce désastre écologique serait dû au phénomène climatique « El Niño », qui touche l'Amérique latine depuis un an. En réchauffant les eaux de l'océan Pacifique, il favoriserait la prolifération d'algues privant les poissons d'oxygène.

De leur côté, les autorités assurent que la marée rouge serait responsable de l'échouage des fruits de mer. Il s'agit d'un phénomène naturel produit par une surconcentration de micro-algues toxiques dans la mer provoquant la paralysie et la mort des animaux.

D'autres hypothèses mentionnent la surpêche et l'aquaculture qui engendrent une multiplication d'algues.

Quels risques pour la santé humaine ?

Les autorités chiliennes ont déclaré l'alerte sanitaire dans les zones affectées. La consommation de fruits de mer contaminés peut en effet provoquer frissons, maux de tête, nausées et vomissements. Elle peut même provoquer la mort par paralysie respiratoire dans un laps de temps très court.

Par précaution, le gouvernement a interdit, jusqu'au 20 juillet, l'extraction de fruits de mer dans toute la région des Lacs, privant de travail des milliers de pêcheurs.

Quelles conséquences économiques ?

La pêche, principal secteur économique de l'île de Chiloé, a été durement impactée. Selon la présidente de la Confédération nationale des pêcheurs artisanaux (Conapach), Zoila Bustamante, quelque 31.000 personnes sont directement affectées par la catastrophe.

Le gouvernement de Michelle Bachelet a offert une aide de 100.000 pesos par famille pour compenser la perte de revenus des pêcheurs. Une somme insuffisante pour ces derniers, qui ont intensifié leurs protestations ce lundi sur l'île de Chiloé. « Les autorités abordent le problème avec beaucoup de légèreté. Des milliers de familles n'ont plus de travail depuis près de deux mois et l'aide de 100.000 pesos ne leur permet pas de joindre les deux bouts », s'indigne Zoila Bustamante.

Alexandre Hamon (lepetitjournal.com/santiago) - Mercredi 4 mai 2016

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Publié le 4 mai 2016, mis à jour le 6 mai 2016
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