Édition internationale

MANAGEMENT- Travailler avec des bosseurs

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Dans le cadre du sujet du jour de notre édition internationale sur le management des collaborateurs  locaux°, lepetitjournal.com de Santiago apporte son grain de sel avec l'interview de la directrice générale d'Air Liquide au Chili, Virginie Cavalli, une Française, femme, dans un univers d'hommes, dans un pays latin... Et Gilles Bassereau Exécutive coach, à Santiago depuis 3 ans et demi,  soucieux par sa fonction même de ne pas stigmatiser les comportements ni tomber dans les clichés

On l'a connue joyeuse et bondissante, encourageant  en famille "ses hommes", lors du tournoi  inter-entreprises de la Semaine française. Virginie Cavalli directrice générale d'Air Liquide au Chili depuis 3 ans et demi, n'a rien du cliché de la grande chef, distante. Menue, "mais je mets des talons", corrige-t-elle, elle semble plutôt s'imposer par son professionnalisme que par son austérité, dans un univers très technique, où presque tout l'effectif (105 personnes, des finances aux ventes, en passant par les ingénieurs, techniciens, transporteurs?) est masculin. "À l'intérieur de l'entreprise, je n'ai aucun problème pour me faire respecter, à l'extérieur, avec les partenaires ou les autorités, c'est moins évident", sourit-elle.  Balayé donc, le handicap que pourrait représenter pour elle, le fait d'être une femme manager. D'ailleurs, de ses collaborateurs chiliens, puisqu'on le lui demande, elle apprécie  outre l'implication dans l'entreprise, les relations simples et directes qui permettent de travailler dans une ambiance "buena onda" d'où les enjeux politiques semblent exclus.

Bien évidemment, on lui demande les contreparties négatives. Elle évoque alors, de manière assez réjouissante, les travers chiliens qui ont comme un petit air connu : un manque d'organisation qui fait, estime-t-elle "perdre du temps". La durée légale du travail , selon elle, n´incite pas à la productivité, contrairement à ce que l´on peut observer en Europe. Elle précise : "lorsque l'on a moins de temps pour effectuer des tâches, on est beaucoup plus efficace, on développe des réflexes et des outils adéquats. En France, les nombreux jours de RTT (Réduction du Temps de Travail), les huit semaines de vacances font qu´on ne peut pas compter sur les collègues tout le temps, il faut donc planifier".  Or, voilà bien, serait-ce "culturel",  un mot, ici, quelque peu étranger: "Le management du temps et des priorités, les rétros planning, ce sont des sujets que je martèle en permanence car tout a tendance à être fait à la dernière minute", ajoute-elle. Résultat, "il faut être sans cesse derrière les gens pour leur rappeler les délais", explique cette bosseuse dont on devine qu'elle n'a jamais, même en France travaillé "que" 35 heures.

Question de confiance
Gilles Bassereau, lui, en tant que coach en entreprise, partage cet avis sur la gestion du temps, souvent, en effet, soulevée comme un  problème dans les structures où il intervient. Il prétend que cela se corrige avec des outils de coaching. Surtout, que, d'accord avec  Virginie Cavalli, il définit les Chiliens comme travailleurs et engagés.
Son expérience de plus de 3 ans au Chili et 10 ans en France lui fait noter une absence de confiance entre les managers chiliens et leurs équipes ce qui selon lui,  explique en partie, un manque d'initiative. Avec les dirigeants qu'il coache, il travaille sur la mise en place de routines pour complimenter ou au contraire, recadrer individuellement chaque collaborateur. Une rétro alimentation pour restaurer la confiance en soi qui doit s'accompagner, selon lui, d'incitations aux résultats.

La solitude du chef
Cette posture « de chef » est dit-il, parfois difficile à adopter dans une culture où l'on sépare difficilement les univers amical et professionnel et où une critique négative dans le travail peut être perçue comme une dépréciation de la personne même. Cette  confusion des rôles a sa contre-parti  positive, elle engendre parfois, de la part des employés, des solutions ingénieuses, voire miraculeuses, une sorte de système B aussi providentiel qu'efficace.
Mais le manque d'autonomie de leurs collaborateurs, souvent déploré par les dirigeants n'est pas seulement lié au manque de confiance. Il provient aussi d'une habitude de s'en remettre au chef. « En Europe, le chef en impose par sa compétence, ici, il se distingue par le fait qu'il prend les décisions », souligne Gilles Bassereau, dont le travail de coach consiste précisément à amener à modifier certains comportements de part et d'autres mais? avec mesure. Car il sait que pour bon nombre de décisions qui exigent de la rapidité d'actions, l'absence de tergiversation ou de résistance a du bon. Tout est une question de dosage.
S.R (www.lepetitjournal.com santiago) Lundi 14 mars

g.bassereau@yahoo.fr

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logofbsantiago
Publié le 14 mars 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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