Édition internationale

ENTRETIEN – Le cinéma chilien sur la bonne voie

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Frédéric Boyer, programmateur pour la quinzaine des réalisateurs à Cannes, faisait partie du jury de l'édition 2008 du SANFIC, festival de cinéma qui vient de s'achever à Santiago. Dans une interview exclusive en plein festival, il évoque le cinéma chilien, la programmation française ou encore l'avenir du cinéma indépendant

Tony Manero, vu à Cannes, couronné au SANFIC et actuellement sur les écrans

Vous êtes juré de l'édition 2008 du SANFIC, pouvez-vous nous donner vos impressions sur la programmation de la compétition internationale, en tant qu'expert de la quinzaine des réalisateurs ?
D'abord je souhaite dire que Carlos Gomez, le programmateur officiel, nous a concocté une sélection courageuse, osée, culottée je dirais même. C'est une programmation qui est assez "rock'n'roll"dans son ensemble, avec des films comme Control ou Berlin. La programmation pour la compétition internationale est elle aussi intéressante, avec des styles très diversifiés.

On a vu effectivement, un mélange des genres avec des documentaires et des fictions regroupés dans la même compétition. Est-ce difficile de comparer les deux ?
C'est vrai, il est difficile de juger un documentaire par rapport à une fiction. Mais là encore, c'est une idée assez contemporaine de Carlos Gomez. Il a décidé de mélanger les deux et c'est intéressant de pouvoir les mêler. Il existe toujours une part de documentaire dans les films indépendants, le challenge pour les jurés, c'est de faire la part des choses. Et ce n'est pas évident.

Pour cette édition, le cinéma chilien est à la fête, notamment avec le film archi-favori et finalement gagnant Tony Manero. Que pensez-vous du cinéma chilien ?
Visiblement, le cinéma chilien, un peu comme le cinéma argentin, porte encore le deuil de la dictature, sauf à quelques exceptions près comme Lisandro Alonso par exemple. Au Chili, il manque je pense, un nom important pour fédérer les réalisateurs et pour aller vers un cinéma innovant. Même si, encore aujourd'hui, on voit qu'il est possible de faire de très bons films sur la seconde guerre mondiale, il est important de se diversifier.

Et comment voyez-vous le futur de ce cinéma ?
Le cinéma chilien est intéressant, il y a beaucoup de courts métrages variés et de très bonne qualité. Les longs métrages sont réalisés dans des conditions difficiles avec des moyens de productions limités. Un partenariat avec les pays voisins pourraient donner de meilleures perspectives. Les organisateurs du festival sont d'ailleurs en train d'essayer de créer une connexion avec le festival péruvien.

Un petit mot sur Tony Manero ?
C'est un film que l'on connaît depuis longtemps, puisqu'il a été présenté à la quinzaine des réalisateurs, et pas en clôture, contrairement à Machuca l'année précédente, ce qui lui a permis d'attirer beaucoup de vendeurs internationaux. On l'avait repéré à Toulouse en mars et du coup on l'a fait venir à Cannes. Les films chiliens qui sont sélectionnés pour la quinzaine doivent être innovateurs, on ne s'intéresse pas au cinéma chilien classique, c'est pour ça que Tony Manero nous a plu.

Il y a de nombreux films français programmés pour le SANFIC, notamment Charly d'Isilde le Besco, pour la compétition internationale.
Charly n'a pas été pris à la quinzaine des réalisateurs, mais effectivement, on connaît le talent d'Isilde, qui s'était déjà faite remarquer avec Demi-Tarif.

Il y a aussi Claire Simon.
Oui avec le très bon Les Bureaux de Dieu, là encore il fallait oser le programmer ici. En tout cas, il y a une "nouvelle vague"de réalisatrices françaises qui est très douée. Elles font toutes partie de la même génération, même Isilde qui est toute jeune. Sa soeur aussi réalise avec talent.
M.C. (www.lepetitjournal.com - Santiago) lundi 1er septembre

logofbsantiago
Publié le 1 septembre 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos