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Election présidentielle au Chili : les bureaux de vote ont fermé, la tension monte

Par AFP | Publié le 19/12/2021 à 05:20 | Mis à jour le 20/12/2021 à 01:05
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Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 21H00 GMT et la tension monte au Chili pour savoir qui des deux candidats aux projets de société diamétralement opposés va en être le président.

Le dépouillement, traditionnellement bien organisé au Chili, a commencé et une tendance pourrait rapidement se dessiner si un des deux candidats se détache.

Mais les finalistes de ce second tour pour désigner le successeur de Sebastian Piñera étaient au coude-à-coude dans les derniers sondages, pour ce duel inédit depuis le retour à la démocratie en 1990.

Les 15 des 19 millions de Chiliens appelés aux urnes se sont majoritairement déplacés dans la matinée, une vague de chaleur frappant leur pays, avec plus de 35 degrés relevés dans la capitale Santiago.

Le candidat de la gauche progressiste, Gabriel Boric, attendra le résultat dans le centre de Santiago où une grande fête est prévue en cas de victoire. José Antonio Kast, pour l'extrême droite, réunira de son côté ses soutiens dans un quartier huppé de l'est de la capitale.

- Accepter la défaite -

Gabriel Boric, député depuis 2014, dirige une coalition de gauche avec le Parti communiste. Il se présente comme le candidat du changement et l'héritier politique du mouvement de 2019 pour davantage de justice sociale dans le pays le plus inégalitaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Agé de 35 ans, l'âge minimum pour se présenter, l'ex-leader d'un mouvement étudiant en 2011 n'était pas attendu dans le sprint final il y a quelques mois seulement.

"Il est possible de faire un Chili plus humain, plus digne, plus égalitaire", a déclaré celui qui veut le transformer en un "Etat-providence" après avoir voté dans sa ville natale de Punta Arenas, dans l'extrême sud, sur le détroit de Magellan.

"Si nous perdons, nous le reconnaîtrons (...) Nous respecterons le résultat, quel qu'il soit, sans installer le voile du doute. Mais nous allons gagner et attendons une reconnaissance réciproque de la part de notre adversaire", a-t-il ajouté.

Il faisait allusion aux craintes que José Antonio Kast ne conteste la validité du processus électoral, comme l'ex-président américain Donald Trump qu'il dit admirer autant que celui du Brésil Jair Bolsanoro.

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Répétant après avoir voté dans sa ville de Paine, à 30 km au sud de Santiago, être le candidat "de l'ordre, de la justice et de la sécurité", M. Kast, nostalgique de la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), dit s'attendre à un "résultat serré".

Il a annoncé qu'en cas de défaite, il pourrait ne pas reconnaître le résultat de l'élection si l'écart entre les deux candidats était inférieur à 50.000 voix.

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Arrivé en quatrième position en 2017 (7,93%), M. Kast a triomphé au 1er tour fin novembre (27,9% contre 25,8% à M. Boric) à la tête du parti d'extrême droite "Les Républicains" qu'il a lui même créé en 2018.

Il profite du rejet inspiré par le président conservateur Sebastian Piñera qui achève dans l'indifférence son second mandat (depuis 2018, après un premier en 2010-2014). La droite chilienne s'est donc rangée en ordre de bataille derrière lui.

Le programme économique ultralibéral de cet avocat de 55 ans vise à encore plus réduire les dépenses de l'Etat et à abaisser les impôts des entreprises pour créer de l'emploi.

Tout le contraire du programme du trentenaire Gabriel Boric qui entend promouvoir une grande réforme fiscale pour faire participer les plus riches -1% des Chiliens détenant 26,5% des richesses, selon une agence de l'ONU- à son programme de meilleur accès à la santé, à l'éducation et à la création d'un nouveau système de retraite, aujourd'hui entièrement privé.

- "Nouvelle phase" -

Mais dans un pays gouverné par le centre droit et le centre gauche depuis la fin de la dictature il y a 31 ans, les électeurs semblent animés par le rejet plutôt que par l'adhésion.

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La campagne présidentielle a été rugueuse et "axée sur le discrédit du concurrent", a expliqué Marcelo Mella, politologue à l'Université de Santiago.

Après avoir voté, le président Piñera a lui aussi regretté une campagne dans "un environnement de polarisation excessive, de confrontation, de disputes".

L'issue de ce scrutin indécis sera dictée par la captation des voix du centre et la mobilisation des abstentionnistes du 1er tour (53%).

"J'ai espoir que le Chili entre dans une nouvelle phase et puisse tester le concept d'Etat-providence", a déclaré en se rendant aux urnes Sebastian Vera, 35 ans, un professeur d'histoire partisan de Gabriel Boric.

Mais si Antonio Kast l'emporte, il dit redouter "un retour en arrière (...) où notre système néolibéral deviendra encore plus impitoyable qu'il ne l'est déjà".

Nataly Hidd, une fonctionnaire de 32 ans, dit aussi avoir "peur de ce qui peut arriver" à son pays après le vote, certaine qu'il "y aura des protestations d'une manière ou d'une autre".

Nicolas Julio, un étudiant de 21 ans, est quant à lui "perdu". Il ne fait "confiance à aucun des deux" et ne savait pas encore sur le chemin du bureau de vote quel était le candidat du "moindre mal".

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