

Alors qu'en France, le droit de vote des étrangers aux élections municipales est toujours débattu, en Belgique, cela fait neuf ans que la loi est passée. Révolutionnaires les Belges ? Que dire alors du Chili qui accorde le droit de vote aux étrangers à toutes les élections, et ce depuis 1980 !
Concernant le droit de vote des étrangers, l'Amérique latine est bien plus ouverte que l'Europe. En effet, seuls deux pays sur douze (l'Equateur et le Surinam) limitent le droit de vote uniquement à leurs propres citoyens. Mais le Chili est le pays d'Amérique latine le plus avancé en la matière. Depuis 1980, le droit de vote des étrangers résidents légalement depuis au moins cinq ans - à toutes les élections, sans condition de réciprocité -est inscrit dans la Constitution. C'est également le cas du Venezuela (après dix ans) et de l'Uruguay (après quinze ans). De plus, depuis 2012, au Chili, l'inscription sur les listes électorales se fait automatiquement. Avant cette date, l'inscription était volontaire mais le vote obligatoire. Aujourd'hui c'est le contraire. Vous résidez depuis au moins 5 ans au Chili? Vérifiez votre lieu de vote ici
Chiliens de l'étranger, toujours pas le droit de vote
Si le Chili pratique une politique d'ouverture envers les étrangers sur son territoire, les Chiliens résidant à l'étranger ne sont toujours pas autorisés à voter lors de leurs propres élections. Un héritage de la dictature, lorsque les exilés étaient perçus comme des ennemis du pouvoir. Aucun gouvernement depuis n'a cependant pris la peine de faire les modifications nécessaires. Et pourtant le président Piñera, tout comme Michelle Bachelet avant lui, en avait un fer de lance. Avec les élections présidentielles qui approchent (novembre 2013), les Chiliens de l'étranger ? qui représentent une communauté d'environ 830 000 personnes selon l'Institut National de Statistiques du Chili - montrent de plus en plus leur mécontentement. Ils avaient d'ailleurs organisé, le week-end du 16 et 17 mars, une mobilisation internationale devant les ambassades chiliennes de plusieurs pays.
La France à la traîne
"J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans."Tel était l'engagement 50 de François Hollande lors de sa campagne présidentielle en France en 2012. Si l'on en croit le gouvernement, la question devrait d'ailleurs être portée devant l'Assemblée, puis au Sénat, cette année afin que la loi entre en vigueur avant les prochaines élections municipales de 2014.
Mais rien n'est encore gagné sachant qu'en France pour accorder le droit de vote aux étrangers - hors Union Européenne bien évidemment vu que ce droit là a été accordé simultanément dans tous les pays de l'UE par le traité de Maastricht en 1998 ? il faut, outre le vote à l'Assemblée et au Sénat, réviser la Constitution.
Le cas belge, dans la moyenne européenne
En Belgique, depuis 2004, le droit de vote est accordé, aux élections communales uniquement, à tous les étrangers non-européens, résidant depuis minimum cinq ans dans le pays. Alors que tous les Belges sont automatiquement inscrits sur les listes électorales, les ressortissants étrangers doivent faire d'eux-mêmes les démarches pour s'inscrire sur les listes électorales . Car, comme au Chili avant 2012: voter est obligatoire en Belgique. Pas question donc d' obliger les non belges résidents à voter.
La Belgique est l'un des douze pays européens a accorder le droit de vote à tous les étrangers pour les élections locales. L'Irlande est le pays le plus ouvert : depuis 1992, tous les étrangers peuvent voter et se faire élire aux élections municipales sans aucune condition de durée minimale de résidence dans le pays. Quant à la Finlande, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suède, ils permettent aussi aux étrangers d'être éligibles mais après une durée de séjour sur leur territoire oscillant entre deux et cinq ans.
Elise Mertens (www.lepetitjournal.com Santiago) mercredi 3 avril 2013





