Édition internationale

CATASTROPHE - L'éruption du volcan Chaitén a déplacé une ville

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Le 2 mai avait lieu une première éruption du volcan Chaitén, suivie d'une autre le 6 mai qui a nécessité l'évacuation totale et immédiate de la ville de Chaitén. Une semaine après le bilan est lourd pour les habitants qui ne pourront peut être plus jamais regagner leurs foyers

Le 2 mai dernier avait lieu la première éruption du volcan Chaitén, situé à 1.220 kms au Sud de Santiago, et à 10 kms de la ville du même nom. Dans les douze heures qui ont suivi une mission de sauvetage a été mise en place et la majorité de la population a été évacuée, laissant derrière elle une ville couverte d'un manteau gris de cendres. Mais c'est la seconde éruption, le 6 mai, qui a déclenché l'alerte rouge obligeant les derniers habitants, environ 300 personnes qui refusaient de partir, à quitter les lieux escortés par les autorités.
Aujourd'hui Chaitén est devenue une ville fantôme. La bourgade, située au sud de Puerto Montt, dans la province de Palena, n'avait pas connu d'éruption depuis des centaines d'années. Les habitants connaissaient le danger de ce voisinage. Le Chili possède la seconde chaîne volcanique la plus importante après l'Indonésie et 500 de ses 2.000 volcans sont considérés comme potentiellement actifs.

Lourdes incertitudes
C'est près de 3.000 personnes qui ont été déplacées en urgence de Chaitén vers Puerto Montt et l'île de Chiloé. Il n'y a eu aucune victime mais du point de vue des ressources le bilan est plus grave. Le bétail n'a pas été évacué immédiatement et beaucoup d'animaux sont morts, une catastrophe pour de nombreux agriculteurs. Depuis le début, la présidente Michelle Bachelet a tenu à être très présente et encourageante : "La tâche aujourd'hui, après protéger vos vies, est de vous aider à surmonter au maximum l'impact que cet incident aura sur vos vies". Samedi elle a passé plus de trois heures dans la région, masquée et bottée.
Les réfugiés sont aujourd'hui en situation d'attente, logés dans des auberges et chez les habitants pour un temps indéterminé, ne sachant pas s'il pourront un jour regagner leur ville. Depuis hier la possibilité d'organiser des excursions très surveillées pour permettre aux familles de récupérer des biens personnels ou documents est étudiée de près par le gouvernement. La ministre de l'Education, Mónica Jiménez, s'est engagée à re-scolariser au plus vite les enfants dans des écoles de Puerto Montt ou Chiloé.
Des experts chiliens et étrangers suivent toujours de près l'évolution de l'activité du volcan. Michelle Bachelet travaille à débloquer des aides financières -1 million de pesos sont évoqués plus 600.000 mensuels pour chaque foyer- afin de permettre aux familles déplacées de s'installer durablement ailleurs dans le pays, s'ils le souhaitent.
Samedi soir, le Chili "fumeux"occupait une bonne place dans le journal télévisé de 20h de France 2.
L.S. (www.lepetitjournal.com - Santiago) lundi 12 mai 2008

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Publié le 12 mai 2008, mis à jour le 13 novembre 2012
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