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ARNAQUE DES FROMAGES MAGIQUES - Dix ans après, l'affaire continue d'indigner au Chili

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 mars 2016

 

Dans un jugement rendu la semaine dernière, la justice française a décidé de verser un euro symbolique aux victimes de l'escroquerie de Madame Gil, la française qui a ruiné 5.500 Chiliens entre 2005 et 2006. Retour sur cette affaire qui n'en finit pas de faire débat au Chili.

Malgré la condamnation à six ans de prison, en juillet dernier, de Gilberte Van Erpe, alias « Madame Gil », l'affaire des petits fromages magiques n'est pas prête d'être close au Chili. La récente décision de la justice française d'indemniser les victimes d'un euro symbolique a provoqué l'indignation des quelque 700 Chiliens qui s'étaient porté partie civile contre Van Erpe pour préjudice moral.

Ils considèrent ce jugement comme une « plaisanterie » face à l'ampleur de l'arnaque qui a fait 5.500 victimes au Chili et dont le préjudice s'élèverait à 14,5 millions d'euros.

14,5 millions d'euros de préjudice

Entre 2005 et 2006, Madame Gil proposait à ses clients de devenir producteurs à domicile de petits fromages qui seraient revendus à l'industrie cosmétique française, notamment à L'Oréal.

Les victimes achetaient à prix d'or des kits de ferments lactiques, commercialisés par l'entreprise chilienne Fermex, qui donnaient des petits fromages après quelques semaines de culture. Beaucoup se sont endettés sur la promesse que ces « quesitos mágicos » apporteraient un bénéfice de 100%.

Une escroquerie pyramidale

Destinés à l'exportation, les fromages n'ont jamais quitté le Chili et ont été retrouvés en train de pourrir dans un entrepôt. Ils ne pouvaient de toute façon pas servir à fabriquer des produits de beauté.

L'investigation a révélé une arnaque de type pyramidale. Les sommes reversées aux premiers investisseurs étaient en réalité les dépôts des suivants. Madame Gil était une experte en la matière : elle avait déjà été condamnée pour des escroqueries similaires en Belgique et au Pérou.

Si une partie des victimes a été remboursée, d'autres n'ont pas eu cette chance. 700 d'entre elles se sont portées partie civile devant la justice française mais le récent jugement de cette dernière risque d'alimenter encore la polémique dix ans après l'une des plus grandes arnaques de l'histoire du Chili.

Alexandre Hamon (lepetitjournal.com/santiago) - Mardi 15 mars 2016

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Publié le 15 mars 2016, mis à jour le 15 mars 2016
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