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ALCOOLS - Les bières artisanales, un marché qui ne se fait pas de mousse

Écrit par Lepetitjournal Santiago
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 28 mars 2014

Dans un pays pourtant à tradition viticole, les bières se font une place de plus en plus grande sur le marché de la boisson. Lepetitjournal.com se penche sur ce phénomène et livre de bonnes adresses

Dans un pays surtout reconnu pour la qualité de ses vins, la production locale de bière pourrait presque passer inaperçue. Mais force est de constater que depuis une quinzaine d'année, le milieu de la bière artisanale est en plein essor, et touche une clientèle de plus en plus large. Les bières sont produites dans des maisons et des microbrasseries de manière principalement manuelle, au cours d'un processus qui peut énormément varier selon les producteurs. L'empâtage (le mélange des différentes céréales à l'eau chaude), la cuisson, la fermentation (qui peut durer de cinq jours à deux semaines), puis la mise en bouteille et l'étiquetage?. Autant d'étapes qui peuvent se faire sans beaucoup de matériel, et qui permettent de produire de nouvelles variétés de bières. Les bouteilles sont ensuite entreposées dans une chambre froide avant d'être expédiées partout dans le pays.

Ignacio Henriquez était ?nologue avant de se mettre à la production de bière artisanale. Déçu par la relative homogénéité des bières proposées dans le commerce, il s'est mis à créer la sienne, et, devant son succès, a fondé son propre bar : La Cerveceria Nacional, un bar en plein milieu du quartier Yungay et dont le succès réside dans son impressionnante carte de bières artisanales et chiliennes. Il explique qu'au Chili, le phénomène est grandissant et touche une clientèle dont l'âge oscille entre 25 et 50 ans. Face à la pauvreté gustative des bières commerciales, beaucoup de chiliens se sont lancés dans la brasserie pour renouveler le milieu, à coup de bières à haute teneur d'alcool, plus noires, dotées de nouvelles saveurs... Ainsi, l'IPA (India Pale Ale, un type de bière à haute teneur d'alcool) a un IBU ? unité de mesure de l'amertume des bières - de 100, alors qu'il avoisine en général la valeur de 25 pour les autres bières. Une spécificité qui assure son succès : la Pale Ale de la brasserie chilienne Guaycan était ainsi présente au Mondial de la bière 2013 à Montréal. C'était la première fois que le Chili était représenté à cet événement, qui illustre le caractère mondial de ce phénomène. 

Une production locale qui n'échappe pas aux contrôles sanitaires

A Santiago, Ignacio explique que les étrangers sont de plus en plus férus de ce type de bière. Synonyme d'authenticité, de proximité avec le producteur, les clients ont conscience de goûter des produits qui, s'ils sont plus chers, sont de meilleure qualité que les bières commerciales. Ainsi, lorsque le demi d'escudo avoisine les 500 pesos (soit près de 65 centimes d'euro), le demi d'une Pokül - une bière blonde d'un brasseur de la province de Santiago - coûte près de 2500 pesos, (soit un peu plus de trois euros). Une différence de prix qui peut être bien plus élevée, et qui est pour beaucoup un gage de qualité. Face à l'essor de ce marché, le Ministère de l'agriculture a appelé les petits producteurs à s'enregistrer afin de garantir aux consommateurs le respect des normes d'hygiène et l'authenticité de leurs produits. Une règlementation qui, si elle est tardive (elle date de 2013), illustre bien les proportions grandissantes du secteur, très dynamique.

Car certaines marques disparaissent lorsque d'autres naissent, et on ne compte pas moins de 250 marques de bières artisanales dans tout le pays, dont plus de 60 pour la seule région de Santiago. Les douces « golden » et autres blondes concurrencent les ambrées et les IPA dont l'amertume ravit le palais. Si l'on devait nommer les plus réputées, on citerait la Barley Wine, forte et intense (avec une teneur en alcool qui va de 8 à 12%), la IPA Americana, à la saveur très marquéepar le houblon, ou encore la Mahina Stout, qui vient de l'Île de Pâques et est brassée à l'eau de pluie. Pour déguster ces bières, vous pouvez aller dans une dizaine de bars à Santiago, dont la Cerveceria Rustico à Maipu, ou encore la Cerveceria Barbudo de Ñuñoa.

Clément Ourgaud (www.lepetitjournal.com/Santiago) Jeudi 27 mars 2013

* Les adresses : 

La Cerveceria NacionalCompañía de Jesús 2858, dans le Barrio Yungay (métro Quinta Normal)

La Cerveceria Rustico :  Renaico 3006, dans la commune de Maipu (métro Santiago Bueras)

la Cerveceria Barbudo : Av. Pedro de Valdivia 2455, à Ñuñoa (métro Irarrázaval)

logofbsantiago
Publié le 27 mars 2014, mis à jour le 28 mars 2014
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