

Après un passage remarqué à Cannes, le film NO de Pablo Larrain, sortie en août dernier, vient d'être sélectionné pour l'Oscar du meilleur film étranger. A cette occasion ce film qui retrace l'histoire de la préparation de la campagne pour le NON au référendum de 1988 -qui devait décider du maintien ou non de Pinochet au pouvoir- ressort le 17 janvier au cinéma
Après avoir été distingué à Cannes durant la Quinzaine des Réalisateurs, le film NO de Pablo Larrain (Tony Manero, Post Mortem) est en piste pour les oscars. (catégorie meilleur film en langue étrangère) au côté entre autre de Amour dernière palme d'or.
Gael Garcia Bernal, le ténébreux et charismatique acteur mexicain connu et célèbre pour ses rôles dans Babel ou Carnets de voyage, y incarne René Saavedra, jeune publicitaire de retour au Chili après une période d'exil. Celui-ci se voit confier la réalisation de la campagne du NO pour le référendum d'octobre 1988. Prévu par la Constitution chilienne de 1980, ce référendum avait pour but de décider du maintien au pouvoir ou non du dictateur Pinochet durant les 8 années suivantes. Le processus de transition démocratique de la Concertacion devait commencer après la victoire du NON.
En plus des nombreuses images et films d'archives présentés, Pablo Larrain a pris le parti de filmer avec du matériel d'époque, afin de recréer l'ambiance et d'obtenir une certaine cohérence entre les images de réalité et de fiction. Le spectateur appréciera donc de retrouver les couleurs et textures des programmes de l'époque, comme si le film sortait directement de l'année 1988.
Le fort de ce film presque documentaire, c'est surtout de montrer que la réalisation de la campagne médiatique du NO, connue encore aujourd'hui par son mythique refrain "Chile, la alegria ya viene", n'a rien eu d'évident. Au contraire, elle est le fruit d'une intense négociation, entre René Saavedra et les membres de la Concertacion. Pour le premier, la campagne doit être le symbole du renouveau, du changement à venir, de la rupture. Pour les autres, elle doit avant tout montrer la réalité du gouvernement militaire, la violence et la peur. Et entre les deux, la seule chance de pouvoir s'exprimer sur les canaux de télévision officiels.
La prestation remarquable de Gael Garcia Bernal, qui incarne avec brio la "chilensis" jusqu'à faire oublier qu'il est Mexicain, camoufle un peu le manque de profondeur du film. Entre documentaire engagé et fiction romancée, le style du film et l'objectif du réalisateur restent flous.
Cécile Tron Muratori avec Sophie Rouchon(www.lepetitjournal.com Santiago) vendredi 11 janvier 2013





