Mardi 24 novembre 2020

BRUNO CORDIER - Sydney-Perth à vélo

Par Lepetitjournal Perth | Publié le 06/01/2013 à 21:00 | Mis à jour le 06/01/2013 à 23:47

 

Bruno Cordier

 

Avec sa rubrique Portrait, lepetitjournal.com vous propose de partir à la rencontre de francophones pour partager leur expérience, leur vision de l'Australie, de Perth et ses environs. Aujourd'hui, Bruno Cordier, originaire de Bourg-en-Bresse (Ain), infirmier en soins palliatifs qui part vendredi prochain, le 11 janvier pour une grande aventure : Sydney-Perth à vélo, seul, sans véhicule de soutien, 4 097 km au profit de l'association Hamlin Fistula Ethiopa. Et pour ajouter de la difficulté, il s'est fixé une date de retour : le 14 février, le jour de la Saint-Valentin pour être là pour embrasser son amie Gracie.

Lepetitjournal.com/Perth - Pourquoi l'Australie ?
Bruno Cordier - J'étais déjà venu en 2001 en Australie pour un voyage, j'étais ensuite allé en Inde durant 3 ans dans le cadre d'un bénévolat. C'est là que j'ai rencontré Gracie, australienne, qui est devenue ma petite amie. Début 2009, j'ai décidé de revenir en Australie. C'est ici que j'ai passé mon diplôme d'infirmier.

Quels souvenirs gardez-vous de votre arrivée ? Ce que vous avez aimé ? Ce qui vous avait déplu ?
La chaleur, je suis arrivé en été lors de mon premier séjour. Les grands espaces, j'étais alors Australie du Sud, le désert. Et aussi, l'accent australien : j'avais parfois du mal à communiquer ! Rien ne m'a déplu, mais j'ai été choqué par les relations entre les aborigènes et les non aborigènes, je ne m'attendais pas à ça en fait.

Et maintenant ? Qu'est-ce qui vous plaît ? Qu'est ce qui vous dérange, vous agace, vous déplait ?
J'apprécie l'attitude « laid back » des Australiens, c'est-à-dire relax. J'aime également leur ouverture d'esprit, leur sourire. J'apprécie toujours autant les grands espaces, le fait qu'il n'y ait pas trop de monde. Il manque juste des montagnes ! Et j'adore le vin australien !

Avez-vous pris certaines habitudes australiennes ? Lesquelles ?
Oui, j'ai commencé à boire de la bière quand il fait chaud !
Gracie intervient : et la Vegemite !
C'est vrai, je mange aussi de la Vegemite ! Je perds mes habitudes françaises et adopte la "laid back" attitude des Australiens.

Votre endroit préféré en Australie ?
S'il n'y en avait qu'un ce serait Uluru, qui dégage vraiment quelque chose de particulier. Mais je ne peux pas m'empêcher de citer : Daintree Forrest, le Sud-Ouest de l'Australie, Fremantle

Si vous deviez définir l'Australie, les Australiens en deux mots, quels seraient-ils ?
Ce n'est pas facile. Je dirai : easygoing, welcoming, isolated (facile à vivre, accueillant, isolé)

Est-ce qu'il vous manque quelque chose de France ?
Pas tant de choses que cela, si ce n'est la famille et les amies proches d'enfance.

Comment avez-vous connu l'association Hamlin Fistula Ethiopa ?
En mars 2012, nous avons fait un voyage en Ethiopie. Nous avions dans nos bagages ?Catherine's Gift? de John Little qui raconte l'histoire des docteurs australiens Reg and Catherine Hamlin, obstétriciens et gynécologistes, fondateurs de l'hôpital Addis Ababa Fistula Hospital en Ethiopie. Et qui plus est, certains de nos amis, rencontrés en Inde, travaillaient maintenant en Ethiopie et nous ont parlé de cette association. Nous avons donc été visiter un de ses six hôpitaux. Nous avons été extrêmement touchés par les femmes victimes de la fistule obstétrique.

Qu'est-ce que la fistule obstétrique ?
Pour faire simple : suite à un accouchement difficile qui aurait nécessité une césarienne, les femmes se retrouvent incontinentes et sont alors rejetées par leur communauté. La fistule obstétrique a complètement disparu des pays développés.

Comment vous est venu l'idée de ce projet?
Après l'Ethiopie, nous sommes allés en France. Nous étions dans un café et on voit aux infos trois Anglais qui traversaient l'Afrique à vélo. Gracie me dit : "Tu devrais faire ça. Et tu devrais le faire pour l'association Hamlin Fistula Ethiopa". Et voilà depuis juillet, Gracie met en place le projet et moi, je m'entraîne, me prépare.

Pourquoi le vélo ?
J'ai déjà fait des treks mais jamais de course de vélo. Mais comme le vélo est devenu mon moyen de transport n°1, c'est naturellement ce que j'ai choisi pour cette traversée.

Quel sera votre parcours ?
Je pars de Sydney pour avoir le vent de dos. Ensuite, Mildura, Port Augusta, Adelaide et enfin la plaine de Nullarbor et enfin l'Australie Occidentale et Perth. Chaque étape devrait être e 130-200 km soit de 7 à 10h de vélo par jour.

Qu'appréhendez-vous le plus ?
Les problèmes techniques, j'emporte avec moi un minimum (un pneu, une chambre à air, deux rayons) mais si j'ai besoin de pièces spécifiques pour réparer le vélo, je peux perdre beaucoup de temps. Je suis déjà content car à Adelaide, Mitcham Cycle Centre qui m'a offert tout le matériel, va faire une révision du vélo et faire les réparations nécessaires avant la traversée de la plaine de Nullarbor, qui veut dire "sans arbre" en latin. C'est la partie du trajet que j'appréhende le plus car c'est une plaine désertique de plus de 1100 km, il va faire très chaud, il y aura alors près de 200 km entre les roads houses. J'espère être là le 14 février comme annoncé soit 34 jours de traversée.

Qu'emportez-vous ?
Une tente, un sac de couchage, de la nourriture pour une journée - une journée et demie, soit du muesli, des protéines en poudre, 10 litres de d'eau et j'achèterai aussi du pain.

De la musique ? Un téléphone ?
Oui, de la musique mais je ne pourrai pas l'écouter quand je pédale, car je dois être vigilant aux road trains qui sont nombreux. Et oui, un téléphone qui sera mon seul "soutien" et qui me permettra de rester en contact avec Gracie qui tiendra un blog à jour pour relater cette aventure.

Pourquoi cette aventure ?
Pour soutenir l'association et toutes ces femmes qui souffrent mais aussi pour me dépasser, me retrouver seul à moi-même. Je me prépare sérieusement depuis trois mois physiquement et mentalement, ce qui finalement est assez peu et du coup, je ne suis pas trop confiant. Et je crois que c'est important de n'être pas trop confiant pour rester attentif.

Perth et vous. Votre quartier préféré ? Pourquoi ?
Fremantle qui a un esprit communautaire, progressif assez fort, beaucoup de personnes sont engagées dans des associations, pour des causes? Et en plus, il y a beaucoup de Français !

Votre ballade préférée ? Pourquoi ?
J'aime tout simplement me promener le long de South Beach

Votre activité préférée à Perth ? Pourquoi ?
La méditation sur la plage ou dans un parc, et aussi jouer du didgeridoo.

Votre restaurant ou bar préféré ? Pourquoi ?
Bruno : Unravveled, un petit restaurant italien qui fait de très bonnes pâtes maison.
Gracie : Bateman, un petit restaurant chinois authentique, pas cher du tout et surtout très bon.

Lepetitjournal.com souhaite bonne chance à Bruno pour son aventure et vous donnera de ses nouvelles lors de son périple et sera là pour son arrivée le 14 février. Vous pouvez soutenir l'association Hamlin Fistula ethiopa en faisant un don : http://hamlin.org.au/bruno/.

Julia Genty-Drouin (www.lepetitjournal.com/perth.html), lundi 7 janvier 2013

Le site pour suivre le périple de Bruno : http://hamlin.org.au/bruno/
Pour en savoir plus sur la fistule obstétrique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fistule_obstétricale
Unravelled : 3 Glyde Street, Mosman Park, WA 6012, Tél : 08 9385 3854
Bateman : 22 Parry Avenue, Bateman, WA 6150, Tél: 08 9332 0838

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