Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 3ère circonscription des Pays-Bas. Sophie Descollaz se présente pour la liste Volt France.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis Sophie Descollaz, Française de Nice, vivant près de Maastricht depuis cinq ans. Je suis venue habiter aux Pays-Bas parce que j'aime profondément la culture, la manière de vivre et les paysages de ce beau pays. Je suis cheffe d'entreprise dans le management positif de la performance et business angel : j'investis dans des jeunes pousses et les aide ainsi à développer leurs innovations. Mariée, mère de trois enfants déjà adultes, je suis également co-tête de liste Volt France pour ces élections consulaires, conjointement avec Joël Haas : car Volt fonctionne sur le principe de la parité et du co-leadership à toutes les fonctions. J'aime la culture et les langues étrangères. J'ai choisi d'être membre de Volt parce que c'est le seul parti pan-européen, présent dans 33 pays avec près de 40 000 membres, qui s'engage à faire converger les politiques au sein de l'Union européenne pour le bien de tous.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Pour moi les conseillères et conseillers consulaires sont des élu.e.s de terrain ayant la capacité de dialoguer à la fois avec les administrations nationales et locales de leur pays de résidence et de la France, avec la société civile, les citoyennes et les citoyens.
Parmi leurs missions essentielles, la principale est particulièrement concrète, car il s'agit d'accompagner les Françaises et Français dans leurs démarches administratives à l'étranger, d'intervenir en matière éducative – notamment sur les bourses –, de soutenir les associations locales, de défendre leurs intérêts. Impossible de l'être depuis un bureau ou derrière un écran, le contact est fondamental.
Mais ce sont aussi des personnes de contact, qui doivent être capables de porter leurs préoccupations auprès des autorités françaises et néerlandaises pour ce qui concerne notre circonscription. C'est d'ailleurs tout l'avantage de Volt, puisque nous avons également des élus locaux et nationaux, ici aux Pays-Bas, avec lesquels nous sommes déjà en contact quotidien, puisque nous avons la même vision et le même programme européen, et bien entendu les mêmes valeurs.
Il ne faut enfin pas négliger l'importance « nationale » des conseillers des Français de l'étrange, qui élisent les 12 sénatrices et sénateurs représentant les Françaises et Français établis hors de France, ainsi que les 90 membres de l'Assemblée des Français de l'étranger. Ils participent donc aussi, à leur façon, à façonner le paysage politique.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
C'est la première fois que Volt présente des listes à ces élections et nous en sommes très fiers! Nous avons construit une liste bien sûr basée sur une parité hommes-femmes, mais aussi sur une diversité de profils professionnels, générationnelle et géographique. Nous comptons des étudiant.e.s, des retraité.e.s, des salarié.e.s, des chef.fe.s d'entreprise comme moi. Nous sommes toutes et tous actifs à Volt, dont nous contribuons aux activités ici, aux Pays-Bas. Nous nous complémentons tant au niveau des compétences – par exemple en sachant créer des ponts directs entre la communauté française et les décideurs néerlandais, à commencer par Volt Pays-Bas, pour faciliter les initiatives locales – qu'au niveau de notre implantation géographique. Nous sommes toutes et tous très engagés au niveau local, connaissons bien la société néerlandaise, disposons d'un large réseau aux Pays-Bas et sommes prêts à donner de notre temps pour représenter les Françaises et Français établis ici.
Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Ces élections ne sont malheureusement pas très connues des Français.e.s vivant à l'étranger. Pourtant, elles concernent directement leur vie quotidienne. Ces élections leur permettent de faire entendre leur voix au quotidien. En vivant à l'étranger nous sommes encore plus directement impactés par les différences de lois et de régimes, notamment fiscaux, et relatifs à la sécurité sociale. Nous sommes également des Européens, et faisons l'expérience au quotidien de tous les acquis de la construction européenne : notamment la liberté de vivre, d'étudier et de travailler dans l'Union, la monnaie unique. Notre vision d'une Europe unique est encore très éloignée, mais nous aimerions qu'un jour, quitter la Bretagne pour s'établir à Rotterdam, ou vivre à Gouda avant de s'installer à Strasbourg, soit aussi simple que de déménager à l'intérieur d'un même pays. C'est avec cette vision que nous avons construit notre programme, et c'est elle que nous porterons au quotidien.
Mais les élections consulaires sont également le moment de faire entendre une ambition et un message d'espoir : alors que l'Europe est menacée de toutes parts et que les forces nationalistes et populistes veulent fragiliser les fondements de nos démocraties, nous sommes convaincus qu'un projet positif et constructif, tourné vers l'avenir, peut redonner la confiance dans l'Europe. C'est pour cela que Volt porte un projet à la fois fédéraliste, progressiste, attaché aux droits humains et à la démocratie, ambitieux sur l'environnement.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
- De nombreux Français aux Pays-Bas choisissent le statut d'auto-entrepreneur (ZZP), mais se retrouvent isolés face à la complexité administrative néerlandaise et aux risques de "salariat déguisé".
- Les frais de scolarité élevés excluent les revenus moyens, tandis que l'offre pédagogique reste parfois trop cloisonnée par rapport au système néerlandais local.
- Le potentiel d'innovation des Français de la Tech aux Pays-Bas est sous-exploité par manque de ponts institutionnels entre la French Tech et les incubateurs locaux.
- Les difficultés à se loger du fait du marché de l'immobilier très tendu aux Pays-Bas et du manque de connaissance de ses spécificités.
- Les victimes de violences domestiques à l'étranger sont doublement vulnérables : barrière de la langue, méconnaissance des procédures de la Politie et éloignement des cercles de solidarité.

