Édition internationale

La Nouvelle-Zélande face aux tensions sur l'approvisionnement en carburant

La guerre au Moyen-Orient fait monter les prix à la pompe et commence à perturber le transport aérien. Si la situation reste sous contrôle, elle invite le pays à repenser sa dépendance énergétique.

Femme attrapant un pistolet de pompe a essenceFemme attrapant un pistolet de pompe a essence
Écrit par Pascale Desrumaux
Publié le 26 mars 2026

Depuis plusieurs semaines, et comme de nombreux pays dans le monde, la Nouvelle-Zélande ressent les effets du conflit qui secoue le Moyen-Orient. La fermeture effective du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, a provoqué une hausse significative des prix du brut. Pour un pays qui importe la quasi-totalité de son carburant, les conséquences se font rapidement sentir.

Dans certaines régions, des stations-service ont temporairement affiché des pompes vides, suscitant une certaine inquiétude parmi les automobilistes. Mais les autorités tiennent à relativiser : la Nouvelle-Zélande dispose encore d'environ 33 jours de stocks d'essence et 27 jours de diesel à terre, plus les livraisons en route. Les tensions locales s'expliquent davantage par des achats par précaution que par une véritable pénurie nationale. Le phénomène rappelle la ruée sur certains produits de première nécessité observée durant la pandémie de Covid : la peur de manquer finit par créer elle-même la pénurie.

Le transport aérien aussi touché

La hausse du kérosène commence à impacter directement le transport aérien. Jetstar a supprimé 12 % de ses vols programmés, touchant des liaisons domestiques comme Auckland-Christchurch et Auckland-Wellington, mais aussi des vols internationaux vers Sydney et Brisbane.  Air New Zealand a de son côté annulé quatre vols aller-retour vers les Samoa, tout en précisant que ce changement restait "minimal" par rapport à son programme habituel.  

Des mesures de soutien pour les ménages

Face à l'impact sur le pouvoir d'achat, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures ciblées. 143 000 familles avec enfants recevront 50 dollars supplémentaires par semaine via un crédit d'impôt sur le revenu du travail. Le gouvernement a en revanche écarté toute baisse générale de la taxe sur l'essence, jugée trop coûteuse.

Les transports en commun semblent bénéficier de la situation

Du côté des transports en commun, Auckland a enregistré 2,25 millions de trajets en bus, train et ferry la semaine dernière, un record sur sept ans, avec 140 000 déplacements supplémentaires par rapport à la même semaine l'année précédente. 

 

La situation reste gérable, mais elle met en lumière une fragilité bien réelle : si la Nouvelle-Zélande est relativement autonome sur le plan électrique grâce à ses ressources renouvelables abondantes, elle dépend en revanche presque entièrement des importations pour ses carburants liquides — essence, diesel et kérosène. Cet épisode pourrait bien accélérer les débats sur la transition vers des transports moins dépendants du pétrole, qu'il s'agisse du développement des véhicules électriques, des transports en commun ou du fret ferroviaire — des questions qui, jusqu'ici, peinaient à s'imposer durablement dans l'agenda politique.

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