Édition internationale

Géraldine Guillemot-Peacock : "Notre diversité est notre richesse"

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste de la circonscription de Nouvelle-Zélande. Géraldine Guillemot-Peacock se présente pour la liste "Ecologie et Solidarité".

Géraldine Guillemot-Peacock Elections consulaires 2026Géraldine Guillemot-Peacock Elections consulaires 2026
Écrit par La Rédaction
Publié le 18 mai 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Je m’appelle Géraldine, je vis en Aotearoa/Nouvelle-Zélande depuis bientôt 17 ans : arrivée avec un sac à dos et un Visa Vacances Travail, je suis désormais installée dans l’Ile du Sud, dans le village rural et touristique d’Akaroa, avec mon mari et nos deux enfants. 

Je travaille depuis 12 ans pour une ONG de restauration et de protection de la biodiversité locale, et pour une compagnie familiale d’écotourisme, où je m’occupe en particulier d’éducation à l’environnement et de l’engagement du public sur les manchots pygmées, espèce vulnérable, via des parrainages, pour soutenir le travail de conservation. Pendant mon temps libre, je fais de l’escalade, du yoga et de la poterie.

Depuis 2021, je suis conseillère des Français·es de l’étranger pour la Nouvelle-Zélande et élue à l’Assemblée des Français·es de l’Étranger, où je représente l’Asie-Océanie. Au sein de cette assemblée, j’ai travaillé notamment sur la sensibilisation aux risques liés au changement climatique au sein de la commission « Sécurité et Risques sanitaires » et contribué aux travaux pour améliorer les services publics, pour celles et ceux qui ont fait le choix de vivre à l’étranger.

 

Géraldine Guillemot-Peacock
Géraldine Guillemot-Peacock

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

Nous sommes des élu·es de terrain, proches et au service de la communauté française. Des relais entre nos concitoyen·nes et le consulat, mais également l’administration en charge des Français·es de l’étranger à Paris (DFAE), et le gouvernement via le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE). Écouter, accompagner, soutenir, orienter et défendre vos intérêts est notre mission. 

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

Il était important à mes yeux d’avoir une liste avec des profils variés, et une répartition géographique la plus large possible. Les candidat·es de notre liste sont réparti·es sur les deux îles de la Nouvelle-Zélande : 3 sur l’Ile du Sud, 3 sur l’Ile du Nord. Certain·es vivent dans des grandes villes, d’autres en milieu rural. Notre diversité est notre richesse. Nous venons de différents secteurs : tourisme, agriculture, viticulture, santé, protection de l’environnement, entrepreneuriat durable. Notre socle commun étant la certitude que s’occuper du bien-être d’une communauté passe aussi par le respect de l’environnement dans lequel elle vit. Nos activités professionnelles, associatives et citoyennes sont centrées sur des projets responsables, éthiques et durables. Comme le nom de notre liste l’indique, l’écologie et la solidarité sont au cœur de nos priorités.

 

Notre socle commun étant la certitude que s’occuper du bien-être d’une communauté passe aussi par le respect de l’environnement dans lequel elle vit.

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Élire des conseillères et des conseillers permet d’être représenté localement, d’avoir des porte-paroles. Les sujets abordés en conseil consulaire ont un impact direct sur le quotidien des citoyen·nes français·es de Nouvelle-Zélande, localement (démarches administratives, soutien aux associations, aux citoyens en difficulté, sécurité, enseignement) mais aussi au niveau national via l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) - instance représentative des 3 millions de Français·es vivant hors de France - qui permet de faire remonter des sujets cruciaux directement à la Direction des Français à l’Étranger (DFAE) et à la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger. Enfin, en tant que grand·es électrices et électeurs, les conseillères et les conseillers prennent part aux élections sénatoriales. 

 

Ecologie Solidarité
La liste Ecologie et Solidarité

 

Les sénatrices et sénateurs des Français·es établi·es hors de France, au nombre de 12, vont proposer des lois ou des amendements qui, encore une fois, impactent directement la vie des Français·es vivant à l’étranger. Ce sont de véritables leviers d’action… Par souci de transparence, nous avons souhaité afficher nos soutiens, afin que nos électrices et électeurs sachent clairement où se situent nos valeurs et surtout comment nous voteront aux élections sénatoriales. Les parlementaires sont répartis en groupes politiques, le seul moyen d’obtenir des avancées. Notre liste est soutenue par l’Association Démocratique des Français de l’Étranger « Français du Monde-ADFE » ainsi que les partis « Les Ecologistes-EELV » et « l’Après ». Si nous sommes élu·es, nous défendrons chacun·e sans discrimination, quelle que soient vos convictions.

 

Si nous sommes élu·es, nous défendrons chacun·e sans discrimination, quelle que soient vos convictions.

 

En 2021 et 2023, mon vote aux sénatoriales a contribué à élire deux jeunes sénatrices, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier, qui se battent quotidiennement pour la justice sociale, la justice climatique, le droit des femmes, et la protection de l’environnement. Par exemple, Mélanie a permis la constitutionnalisation du droit à l’IVG et se bat pour que cela s’étende aux Françaises de l’étranger, Mathilde a proposé une loi pour une meilleure protection des océans. Récemment, dans le contexte de la proposition de loi pour un accès garanti à un compte bancaire, nos sénatrices ont démontré qu’elles peuvent convaincre l’ensemble des groupes de gauche à se positionner en faveur des Français·es de l’étranger (FDE), là où les autres sénatrices et sénateurs des FDE ont échoué à convaincre leur propre groupe politique.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Il y a en réalité des défis à différent niveaux :

-    La Nouvelle-Zélande a beau être un pays accueillant, la distance avec la France peut entraîner un sentiment d’isolement, surtout dans des moments éprouvants (maladie, accident, décès d’un proche, précarité). On l’a remarqué il y a plusieurs années avec la fermeture des frontières, et actuellement avec la crise du carburant et le prix des billets d’avion qui ont grimpé, rendant une visite à sa famille en Europe un vrai challenge financier. 

-    La distance avec le consulat pour une bonne partie de la communauté française rend certaines démarches compliquées et coûteuses, avec la nécessité de prendre une journée entière de congé et d’utiliser des moyens de transport coûteux. Nous avons la chance d’avoir des tournées consulaires, qui ont récemment augmenté en fréquence pour répondre à la demande, toutefois certaines démarches ne peuvent être accomplie qu’au consulat de Wellington. Le manque de moyens humains et financiers alloués par le MEAE aux consulats, entraînant des délais dans les services aux Français·es quand un·e agent·e est malade ou parti·e en tournée consulaire, est d’ailleurs un sujet porté par le groupe d’union de la gauche dont je fais partie à l’AFE.

 

Nous avons la chance d’avoir des tournées consulaires, qui ont récemment augmenté en fréquence pour répondre à la demande, toutefois certaines démarches ne peuvent être accomplie qu’au consulat de Wellington. 

 

-    Un autre grand défi qui va toucher de plus en plus de monde concerne le non-cumul de la retraite française avec la pension universelle locale « Superannuation », dû à une mauvaise interprétation par la Nouvelle-Zélande du système de cotisations et de versement des pensions de la retraite française. Cette situation, vécue comme une injustice, renforce la précarité financière des personnes en âge de prendre leur retraite. Nous travaillons sur ce problème depuis 5 ans avec l’actuelle présidente du conseil consulaire, ainsi qu’un groupe de citoyen·nes français·es en Nouvelle-Zélande, et quatre sénatrices et sénateurs de gauche. Notre liste s’engage à poursuivre ce travail.

-    Et enfin, pour les familles, et en particulier pour celles vivant loin des offres d’enseignement en français déjà existantes, élever ses enfants dans un environnement bilingue pour acquérir ou maintenir la langue et la culture françaises peut représenter un défi. On voit de belles initiatives initiées par des parents dans leur communauté, qui méritent d’être soutenues.

 

On voit de belles initiatives initiées par des parents dans leur communauté, qui méritent d’être soutenues.

 

Pour toutes ces raisons, je souhaite poursuivre mon engagement pour soutenir les membres de la communauté française, les guider et porter leur voix auprès du consulat et du gouvernement français. Il y a encore beaucoup à faire !
 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.