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Dans les coulisses de l’Aquarium de Nouméa

Par Véronique Mézille | Publié le 04/09/2018 à 05:24 | Mis à jour le 04/09/2018 à 06:29
Dans les coulisses de l’Aquarium de Nouméa

Il est 10h et l’Aquarium des Lagons ouvre ses portes aux visiteurs. Mais dès le petit matin, les équipes s’affairent pour entretenir et nettoyer les bacs, nourrir et soigner les pensionnaires… mais aussi cultiver des algues ou partir en mer prélever de nouveaux spécimens. Bienvenue dans les coulisses de l’Aquarium.

Saviez-vous qu’au sein de l’Aquarium des Lagons, on trouve des plongeurs, des cuisiniers, des plombiers, et même un cultivateur d’algues ? Car les sept techniciens plongeurs, qui s’occupent de la totalité des bassins, savent quasiment tout faire. « Ils s’occupent de l’entretien technique, biologique, de la collecte, des soins et de développer des nouveaux projets sur les bacs », explique Sylvain Govan, responsable du département aquariologie. Tous les écosystèmes calédoniens sont présentés à l’Aquarium, eaux douces, eaux profondes, mangroves, herbiers, récifs coralliens, récifs extérieurs, etc., avec les animaux qui y vivent.

Des bacs sous haute surveillance

« L’entretien technique est indispensable. Il s’agit de vérifier que tout le système technique fonctionne parfaitement bien, le système de filtration, d’éclairage, de pompage, d’aération… et ce, sur chaque bac. » Les techniciens font ainsi le tour des bacs matin et soir, en plus des entretiens programmés. « Il y a la routine. Et il y a les imprévus. Chaque jour, il y a un imprévu. Un tuyau bouché, cassé. Il faut y remédier. Une grande partie de notre temps de travail est consacré à l’entretien technique car la technique conditionne la survie et le maintien des écosystèmes présentés. Il suffit qu’une pompe s’arrête durant la nuit et tout est mort. » Un système d’alarme équipe ainsi tous les grands bacs et tous les systèmes sont doublés. 

Aux petits soins

À côté du contrôle technique, un contrôle biologique est également effectué. « Tous les jours, les bacs sont passés en revue. Chaque technicien a la responsabilité d’un ou plusieurs bacs. Et c’est son œil qui fait la différence. On regarde la couleur du corail, la taille des poissons. Si on détecte un problème, comme un poisson qui maigrit par exemple, on y remédie. Soit en améliorant ses conditions de maintien dans le bac, soit, en cas de blessures ou de maladies, en le sortant du bac pour le mettre en zone technique pour le soigner à part. Si c’est dû à un stress, on peut intervenir dans le bac, en rajoutant des décors qui font des caches en plus, soit sortir des animaux trop belliqueux. Ça peut aussi être un problème technique, comme un éclairage défectueux. » Le moindre détail importe et un ajustement très fin de chaque bac doit être effectué. « Les poissons, comme les coraux, sont très sensibles et tout changement doit être progressif. Par exemple, quand arrive l’été, on refroidit les bacs mais très progressivement. »

Toute une vie dans un bac

Les animaux qui peuplent les bacs de l’Aquarium sont collectés dans leur milieu naturel. « Avant d’être mis dans un des bacs, ils subissent une période de quarantaine durant laquelle ils sont soignés et acclimatés. Il faut qu’ils puissent manger, c’est-à-dire qu’ils acceptent la nourriture qu’on leur prépare. S’ils s’acclimatent, on les passe dans les bacs, sinon, on les relâche. » Les animaux sont destinés à passer toute leur vie dans leur bac, « sauf s’ils deviennent trop gros, ce qui arrive parfois avec un requin et alors on le relâche. Mais c’est très rare. » Tout le travail consiste à maintenir les animaux dans les bacs et à les élever. Il faut pour cela recréer tout un écosystème qui est ici vivant, contrairement à beaucoup d’autres aquariums. « Tous nos décors sont vivants, les gorgones, le corail, les herbiers, les éponges… et c’est ce travail-là qui est le plus difficile. Il faut recréer toute une chaîne : cultiver des algues pour nourrir le plancton par exemple. Nos techniciens sont ainsi également des cultivateurs d’algues. » Tout ce travail est effectué dans les coulisses, loin des visiteurs, sans lequel ils ne pourraient admirer les bacs de l’Aquarium et leurs habitants.
 

Véronique Mézille

Véronique Mézille

Rédactrice en chef, ethnologue et journaliste de métier, Véronique avoue une passion : l'humain. Son domaine de prédilection : la vie des gens, le journalisme de proximité.
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