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Expatriation et accomplissement au féminin, une équation possible ?

Par Laure Gudgel | Publié le 08/04/2019 à 16:40 | Mis à jour le 08/04/2019 à 16:53
Photo : Laure Astier Gudgel
Femme expatriée

Depuis 4 ans que j'arpente les rues de New York et ses playgrounds, que j’entends les témoignages de mes amies et de mes collègues, que j’observe un nouveau féminisme en action, une question fondamentale me taraude : est-il possible en tant que femme expatriée d’être une superwoman en famille et une professionnelle accomplie ? 

 

Des chiffres sur l’expatriation

9 femmes expatriées sur 10 suivent leur partenaire de vie dans une carrière internationale et se retrouvent parachutées - pour certaines tous les 3 ou 5 ans - dans un monde différent, exaltant donc, mais intimidant dans lequel il faut qu’elles quittent toute velléité de carrière pour organiser au mieux l’installation et la vie de leur famille.

Souvent la découverte d’une nouvelle culture donne un souffle riche en promesses. Oui. Sauf que passé la phase de lune de miel, la femme se retrouve souvent esclave de ce système qui semblait si charmant au départ.

80% de ces femmes expatriées souhaitent travailler, et la moitié seulement trouve un travail dans leur pays d’accueil, et souvent en dessous de leurs compétences professionnelles. Généralement diplômées, reconnues en France pour leurs expertises métiers, elles sont confrontées à un nouvel environnement professionnel qui ne reconnaît ni leur formation initiale ni leur expérience, les laissant ainsi majoritairement dans une quasi-impossibilité de continuer une carrière entreprise ailleurs.

Sans compter que, malheureusement, dans l’Amérique contemporaine une femme qui décide d’être mère doit souvent faire le choix entre carrière et vie de famille. Si elle choisit de mener ses deux vies de front, elle trouve alors bien peu de soutien de la part des institutions et des entreprises.

Perte d’autonomie financière, tâches domestiques quotidiennes, garde des enfants, préparations des repas, gestion administrative, organisation, dépendance Visa... sont généralement le nouveau quotidien de ces femmes qui n’ont pas toujours les outils pour se réinventer.

Que faire dans ce contexte hyper porteur mais tout neuf ?

 

Connaître ses atouts

Quitter sa terre d’origine crée souvent un sentiment de solitude et d’isolement. Certes ! Mais notre résilience toute féminine, et notre capacité à rebondir, très humaine elle, peuvent être de sérieux atouts face aux difficultés. Tant qu’on sait les reconnaître.

S’expatrier, s’éloigner, couper certains ponts, c’est aussi une chance de créer de l’espace, de prendre de la distance avec notre passé et suivre une toute nouvelle voie. Une nouveau climat, une nouvelle culture, un nouvel entourage... En ce sens, l’expatriation au féminin peut aussi être une expérience synonyme de liberté.

 

Observer son nouveau territoire

Nous françaises venons d’un pays dont la culture - visuelle, culinaire, artistique et de savoir-vivre - est reconnue dans le monde entier. Nous arrivons dans un pays qui accueille les talents, les encourage, sait les reconnaître et les mettre en valeur. À nous d’observer cette nouvelle culture et d’en jouer. Une amie française me racontait que son énergie et sa vitalité extrême étaient souvent mal reçues en France. Résultat, elle avait tendance à se renfermer et tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler. Elle en perdait son essence et devenait maussade. À New York, dans la ville qui ne dort jamais et se nourrit de créativité, elle a trouvé une résonance à son caractère de feu et une place pour ses idées originales. Tout est possible ici paraît-il, surfons cette vague !

 

Accepter de sortir de sa zone de confort

Pourquoi ne pas tenter de nous affranchir d’abord de nos propres limites ? Pourquoi ne pas se poser face à soi-même pour lister les envies, les talents, les rêves... Et leur redonner une place. Puisque tout est nouveau, pourquoi ne pas sortir vraiment de notre zone de confort et de nos habitudes pour une fois, en nous consacrant un temps de recherche personnelle comme on prendrait un cours ?

Se pourrait-il que tout ce mouvement ouvre la voie à de nouvelles opportunités insoupçonnées et transforme notre quotidien d’expatriée ? Se pourrait-il que cette arrivée en terre inconnue se transforme en « nouveau départ » : renouer avec soi, exprimer sa créativité, se faire confiance et mettre à jour des compétences qu’on avait presque oubliées ou mieux encore, se découvrir de nouveaux talents.

Une nouvelle expatriation est peut-être l’opportunité de reprendre une formation de designer, de lancer ce business de fleurs exotiques online dont on rêve depuis si longtemps, s’orienter vers ce métier créatif et manuel qui nous plaît tant ou reprendre l'ébénisterie qu’on a laissé tomber quand on était adolescente.

L’expatriation nous remet les cartes en main, à nous de relancer le jeu et de ré-inventer les règles.

 

Dessiner, écouter, observer

Définir un nouveau projet de vie suppose de ne pas avoir peur d’ouvrir les portes, de s’imaginer des possibles sans regarder en arrière, mais en suivant une trajectoire de manière ordonnée et déterminée. Trouver un cadre propice à ce nouveau développement est essentiel. Et puis oser s’entourer, parler de ses projets, échanger, rencontrer, parce que c’est dans l’action et le partage que les projets prennent vie et évoluent souvent différemment de tout ce qu’on aurait pu imaginer.

 

Se relier au monde

Et n’oublions pas, le monde du travail bouge aussi et il est temps pour toutes les femmes qui travaillent, expatriées ou pas, de se poser les bonnes questions et de contribuer à ré-inventer les systèmes dans lesquels nous évoluons professionnellement.

Aujourd’hui les femmes du monde entier, quelles que soient leurs situations de dépendance bougent, se lèvent, marchent. Cela m’inspire énormément et c’est dans ce mouvement général que j’ai pensé Muse Within, une plateforme online, un programme, une communauté adressée spécifiquement aux femmes expatriées en quête de sens et portées par le désir d’une reconversion professionnelle.

 

Laure Gudgel, Fondatrice de Muse Within

Muse Within est une plateforme online, une identité, un programme, une communauté sur lesquels les femmes peuvent compter et s'appuyer pour faire de leur expatriation une aventure entrepreneuriale, féministe, épanouissante, libératrice !

​Laure est expatriée à New York depuis plus de 4 ans, maman de deux enfants, elle s’est lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat en 2018 avec son premier projet My Little Lunch Box, suivie de près par ce qui reste son projet de coeur, Muse Within, un programme d’accompagnement créatif et entrepreneurial pour femmes expatriées.

www.musewithin.com

laure@musewithin.com

 @muse_within

 

  

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Laure Gudgel

Fondatrice de Muse Within, programme créatif et entrepreneurial pour expats audacieuses
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