Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 9e circonscription des Etats-Unis. Jean-François Gueguen se présente pour la liste Français d’Amérique Ensemble.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je m'appelle Jean-François Gueguen. Je vis aux États Unis depuis une petite trentaine d'années, je suis marié, j'ai 4 enfants. Je suis le directeur cofondateur de la French American Academy, qui est un lycée français bilingue dans le New Jersey.
Mon épouse et moi avons élevé nos enfants aux Etats Unis. Nous avons été confrontés à l'éloignement et la nécessité de trouver des solutions locales, que ce soit pour la santé, l'éducation ou les finances. Nous avons connu des moments de joie, et des moments plus difficiles. L’intégration au sein de la communauté américaine est un processus de longue haleine, malgré la gentillesse des Américains au moment de faire votre connaissance.
En tant qu'éducateur et créateur d'école, en contact étroit avec les familles, je connais bien les questions d'éducation et d'enseignement du français à l'étranger. Depuis une vingtaine d'années, je prends part à la commission des bourses et à la commission sécurité organisées par le consulat général de France. Je suis familier avec les besoins de la Communauté française de la circonscription dans ce domaine.
Je conduis la liste Français d'Amérique Ensemble. Il s'agit d'une liste indépendante qui n'est pas attachée à un parti politique. La liste est constituée de personnalités de la société civile qui comme moi souhaitent agir pour l’intérêt général.
Nous n'avons pas d'autres ambitions que de servir avec conviction la communauté française de la circonscription. Être à l’écoute, représenter nos compatriotes auprès des autorités consulaires. Et véhiculer leurs demandes auprès des autorités constitutives. C'est ce que je fais passionnément depuis 20 ans au service de la communauté française de notre école, et que je me propose de faire pour la communauté française de la circonscription.
Alors comme il s'agit de démocratie locale, nous ne jouons pas un rôle à l'échelle nationale. Néanmoins nous offrons une alternative au niveau local aux représentants des partis politiques habituels. Les élus des partis auront des consignes de vote au cours des prochaines élections sénatoriales. N’étant pas affiliés a un parti, nous n’en avons pas. Notre seule intention est de servir les français de la communauté.
Le conseiller des Français de l’étranger est un élu de proximité qui transforme des situations individuelles en enjeux collectifs
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
La mission principale d’un conseiller des Français de l’étranger est, au fond, assez simple à formuler mais exigeante dans la pratique : Être le relais concret entre les Français vivant dans la circonscription et les autorités consulaires, en défendant leurs intérêts au quotidien.
Mais derrière cette formule, il y a quatre dimensions essentielles :
1. Représenter et porter la voix des Français
Le conseiller est un élu de proximité. Il doit faire remonter les difficultés réelles (visa, fiscalité, écoles, santé…), représenter la diversité des profils (étudiants, familles, entrepreneurs…), alerter les autorités françaises en cas de problème. C’est une fonction de représentation citoyenne ancrée dans le terrain.
2. Accompagner concrètement les citoyens
Le conseiller aide à comprendre le mécanisme des bourses scolaires, soutient les situations sociales difficiles, l’accès aux droits (aides, démarches administratives) et aussi les crises individuelles (perte d’emploi, problème de visa…). Il agit comme un facilitateur et parfois un “filet de sécurité humain”.
3. Participer aux décisions locales
Les conseillers siègent dans des instances consulaires où ils donnent un avis sur les aides sociales, participent à l’attribution des bourses scolaires et contribuent à la politique éducative et culturelle. Ils travaillent notamment avec le réseau du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
4. Défendre l’équité entre Français de France et de l’étranger
Il s’agit d’un enjeu souvent invisible mais crucial. Éviter que les Français de l’étranger soient désavantagés (fiscalité, retraite, santé, école), adapter les politiques publiques à des réalités différentes, maintenir le lien avec la France
Si je devais condenser en une idée forte : Le conseiller des Français de l’étranger est un élu de proximité qui transforme des situations individuelles en enjeux collectifs, et des politiques nationales en solutions concrètes pour leur communauté locale et régionale.
Il s'agit d'un choix cohérent par rapport à mon cheminement professionnel
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Richard Ortoli et Séverine Piquet, qui avaient conduit la liste Français d'Amérique Ensemble aux précédentes élections consulaires, m'ont demandé de conduire cette liste en 2026. Après réflexion liée à ma disponibilité, et mes obligations professionnelles et familiales, j’ai décidé de m'engager. Il s'agit d'un choix cohérent par rapport à mon cheminement professionnel des 20 dernières années au sein et au profit de la Communauté française . La liste est constituée de personnalités diverses, issues de la société civile, avec un passé de présence établie depuis longtemps aux Etats-Unis, engagées dans la communauté franco-américaine et très attachées à la tradition républicaine de cette représentation. Il s'agit de gens passionnés, volontaires et désireux de s'impliquer pour le bien de tous.
On tend à oublier que le bien public est affaire de tous
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
On ne répétera pas suffisamment qu’il faut voter. En France, nous avons une longue tradition démocratique. Cela concerne tous les Français, qu’ils vivent en métropole, ou ailleurs. Voter, c’est participer à la vie de la Nation. Pourtant on tend à oublier que le bien public est affaire de tous. L’éloignement géographique ne fait pas des Français de l’étranger des citoyens de seconde zone. Et pour lutter contre le cliché du Français de l’étranger, indifférent aux problèmes de la Mère Patrie, il faut que nous votions. Les taux de participation aux précédentes élections consulaires furent faibles.
Mes colistiers et moi-même communiquerons au cours de cette campagne pour mobiliser le plus grand nombre et inciter les électeurs a voter. L’objectif c’est que la participation se redresse en 2026 pour envoyer le message que les Français de l’étranger se mobilisent.
Le défi principal est le coût de la vie et l’accès aux services essentiels
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
C'est un vaste sujet. L'Amérique reste un pays d'opportunités. Et New York est sa vitrine la plus emblématique. Le corollaire, c’est que les Français de la circonscription consulaire de New York (qui couvre les Etats de New York, New Jersey, Connecticut et les iles indépendantes des Bermudes, autour du Consulat général de France à New York) font face à plusieurs défis structurants. Il n’y en a pas qu’un seul “plus grand”, mais plutôt un noeud de problématiques liées à l’expatriation aux États-Unis.
Le défi principal est le coût de la vie et l’accès aux services essentiels. New York et sa région font partie des zones les plus chères du monde. La santé est extrêmement coûteuse. L’Éducation française est chère pour les Français qui viennent d’arriver et qui ont été habitués à une éducation gratuite en France. Le système des bourses, quoique unique au monde, tend à se rétrécir. Enfin le logement est difficile, surtout pour les nouveaux arrivants. Même avec de bons revenus, beaucoup de Français ressentent une pression financière forte.
De même, l’emploi, le permis de travail et le visa adéquat présentent un système très contraignant qui crée une insécurité professionnelle permanente, surtout en début d’expatriation.
Enfin la fiscalité et les démarches administratives sont un sujet central dans les élections consulaires. Les Français vivant aux États-Unis déplorent un double système fiscal, une incompréhension sur les conventions fiscales et des difficultés d’accès aux droits français (retraite, sécurité sociale, carte Vitale). Beaucoup dénoncent une complexité administrative lourde et parfois frustrante.
L’éducation et la transmission du français sont un enjeu majeur pour les familles. C’est à la fois un défi culturel et financier. J’ai pu constater en tant que directeur d’école l’importance d’une scolarité française dans un environnement anglophone pour les enfants et leurs familles. C’est très structurant pour le présent et l’avenir. Je soutiendrai les initiatives qui facilitent l’accès aux écoles françaises bilingues.
Contrairement à la France, il n’y a pas de sécurité sociale universelle. Les assurances privées sont coûteuses. Et il peut y avoir des difficultés en cas de retour en France (droits, délais, couverture)
Si on devait synthétiser, le plus grand défi est l’équilibre entre opportunités professionnelles et précarité structurelle. Les Français de notre circonscription doivent constamment arbitrer entre réussite professionnelle et insécurité sociale.
Le rôle de notre liste Français d’Amérique Ensemble est de faire avancer la réflexion des autorités françaises sur ces thèmes, de travailler en partenariat avec les différents services du Consulat de New York pour apporter les réponses aux questions que la communauté se pose sur ces sujets, et de permettre à nos concitoyens sur la région de pouvoir s’implanter durablement tout en maintenant leurs liens historiques avec la France.

















